Filières


La banane est produite dans les cinq départements d’outre-mer. Elle constitue l’une des principales ressources économiques de la Guadeloupe et de la Martinique. La filière banane contribue à une part importante des flux commerciaux vers la partie continentale de l’Union européenne en permettant notamment de générer un flux de marchandises retour.

La structuration

La filière banane a achevé sa structuration en 2012 en fédérant les planteurs au sein d’une seule OP par DOM :

  • en Guadeloupe : la SICA LPG « Les Producteurs de Guadeloupe », créée en 2006 ;
  • en Martinique : la SICA Banamart, créée en 2004.

La commercialisation de la production est assurée par l’Union des Groupements de Producteurs de Bananes de Guadeloupe et de Martinique (UGPBAN), qui fédère depuis 2003 les organisations de producteurs de bananes des Antilles françaises.

Une reprise des volumes commercialisés en 2018

Les années 2016 et 2017 ont été marquées par 2 tempêtes tropicales majeures (Matthew en Septembre
2016 et Maria en Septembre 2017) qui ont impacté de manière significative la production de banane des
Antilles.
La production de la campagne 2017, base de l’aide payée en 2018, a donc été marquée par :

Une poursuite de la tendance à la baisse du nombre d’exploitations bénéficiaires (-2,3% pour
les Antilles entre 2016 et 2017) : les plus petits planteurs disparaissent au profit des exploitations
de taille intermédiaire.

  • une poursuite de la tendance à la baisse du nombre d’exploitations bénéficiaires (-2,3% pour
    les Antilles entre 2016 et 2017) : les plus petits planteurs disparaissent au profit des exploitations
    de taille intermédiaire ;
  • une surface plantée en banane en baisse de -16,4% en Martinique et -8,3% en Guadeloupe entre
    les campagnes 2016 et 2017 ; s’expliquant principalement par les effets du cycle de production
    et l’étalement du retour à la production après le passage des tempêtes ;
  • une production commercialisée en 2017 en baisse significative sur les Antilles (-38,3% par
    rapport à 2016) : -37,4% en Guadeloupe et -38,6% en Martinique.

La campagne 2018 a été marquée par une hausse des volumes commercialisés (171 287 tonnes, soit
+5,6% sur l’ensemble des Antilles par rapport à 2017). L’année 2018 n’ayant pas été marquée par un
événement climatique majeur comme les 2 années précédentes, la production rebondit et amorce une
remontée. Cependant, ce volume commercialisé demeure malgré tout éloigné du niveau de la campagne
2016 (262 953 tonnes).

La cercosporiose, bien que globalement maîtrisée sur l’année 2018, demeure le frein principal au
développement de la production antillaise. La filière développe de plus en plus de techniques alternatives
pour pallier le peu d’outils et de molécules autorisées pour lutter contre la maladie.
Par ailleurs, la recherche variétale a permis d’élargir les expérimentations sur la variété CIRAD 925,
résistante à la maladie. Cette variété aujourd’hui appelée « Pointe d’or » est toujours en cours
d’expérimentation : entre 40 et 50 ha vont être plantés prochainement sur 3 exploitations avec un rendement attendu d’environ 1 500 t / ha. D’autres expérimentations de plants résistants à la maladie sont également en cours

Le nombre d’exploitations

Le nombre de planteurs bénéficiaires de l’aide 2018 (ayant donc commercialisé en 2017) est de 530 sur
les deux départements antillais. Cet effectif est en baisse de -2,0% par rapport à 2017, suivant ainsi
l’évolution tendancielle depuis 2010 (-2,5%), et demeure marqué par une concentration de la production.

Cependant, la taille moyenne des exploitations, qui avait connu une croissance significative entre 2008
et 2013 (+41%) a marqué un ralentissement à partir de 2014 puis une baisse significative entre 2017 et
2018 (-13,2%) avec une moyenne de 10,3 ha / exploitation de surface en banane sur les deux
départements antillais, consécutive pour partie aux mises en jachère réalisées après le passage de
l’ouragan Maria.

Plus des deux tiers des exploitations bananières sont en Martinique où 356 exploitations sont recensées
(-2,2% par rapport à 2017). L’évolution tendancielle depuis 2010 est similaire à celle observée sur
l’ensemble des Antilles (-2,6% sur la période 2010-2018).

En Guadeloupe, le nombre d’exploitations a baissé de 1,7% entre 2017 et 2018 pour atteindre 174
structures. L’évolution tendancielle depuis 2010, quant à elle, affiche une diminution moyenne similaire
à celle de la Martinique (-2,5%).

La tendance générale observée aux Antilles est une disparition progressive des petits planteurs au profit
des planteurs de taille intermédiaire. Cela s’explique en partie par la pyramide des âges (population
vieillissante) et par une tendance à un exode croissant des jeunes qualifiés.

Ce phénomène de concentration de la production est davantage observé en Martinique (70% de la
production est réalisée par 30% des planteurs) qu’en Guadeloupe où l’on constate une meilleure
répartition entre les grosses structures et les exploitations de taille intermédiaire.

Dans l’ensemble, la filière reste caractérisée par un effectif de structures importantes qui reste stable et
un nombre croissant d’exploitations de taille intermédiaires (production de 300 à 500 tonnes). Bien que
fragilisés par les 2 cyclones Matthew (Septembre 2016) et Maria (Septembre 2017), ce pool de
producteurs petits à moyens ne subit pas d’érosion et dans l’ensemble, ces exploitations tendent à se
consolider. Les arrêts de production des plus petits planteurs ne sont pas liés aux événements climatiques
mais sont souvent la conséquence d’impossibilités techniques ou d’une rentabilité insuffisante.

Les surfaces plantées en banane

La surface plantée en banane diminue globalement aux Antilles de -15% entre 2017 et 2018, poursuivant
la baisse entamée en 2013, avec une évolution tendancielle annuelle de -3,9% sur la période 2010-2018.

La baisse des surfaces est plus forte en Guadeloupe qu’en Martinique entre 2017 et 2018 : -33,8% en
Guadeloupe et -7,3% en Martinique.

Le cycle de production, dans son ensemble, implique un système de jachère qui concerne, en moyenne,
15% des surfaces et qui explique les fluctuations de surfaces d’une année sur l’autre. Cependant, la
baisse observée entre 2017 et 2018 est liée aux conséquences des tempêtes Matthew (Sept. 2016) et
Maria (Sept. 2017) et aux fortes pluies qui ont suivi, endommageant les sols et nécessitant une mise en
jachère (la superficie globale en jachère calculée en 2018 atteint 2 622 ha, soit 10,7% de moins qu’en
2017 qui avait marqué un record, mais cela reste élevé par rapport à la période 2010-2018). Ce
phénomène est lié à l’étalement de la remise en production progressive afin de pouvoir présenter une
offre plus régulière de banane antillaise sur le marché, même si le potentiel de production reste
globalement intact.

L’évolution tendancielle sur la période 2010-2018 est à la baisse en Guadeloupe (-2,6%) comme en
Martinique (-4,3%).

 

La filière canne joue un rôle important dans l’économie agricole des départements d’outre-mer (hors Mayotte) en termes de complémentarité entre les productions agricoles. Elle contribue fortement au maintien des emplois dans les bassins agricoles ainsi qu’au maillage du territoire par ses unités industrielles ; elle est un atout majeur quant à la durabilité de la production agricole par :

  • la protection des sols contre l’érosion ;
  • la préservation de l’environnement par un usage restreint des intrants ;
  • l’approvisionnement en énergie renouvelable (bagasse pour les centrales à charbon) et le développement des bioénergies (méthane et à terme production directe d’électricité).

Guadeloupe

En Guadeloupe, la campagne cannière 2018 a été pénalisée par les conditions de cultures et les
conséquences de l’ouragan Maria ayant touché l’île à la fin 2017. La canne étant une culture pérenne,
les dégâts causés par la tempête ont été répercutés sur la campagne 2018. De plus, les conditions
climatiques humides n’ont pas permis aux cannes de subir des périodes de stress hydrique et thermiques,
favorisant la montée en sucres, et ont pénalisé ainsi la richesse saccharine de la récolte.

Après une campagne 2017 ayant atteint un niveau historiquement haut, la production de canne
guadeloupéenne a donc connu une très forte érosion en 2018 (-18,2%) pour chuter à 633 201 tonnes.
Cette baisse n’est pas imputable à l’évolution de la sole cannière, qui marque un léger repli (-1,2%) à
13 390 ha, et se maintient en tendance annuelle 2010-2018 (+1,9%).

Le niveau de production reste stable en évolution tendancielle entre 2017 et 2018 (-0,6%).
L’interprofession a en particulier démarré un programme de développement, visant à soutenir d’une part
les alternatives techniques permettant la limitation de l’utilisation de produits phytosanitaires, et d’autre
part la dynamisation des surfaces implantées en canne. A terme, l’objectif est de maintenir les surfaces
en exploitation et favoriser la progression des surfaces cultivées.

S’agissant de la première année de mise en œuvre de l’aide au tonnage de canne livrée dans les centres
de réception, il n’est pas possible de calculer l’évolution des quantités livrées et de la part de cannes
aidée.

Le rhum agricole est produit par 9 distilleries, dont 3 sont implantées à Marie-Galante. Sur ces 9
distilleries, 4 commercialisent moins de 2000 HAP, deux commercialisent entre 2000 et 5000 HAP. Les
autres, de plus grande taille, commercialisent entre 7000 et 20 000 HAP.

Les volumes de production en 2018 font état d’une hausse de 1,5 % de la
production de rhum agricole par rapport à 2017, à 47 325 HAP. La part des rhums agricoles dans
l’ensemble de la production de rhum baisse légèrement en 2018 à 50,4 % (-0,2 points), et la tendance
des 10 dernières années demeure en hausse de 2,6 %. Le rhum de Guadeloupe dispose d’une Indication
Géographique Protégée.

En Guadeloupe, la production de sucre reste dominante, avec 85,4 % de la canne destinée à l’industrie
sucrière en 2018. La production est assurée par deux sucreries : l’usine de Gardel au Moule, qui est
couplée à une centrale électrique thermique bagasse-charbon, et la Sucrerie-Rhumerie de Marie-Galante,
située à Grand-Bourg sur l’île de Marie-Galante. Gardel broie plus de la moitié des tonnages de canne
produite sur la Guadeloupe continentale. La seconde unité est de plus petite taille et dotée d’équipements
plus anciens.

Conséquence d’une récolte cannière en baisse et d’une richesse saccharimétrique en repli, la production
de sucre marque un recul de 10,6% à 52 226 tonnes équivalent sucre blanc. Par voie de conséquence, la
productivité moyenne des surfaces recule également à 4,55 tonnes équivalent sucre blanc/ha (-7% sur
un an).

La filière est positionnée depuis plusieurs années sur le marché des sucres spéciaux. Depuis l’arrêt des
quotas sucriers en 2017, les niveaux de rémunération du sucre brut sont à des niveaux historiquement
bas. En diversifiant l’offre (sucres spéciaux, gamme certifiée AB, nouveaux packaging, etc.) les
sucreries des DOM cherchent ainsi à assurer des débouchés mieux rémunérateurs dans le marché
libéralisé.

Guyane

La canne à sucre est exclusivement destinée à la production de rhum agricole, aucune unité de
production sucrière n’étant implantée en Guyane.

La récolte de canne en Guyane s’établit à 7 034 tonnes en 2018, soit une baisse de 8,7 % par rapport à
la campagne précédente. Sur le long terme, la production de canne est en moyenne en hausse de 1,2 %
par an en tendance, sur la période 2010-2018. La hausse tendancielle des récoltes provient notamment
d’un accompagnement des petits planteurs permettant de fournir toujours davantage de volume vers
l’unique distillerie du département, tout en pérennisant ces petites plantations.

La surface cannière se replie de 23,6 % à 120 ha, mais demeure en progression de 2,5% par an, en
moyenne tendancielle sur la période 2010-2018. En 2018, la sole cannière guyanaise représente 0,37 %
de la SAU du département.

Le tonnage de canne à sucre livré dans les centres de réception s’établit à 4 726 tonnes en moyenne, la
part de canne livrée aidée par rapport au total de la production guyanaise est de 67,2% en 2018.

La production de rhum agricole est réalisée par une seule distillerie basée à Saint-Laurent-du-Maroni.
En 2018, la production de rhum agricole se replie à 3 541 HAP (-15,2 %) exclusivement en rhum
agricole. Cette baisse résulte directement du recul de la production de cannes. En dépit de ce
ralentissement conjoncturel, l’évolution tendancielle annuelle sur 2010-2018 montre une progression
tendancielle de 6,7%. Cette progression tendancielle est le résultat des investissements réalisés par la
distillerie en 2015, visant à augmenter la productivité de l’usine qui auparavant était plus faible qu’aux
Antilles et aux efforts de structuration de la filière.

En 2018, le volume de rhum agricole aidé dans le cadre de l’aide à la transformation de canne en rhum
agricole recule de 7%, à 2 215 HAP. La part du volume aidé dans le total du volume produit progresse
de 5,5 points, s’établissant à 62,5%. Malgré cette légère hausse, la tendance moyenne de la part de rhum
agricole aidé sur la période 2010-2018 demeure en baisse (-6,4%).

La majorité de la production est destinée au marché local, qui est en développement. La mise en place
récente d’une taxe à l’importation pour les rhums arrivant notamment de Martinique devrait limiter la
concurrence sur le marché local sur les prochaines campagnes. L’obtention d’un quota à 1 000 HAP de
rhum à l’export permettra également à l’unique distillerie départementale d’atteindre ses objectifs de
développement.

Martinique

La campagne cannière 2018 a été marquée par un début d’année 2018 extrêmement pluvieux :

  • carême humide ;
  • pluies remarquables et chutes de grêle au 16 avril 2018 ;
  • fortes pluies dans la partie méridionale de l’île, avec le passage d’une onde tropicale le 21 juin 2018 ;
  • des inondations localisées de parcelles.

Les données de production de canne rapportent ainsi un repli de 0,9% par rapport à 2017, avec 206 395
tonnes produites. Les surfaces plantées reculent également en 2018, avec 3 839 ha (-1,9% sur un an).
Sur le long terme, le foncier affiche une baisse annuelle moyenne de 0,8 % entre 2010 et 2018. A la
faveur de rendement globalement en hausse et d’un perfectionnement de la technicité agronomique, la
production de canne demeure cependant en hausse entre 2010 et 2018, avec une progression de 1,2 %
par an en tendance.

Les volumes de cannes livrées aidés sont de 197 934 tonnes.

La production totale de rhum progresse de 3,3 % en 2018 et atteint 99 306 HAP. Cette hausse de
production s’inscrit dans la tendance observée depuis 2010, avec une hausse moyenne tendancielle de
2,8 %. La progression est portée par la production de rhum agricole, prépondérante sur l’île. En 2018,
la production de rhum agricole progresse ainsi de 4,1 % à 90 063 HAP. La part de rhum agricole par
rapport à la production totale de rhum de l’île augmente légèrement sur un an : 90,7 %, contre 90% en
2017).

La production de rhum mobilise par ailleurs 84,6% de la production de canne en 2018. Les volumes de
canne livrés aux distilleries agricoles sont en hausse de 3,3%, avec 174 631 tonnes et l’évolution
annuelle moyenne atteint 4,3% entre 2010 et 2018. La hausse de production est absorbée par des
exportations en hausse, face à une consommation locale en repli de 12,3 % en 2018.

La production de rhum agricole est assurée par 8 distilleries, dont 7 appartiennent à des groupes
produisant entre moins de 100 HAP et plus de 22 000 HAP. Le rhum agricole de la Martinique dispose
d’une AOC « Rhum de la Martinique ».

En 2018, la production de sucre chute à 1 009 tonnes, soit une baisse de 48,1 % sur un an. La
production sucrière a mobilisé 15,4 % de la canne produite, soit 31 764 tonnes, contre 39 123 tonnes en
2017 (-18,8 % sur un an). Le repli de la production s’explique d’une part par une richesse
saccharimétrique faible, conséquence des conditions très humides au printemps, et d’autre part par une
baisse des volumes livrés aux sucreries. De plus, la sucrerie Galion a procédé au renouvellement de sa
chaudière, et à un couplage avec la centrale biomasse bagasse entraînant un retard de fabrication en
début de campagne.

La productivité moyenne des surfaces de canne en sucre diminue logiquement en 2018, à 1,71 tonnes
équivalent sucre blanc/ha, soit un repli de 35,4 % sur un an et de 2,4 % en moyenne depuis 2010. Ce
faible niveau s’explique conjoncturellement d’une part, et d’autre part par des caractéristiques
intrinsèques à la Martinique (reliefs accidentés, mécanisation rendue difficile).

La Réunion

La campagne 2018 réunionnaise a été marquée par le passage des ouragans Ava, Berguitta et Fakir ayant
fortement impacté la production de canne à sucre. Ce dernier est survenu en période tardive, période
très sensible dans la culture de la canne à sucre, car pouvant entraîner la verse de la plante, déjà haute.
L’alternance de ces événements et de périodes plus sèches a perturbé le cycle de la canne à sucre dont
la conséquence directe est une production plus faible qu’attendue. De plus, les événements sociaux de
la fin 2018 ont participé à la baisse des tonnages : le blocage de nombreux sites sur l’île a forcé l’arrêt
des usines sucrières, rendu difficile le transport de cannes coupées restées aux champs. En conséquence,
la récolte a atteint son niveau le plus bas depuis 50 ans, pour 1 421 381 tonnes, soit un repli de 23,9 %
par rapport à la campagne précédente et de 2 % en moyenne tendancielle annuelle depuis 2010.

Par ailleurs, le mouvement social de fin 2018 a entraîné des difficultés de livraisons de produits
phytosanitaires et d’engrais, dont les conséquences seront également visibles au cours de la campagne
2019.

La production de rhum réunionnaise est constituée presque exclusivement de rhum de mélasse ou
rhum de sucrerie. La mélasse issue de la production de sucre est vendue aux trois distilleries industrielles
de l’île (Savanna, Rivière du Mat et Isautier). Le rhum de La Réunion dispose d’une Indication
Géographique Protégée « Rhum de la Réunion ».

La production de rhum en 2018 progresse légèrement (+0,4 % sur un an) à 120 381 HAP. La
fabrication se stabilise après une forte progression en 2017 (+ 23,5 %). Alors que la production de rhum
agricole demeure anecdotique, les fabrications de rhum de sucrerie se maintiennent à des niveaux
historiquement hauts. La production de rhum de sucrerie représente 99,4% de la production de rhum
réunionnais. Une seule distillerie produit du rhum agricole, pour une production marginale (772 HAP
en 2018, +116,9 % sur un an). Le rhum agricole réunionnais n’est pas éligible à l’aide à la transformation
dans le cadre du POSEI du fait de son processus de fabrication.

Conséquence de la baisse des récoltes, des volumes livrés et de l’arrêt ponctuel des sucreries
réunionnaises, la production de sucre s’est réduite de 25,3 % sur un an, à 145 800 tonnes équivalent
sucre blanc. En plus des mauvaises conditions climatiques, les mouvements sociaux survenus en 2018
ont ralenti les livraisons de cannes aux sucreries. Enfin, les conditions climatiques difficiles ont limité
le poids des cannes et le taux de sucre des plantes : la richesse saccharimétrique s’établit à 13,24 %, soit
0,37 points en dessous de la moyenne des 2010-2018.

La canne réunionnaise trouve comme débouché principal l’industrie sucrière. Deux usines produisent
du sucre : Bois-Rouge au Nord-Est de l’île, et le Gol au Sud-Ouest, avec un potentiel de production
d’environ 1 million de tonnes traitées chacune. Toutes deux sont couplées à des centrales électriques
thermiques bagasse-charbon. Les deux usines utilisent des technologies différentes et produisent une
gamme de sucre variée.

La production de sucre est partagée entre sucre blanc (environ 55% de la production) et sucres spéciaux
(45%). Les sucres spéciaux réunionnais comptent pour 30 % du marché total en UE.

La productivité moyenne des surfaces de canne en sucre se replie en 2018 à 6,42 tonnes équivalent sucre blanc/ha, soit une diminution de 25,3 % sur un an et de 1,7 % en moyenne depuis 2010. Ce faible niveau s’explique par les événements climatiques et sociaux ayant touché l’ile à la fin 2018, et sur la période, par la multiplicité des événements climatiques.

Les productions de diversification végétales ultramarines comprennent les filières fruits et légumes, viticole, riz, horticole, plantes aromatiques, à parfum et stimulantes (café).

En Guadeloupe

La structuration

Quatre organisations de producteurs (OP) sont reconnues en Guadeloupe :

  • Caraïbes Melonniers : 24 adhérents (dont 4 en Martinique) ;
  • SICAPAG (SICA des producteurs d’ananas de Guadeloupe) : 62 adhérents ;
  • SICA LES ALIZES : 9 adhérents ;
  • SICACFEL (SICA Caribéenne de fruits et légumes) : 29 adhérents.

Ce nombre d’OP bénéficiaire reste stable (4) sur toute la période 2010-2018. Le nombre d’adhérents aux OP est également
stable sur la période 2010-2018 (-0,1% par an), même si on note une petite baisse sur la dernière année
(-5,3%, soit 124 adhérents, contre 131 en 2017).

Les acteurs de la filière sont fédérés au sein de l’interprofession IGUAFLHOR.

La production de fruits et légumes en 2018

D’après les données AGRESTE (statistique agricole annuelle), l’ensemble de la production de fruits et
légumes diminue en Guadeloupe entre 2010 et 2018. Seules les productions de melons et de pastèque
marquent une croissance, respectivement de 8,3% et 1,7%. Les principales productions sont le melon
(5 489 t, +8,3% par rapport à 2010), la tomate (4 698 t, +0,2%), le concombre (3 965 t, -5,3%), la
pastèque (3 222 t, +1,7%) et l’ananas (2 248 t, -10,4%).

En 2018, la Guadeloupe subit toujours les dégâts liés au passage des ouragans Maria et Irma de la fin
de 2017. La tendance à la baisse des récoltes est tendancielle mais a été amplifiée par les événements
climatiques. La production de melon semble avoir été relativement épargnée par le passage de l’ouragan
Maria, et ses exportations ont progressé en 2018 à 2 179 tonnes, soit une hausse de 14,2% sur un an.

En Guyane

La structuration

La filière n’est pour l’instant pas assez structurée pour organiser collectivement le transport, la collecte et le conditionnement des fruits et légumes à destination de la transformation, de la distribution ou de l’exportation, et de bénéficier des aides correspondantes.

Les productions en 2018

D’après les données AGRESTE, les principales productions de diversification végétales en Guyane en
2018, hors banane, sont l’ananas (7 500 t), les agrumes (28 400 t), la tomate (4 500 t) et la mangue
(2 000 t).

En Martinique

La structuration

La filière des fruits et légumes est organisée autour de 7 organisations de producteurs :

  • GIE MHM (Maraîchers horticoles de Martinique) : 21 adhérents ;
  • SCA ANANAS MARTINIQUE : 24 adhérents ;
  • SCA VERGERS ET JARDINS TROPICAUX : 40 adhérents ;
  • SICA 2M – SICA DES MARAICHERS DE MARTINIQUE (anciennement association
    Caraïbes Exotiques) : 62 adhérents ;
  • COOPERATIVE HORTICOLE DE MARTINIQUE (CHM) : 48 adhérents ;
  • CHÂTEAU-GAILLARD : 5 adhérents ;
  • Caraïbes Melonniers : 24 adhérents (dont 4 en Martinique).

Sur le long terme, le nombre d’OP reste relativement stable, voire légèrement croissant, même si l’on
dénombre deux OP en moins en 2018 comparé à 2017 (elles étaient au nombre de 6 en 2010). Le nombre
d’adhérents, en revanche, est en baisse continue depuis 2013, passant de 439 adhérents à seulement 207 en 2018. La tendance sur l’ensemble de la période 2010-2018 est de -8,6%.

L’année 2018

D’après les données AGRESTE, les principales productions légumières et fruitières de la Martinique en
2017 sont le concombre (2 350 t), la pastèque (1 610 t), la christophine (1 474 t), la tomate (1 405 t), la
goyave (857 t) et l’ananas (880 t).

Comme en Guadeloupe, le passage de l’ouragan Maria en 2017 se fait ressentir en 2018 sur les cultures
fruitières et légumières en Martinique. Une augmentation globale des prix a été constatée et le retour en
production dès le début d’année 2018 a permis de limiter la contrainte de prix exercée sur les
consommateurs. Les fortes pluies qui ont suivi le passage de la tempête ont cependant provoqué des
dégâts importants sur les productions.

A La Réunion

La structuration

La Réunion compte 9 structures organisées reconnues :

  • Anafruit : 71 adhérents ;
  • Association des vergers de l’Ouest : 9 adhérents ;
  • SCA Vivéa : 102 adhérents ;
  • SCA Terre Bourbon : 15 adhérents ;
  • SCA Fruits de La Réunion : 30 adhérents ;
  • SCA Ananas Réunion : 10 adhérents
  • SCA Myresi : 9 adhérents ;
  • SCA fruits et légumes de Bourbon : 29 adhérents ;
  • SICA Terre Réunionnaise : 134 adhérents.

Le nombre d’adhérents est stable depuis 2011. Ce nombre est stable depuis 2011. En revanche, le nombre d’adhérents marque un léger repli sur la
dernière année, à 409 adhérents, contre 447 en 2017. Cette baisse est principalement liée au recul du
nombre d’adhérents de la SICA de la Terre Réunionnaise, mais le nombre total d’adhérents sur le
département reste stable au long terme (-0,7% entre 2010 et 2018).

L’année 2018

D’après les données AGRESTE, en 2018 les principales productions de fruits et légumes à La Réunion
concernent la tomate (16 412 t), l’ananas (14 280 t), les agrumes (8 413 t) et le choux (6 413 t). En 2018,
les importations de légumes (17 541 t) progressent de 3,4%. Les épisodes pluvieux intenses de début
2018 ont impacté les filières maraîchères et augmenté les prix au cours du premier semestre de l’année.
La situation est bien meilleure pour la culture de litchi et de mangues, dont les volumes progressent
respectivement de 217 % (à 2 953 t) et 196 % (à 1 891 t).

A Mayotte

La structuration

La production est en cours de structuration avec l’émergence de coopératives ou d’associations de
producteurs. En 2018, la Coopérative des agriculteurs du centre (COOPAC) regroupe 17 adhérents
participant à la mise en marché de 200 produits. Cette structure fédère plus de la moitié de la production
formelle de Mayotte. De plus, un programme d’incitation à l’adhésion aux structures collectives a aussi
été mis en œuvre. Selon la DAAF, la consommation totale en fruits et légumes frais est satisfaite à plus
de 90% par la production locale. Toutefois, seulement 0,4% de cette dernière est intégrée au circuit
formel de commercialisation.

L’année 2018

Les productions de diversification végétale relèvent pour l’essentiel de la production vivrière,
maraichère et des arbres fruitiers. Ce secteur est essentiellement destiné à l’autoconsommation.

D’après les données Agreste :

  • La production fruitière en 2018 (hors banane) est majoritairement représentée par l’ananas
    (3 750 t), la noix de coco (1 420 t), la mangue (856 t) et la goyave (343 t) ;
  • La production légumière en 2017 concerne principalement la tomate (809 t) et les poivrons et
    piments (46 t).

La filière Ylang-ylang

L’Ylang-ylang a longtemps été l’une des principales cultures de rente à Mayotte. D’après un état des
lieux de la filière Ylang à Mayotte mené par la DAAF, l’Ylang-ylang est désormais cultivé par des
petits producteurs qui y consacrent des parcelles souvent supérieures à 1 hectare. La surface totale
cultivée, ainsi que le nombre d’arbres diminuent d’années en années (103 ha en 2015 contre 143 ha en
2010). La filière souffre du vieillissement des agriculteurs, le défaut d’entretien des parcelles, du
mauvais état sanitaire des plantations et du manque d’intérêt lié à la faiblesse des revenus tirés de cette
activité.

A Saint-Pierre-et-Miquelon

La production de fruits et légumes est réalisée essentiellement sous serres. Les principales productions sont la laitue, la tomate, le concombre et le poireau. À Miquelon, une petite production de pommes de terre de plein champ s’est développée.

Le développement des filières de l’élevage dans les départements et collectivités d’outre-mer est contraint par un certain nombre d’handicaps par rapport aux conditions rencontrées en métropole :

  • incidences négatives du climat tropical sur les performances d’élevage en raison de températures et de taux d’humidité élevés pendant une grande partie de l’année ;
  • existence de pathologies particulières liées au climat tropical : par exemple, présence de la tique sénégalaise aux Antilles – vecteur de transmission d’hémoparasitoses (piroplasmoses, cowdrioses) et de dermatophiloses.

Ces contraintes d’ordre bioclimatique, auxquelles s’ajoutent les handicaps liés à l’insularité sur le prix des intrants, ont pour conséquence des coûts de production élevés et un manque de compétitivité vis-à-vis des produits importés. Pour lever ces contraintes, un certain nombre d’actions sont menées par l’ODEADOM et l’Union européenne à travers des programmes de soutien aux diverses filières animales.

En Guadeloupe

Structuration

Une Interprofession Guadeloupéenne de la Viande et de l’Elevage (IGUAVIE) a démarré son activité en 2004.

Seul un abattoir agréé multi-espèces est fonctionnel en Guadeloupe et couvre les filières porcines,
bovines et petits ruminants : l’abattoir du Moule, géré par la SAS GESTAG, l’abattoir de Marie-Galante
ne fonctionnant plus. L’abattoir de Sainte-Rose (CPG), spécialisé, dans l’espèce porcine a été détruit par
un incendie en septembre 2013. Un abattoir a ouvert sur l’île de Saint-Martin en 2015, mais a été
fortement endommagé par l’ouragan Irma.

Pour les lapins et la volaille, la Guadeloupe compte quatre abattoirs privés, dont trois sont adhérents de
l’IGUAVIE : Ferdy Volaille, Cunigua, et l’abattoir AGC Volailles dont l’actionnaire principal est le
provendier GMA. On dénombre également 5 tueries connues sur l’île.

La filière viande bovine

La Guadeloupe demeure en 2018 le DOM possédant le cheptel bovin le plus important avec un effectif
déclaré de 44 685 têtes, en baisse de 10,1 % par rapport à 2017. Le nombre de détenteurs, de 7 164, est
lui aussi en diminution par rapport à 2017 (-12,9 %). Le nombre moyen est donc de 6 têtes par détenteur,
soit de très petits élevages. Les bêtes sont principalement conduites au piquet sur des espaces publics
(bords de routes, chemins d’exploitation, etc.).

La filière est faiblement structurée, avec seulement 9% des éleveurs adhérents à une OP (soit 617
personnes). Ce nombre d’adhérents est en faible augmentation (+0,8 %), et les abattages des adhérents
en augmentation de 9,7 %. Le faible niveau de structuration de cette filière s’explique en partie par
l’existence d’un réseau très développé d’artisans-bouchers, qui s’approvisionnent directement chez les
producteurs.

Cette filière est concernée par une désaffection de ses professionnels. De nombreuses exploitations sont
aujourd’hui vieillissantes et non renouvelées par les jeunes générations, ce qui a amené les
professionnels à travailler sur un plan de relance de la profession.

Concernant les importations, elles sont en hausse de 3,1 % en 2018, face à un taux de couverture du
marché local qui diminue de 6,6 % pour atteindre 27 %.

La filière ovine et caprine

L’élevage de petits ruminants est traditionnellement important en Guadeloupe, avec un nombre élevé
de petits détenteurs. C’est un type d’élevage très familial. Le nombre de têtes pour cette filière relève
surtout de l’estimation, puisque tous les animaux ne sont pas identifiés. Les abattages contrôlés ne
concernent qu’une part très réduite de la production locale à cause des pratiques coutumières et rituelles
de consommation.

Le nombre d’abattages pour l’année 2018 est de 5 tec, ce qui correspond à une diminution tendancielle
de 12,6 %. Les abattages réalisés par les adhérents sont en diminution de 21,1 % entre 2017 et 2018. Le
seul groupement de producteurs du département est représenté par CABRICOOP. La baisse de la
production se poursuit en 2018, après le départ du technicien de l’organisation de producteurs en 2017.
En outre, la vente en carcasse assurée par la coopérative s’avère pénalisante pour les producteurs, dont
le gain est inférieur à celui de la vente en vif. Celle-ci prévoit donc de s’orienter vers une production en
vif, avec le recrutement d’un nouveau technicien au cours de l’année 2019.

Concernant les importations, elles augmentent de 5,4 % et représentent 1 526 tec importées en 2018,
face à un taux de couverture du marché local qui diminue de 18,4 % en s’établissant à 0,3 %.

La filière porcine

La filière porcine de Guadeloupe voit ses abattages diminuer de 1,5 % entre 2017 et 2018, du fait d’une
saturation du marché du frais. Le cheptel reproducteur a ainsi été réduit de 10% en 2018. La baisse du
cheptel reproducteur est la conséquence d’une saturation du marché où les éleveurs visent à limiter les
naissances. L’essentiel de la production porcine au niveau du département, soit 92%, provient des
groupements adhérents à l’IGUAVIE, représentés par Cooporg et Karukera porc, ce qui illustre un
niveau élevé de structuration pour cette filière. Néanmoins, la saturation du marché, avec des périodes
de mévente récurrentes depuis 5 ans, génère une situation de concurrence entre ces deux structures.

Un gain de parts de marché sur l’import pourrait s’effectuer via le développement de la transformation.
En effet, celle-ci ne représente que 65 tonnes en 2018 (soit 4% de la production), en augmentation de
40% par rapport à 2017. La part de découpe a fortement augmenté en 2018 (+117 % par rapport à 2017),
pour atteindre 915 tonnes (soit 61 % de la production).

Les importations de porcs sont en augmentation de 7,8 % par rapport à 2017, face à une couverture du
marché local en diminution de 6,4 %. L’évolution tendancielle annuelle sur la période 2010-2018 reste
négative à -1,8 % par an.

La filière avicole

La volaille est la viande la plus consommée en Guadeloupe, pour un volume moyen de 30 kg équivalent
carcasse par habitant et par an. Cette filière reste cependant relativement opaque et atomisée, avec 4
abattoirs agréés, et 5 tueries privées connues dont il est difficile d’obtenir des données concernant
l’abattage des animaux Les informations concernant les abattages départementaux sont basées sur des
estimations. La part de production informelle en volaille est aussi très importante pour le département.

En 2018, les abattages sont estimés à 1140 tec, soit une augmentation de 6,9 % entre 2017 et 2018. Le
taux d’abattages des animaux pratiqués par les adhérents de l’interprofession est en augmentation de
128 %.

Cette filière est très pénalisée par les importations de produits de dégagement (pilons, ailes de poulet,
ailes de dinde) provenant de France métropolitaine et d’autres pays européens, qui sont vendus à 1€/kg,
et génèrent un seuil pour la production locale, qui ne peut écouler davantage de 1500 poulets/semaine (soit 1,8 t/semaine). Certains bâtiments d’élevage se retrouvent donc en sous-capacité (2000 têtes au lieu de 6000), avec une durée d’amortissement plus longue et coûteuse.

Une relance de la filière est attendue pour l’année 2019, avec le redémarrage (en février 2019) de
l’activité de l’abattoir AGC Volailles, qui s’orientera en partie sur des produits hauts de gamme (poulets
bio).

Les importations de la filière œuf de consommation poursuivent leur diminution, avec 10 millions
d’œufs importés en 2018, soit une baisse de 17,7 %.

La filière cunicole

La filière cunicole est en perte de vitesse en Guadeloupe. Un travail de plan de relance est actuellement
mené par la profession, avec l’installation de deux nouveaux éleveurs en 2019. Ce manque de
dynamisme se reflète dans la diminution continue des abattages depuis 2015, avec une forte baisse
s’affichant à -58,3 % entre 2017 et 2018, pour atteindre 6 tec.

La viande de lapin n’est pas populaire en Guadeloupe. Victime d’une mauvaise presse car elle est trop
couramment associée à une viande d’animal domestique. Les importations pour la filière augmentent
toutefois entre 2017 et 2018 avec 36 tec importés (+ 5,8 %), et le taux de couverture du marché local
diminue de 14,5 points de pourcentage entre 2017 et 2018.

La filière apicole

La mise en place de l’aide à la filière apicole date de 2010. La filière est aujourd’hui structurée autour
de l’OP SICA MIEL PEYI GWADLOUP. Les données sur le nombre de tonnes de miel produites
proviennent de l’association de producteurs APIGUA. En 2018, la production de miel a augmenté de 40
%. En effet, cette production est fortement dépendante des aléas climatiques. Le passage des ouragans
Irma et Maria avait ainsi fortement impacté la filière à la fin de l’année 2017. Le taux de couverture du
marché local augmente ainsi de 4 points de pourcentage entre 2017 et 2018, de même que les
importations, qui augmentent de 12 %.

En Guyane

Structuration

La région dispose en 2017 de 2 abattoirs, l’un localisé à Rémire (Cayenne) et doté d’un potentiel de 1
200 tonnes par an, et l’autre situé à Mana (au nord-ouest du département à 40 km de St Laurent du
Maroni), de bien plus petite capacité, et qui forme avec l’atelier de transformation des produits végétaux
amazoniens, le pôle agroalimentaire de l’Ouest, mis en service à la fin de l’année 2014.

Filière bovine

La production de bovins allaitants en Guyane est très extensive, ce qui s’explique notamment par le
faible potentiel fourrager des prairies plantées ou semées. Le chargement standard des élevages guyanais
est de 1,5 UGB /ha.

Le tonnage abattu en 2018 augmente de 7 % par rapport à 2017, passant de 529 à 565 tec. Cette évolution
s’explique par un plus grand besoin d’écouler des stocks de bétail vieillissants. En Guyane, de nombreux
élevages de bœufs atteignent l’âge de 4 ans, alors qu’un maximum de 3 ans est normalement requis pour
la production de viande. Une meilleure coordination d’abattage pour la filière participe également à cette
augmentation, ainsi que la campagne de promotion du « mois de la viande locale » qui incite les
consommateurs et les collectivités à acheter les produits locaux. L’ouverture de l’abattoir de Mana a
permis de réduire les coûts d’abattage pour des producteurs situés à l’est de la Guyane et qui passaient
jusqu’alors par des abattoirs non déclarés mais qui retournent donc sur le marché officiel.

Les importations de viande bovine s’élèvent en 2018 à 1 789 tec, soit en diminution de 1 % par rapport
à 2017.

Filière porcine

Le tonnage abattu est en augmentation de 18 % en 2018, qui traduit une augmentation de la demande
sur la viande de porc. L’évolution tendancielle sur la période 2010-2018 indique une hausse de 3,9 %
par an.

Les importations augmentent également de 15 % entre 2017 et 2018.

Filière ovine-caprine

La filière des petits ruminants, peu organisée, connaît une augmentation de 33,3 % de ses tonnages
abattus sur l’année 2018. Celle-ci peut, au même titre que la filière bovine, être justifiée par une
meilleure coordination des abattages par les organisations de producteurs, qui amènent des producteurs
non déclarés à intégrer le marché officiel. Les importations (249 tec) sont très importantes au regard du
volume des abattages contrôlés et sont en hausse depuis 2014.

Les soutiens aux ovins et caprins sont également en hausse (+ 47 %).

Filière avicole et cunicole

La volaille représente 70% de la consommation de viande en Guyane. La filière avicole est atomisée
avec un certain nombre d’ateliers d’abattage privés. Cependant, un projet de création d’abattoir d’ici à
2 ans afin d’unifier la filière est actuellement en cours. Ce projet fait partie du plan d’urgence de Guyane
mis en place en 2016. Installé à Kourou, cet abattoir présenterait une capacité d’abattage de 1 800
sujets/semaine. Pour alimenter correctement cet abattoir, il y aurait une nécessité de contractualisation
avec au moins 8 producteurs. Face à cela, les tueries privées pourraient décliner progressivement.

La production locale de volaille de chair qui relève pour grande partie des filières non organisées
bénéficie néanmoins du POSEI via des aliments aidés par le RSA.

De nouveaux débouchés doivent se créer vers la restauration collective, pour répondre aux objectifs de
la loi Egalim.

La production d’œufs est en revanche mieux organisée autour de quelques producteurs importants qui
peuvent commercialiser auprès des grandes et moyennes surfaces. La Coopérative avicole CACG
rassemble entre 8 à 10 adhérents. La production, qui a atteint 20,8 millions d’œufs en 2018 progresse au
même rythme que la population guyanaise, soit 4 %/an. Il existe pourtant une part de marché informel
importante avec des œufs produits au Surinam voisin. De même, une estimation établie par la DAAF
comptabilise un nombre de 20 000 poules non déclarées. Ces modes de production illicites constituent
aujourd’hui un problème pour la Guyane car ils ne peuvent garantir les qualités sanitaires suffisantes et
nécessaires au consommateur. Par ailleurs, une structure d’ovoproduits doit voir le jour en 2019, et
permettra d’améliorer la structuration de la filière.

En Martinique

Structuration et panorama général

Une interprofession a été créée en 1992, à partir de coopératives spécialisées en élevage. Il s’agit de l’Association Martiniquaise Interprofessionnelle des Viandes (AMIV).

Les objectifs de structuration de la filière sont de maintenir une densité suffisante d’agriculteurs locaux,
de professionnaliser les éleveurs, de répondre aux besoins des consommateurs et de se conformer aux
contraintes sanitaires de commercialisation de produits aussi sensibles que les viandes. Ceci, dans un
contexte où la grande distribution représente jusqu’à 85 % de la distribution locale.

L’existence de coopératives dans toutes les filières est encore aujourd’hui considérée comme un atout
majeur du secteur de l’élevage en Martinique, même si la professionnalisation entraîne une certaine
sélection dans le milieu agricole.

En 2018, le constat d’une évolution contrastée entre le secteur des ruminants (bovin viande, bovin lait
et ovin-caprin) et le secteur du hors sol (porc, volaille, lapin) se confirme pour la Martinique. De
nombreux facteurs sont à l’origine de cette évolution : les contraintes du foncier sur l’île impliquant une
rareté et une cherté des terres, les aléas climatiques, mais aussi la durée d’engraissement des ruminants,
les habitudes alimentaires, ainsi que la contamination des bovins au chlordécone. Ces différents facteurs
amènent à une baisse tendancielle des productions depuis de nombreuses années.

A l’inverse, l’investissement dans des porcheries et des poulaillers respectant les normes en vigueur,
ainsi que la progression de la technicité et des performances pour ces filières, entraînent un
développement régulier de l’activité hors sol. Cependant, la politique de dégagement de produits
surgelés en provenance de l’Union européenne à bas prix vers les DOM reste un obstacle essentiel dans
la poursuite d’une croissance régulière de ces activités.

Le handicap principal des filières animales en Martinique est le coût de production qui dépend largement
du coût alimentaire. Bien que ce dernier soit supporté en partie par le dispositif RSA du programme
POSEI, seule la mutualisation de certains moyens et la maîtrise du coût de l’aliment peuvent garantir
une meilleure optimisation des coûts de production.

Filière porcine

En 2018, les abattages effectués par les adhérents des deux coopératives augmentent de +2,8 % par
rapport à 2017 en atteignant 1 076 tec.

La production organisée représente 87 % de la production locale, en hausse de 0,6 points par rapport à
2017. Les coopératives perdent 3 adhérents entre 2017 et 2018 pour atteindre 52 membres. Les élevages
cumulent les fonctions de naissage et d’engraissement, ce qui évite les problèmes sanitaires liés au
transport des animaux. Les éleveurs sont en moyenne plus jeunes que dans les autres filières animales.

Les importations de porc sont de 3 187 tec en 2018, soit +3,1 % par rapport à 2017. Ainsi, le taux de
couverture du marché local par la production locale est de 28 %.

Filière volaille

La production de volailles de chair diminue de manière volontaire (-15,4 %), pour s’établir à 1 400 tec,
afin d’éviter une saturation du marché. En effet, les importations des produits de dégagement en
provenance de la métropole et d’autres pays de l’Union Européenne (en hausse de 0,6 %) sont un frein
au développement de la production. Le taux de couverture du marché s’établit à 11%. Le développement
de la filière doit passer par celui de nouveaux marchés. Des perspectives sont offertes par la loi Egalim,
pour le développement et la valorisation de la production locale.

Filière viande bovine

En 2018, la filière bovine représente un cheptel de 35 313 têtes. La grande majorité des détenteurs de
bovins en Martinique est constituée de particuliers non professionnels. Les 8 845 détenteurs relevés pour
l’année 2018 concernent uniquement des détenteurs actifs qui présentent au minimum un mouvement
annuel dans la banque nationale d’identification (BDNI).

En 2018, Les abattages de bovins ont atteint 888 tec, affichant une baisse de -3,6% par rapport à 2017.
Cette diminution concerne essentiellement la coopérative CODEM, puisqu’elle connait une perte de 39
tonnes. L’évolution tendancielle en baisse sur la période 2010-2018 (-3,0%), s’explique par le
vieillissement des éleveurs et le manque de repreneurs, auxquels se surajoute un important problème de
contamination au chlordécone des bovins pâturant dans le Nord et Centre de l’île, où les pollutions
bananières sont les plus fortes. Ces problèmes ont généré un changement d’orientation de certains
élevages naisseurs-engraisseurs pour faire uniquement du naissage, ou obligé, quand cela était possible,
à changer la zone d’engraissement.

Par ailleurs, la profession pâtit, d’un manque de terres pour les pâtures du fait de la forte pression
foncière que connaît l’île. Dans ces conditions, la reprise des exploitations représente le principal défi
des filières bovine et ovine ce qui conduit la profession à mener une réflexion sur l’intensification de la
production de fourrage afin d’augmenter le chargement moyen (1 UGB/ha en moyenne actuellement).
La réflexion pour une orientation vers l’élevage hors sol est aujourd’hui limitée par le montant des
investissements requis, incompatibles avec les capacités des petits et moyens élevages qui représentent
2/3 des éleveurs.

La part de l’abattage par les adhérents à l’organisation de producteurs membres de l’interprofession
diminue de 2 points par rapport à 2017 et atteint 35 % en 2018. En effet, le réseau des artisans bouchers
est bien développé, et se procure les animaux sur pied directement auprès des éleveurs ou détenteurs.

Les importations diminuent de 5,2 % en 2018 atteignant 3 664 tec.

La consommation en Martinique reste globalement stable face à une part de production locale qui ne
couvre que 20 % du marché local, ce qui correspond malgré tout à une augmentation de 1,4 % par
rapport à 2017.

Filière bovin lait

Concernant la production de lait de vache, qui se situe à 81 811 litres en 2018, elle chute de 64,6 % par
rapport à 2017, en partie à cause de l’arrêt d’un des 6 éleveurs laitiers restant sur l’île, La filière lait est
en difficulté depuis les années 2000, et cela malgré l’existence d’aides publiques. La filière laitière,
comptant les 5 éleveurs de l’île, est intégrée à la coopérative Madivial qui porte actuellement un projet
de relance du cheptel de génisses laitières, importées jusqu’alors, à travers la mise en place d’une ferme
collective dédiée à la production de génisses de renouvellement. Ce projet devrait permettre de
pérenniser les 5 élevages de l’île.

Filière petits ruminants (ovins-caprins)

De même que pour la filière bovine, les personnes considérées comme détentrices d’ovins et de caprins
sont uniquement celles qui présentent au minimum un mouvement annuel dans la BDNI.

La filière affiche 42 tec de production contrôlée en 2018 (-0,2 %). La production par les adhérents de la
coopérative est quant à elle en baisse de 26 % (14 tec en 2018). La part de la filière organisée s’est ainsi
repliée de 12 points pour atteindre 33 % des abattages contrôlés. Cela s’explique par des difficultés
économiques que rencontre la coopérative. Le potentiel de production du cheptel est maintenu, mais la
diminution des performances des cheptels rustiques a entrainé une baisse des abattages. L’évolution
tendancielle des abattages est de -5,6 % / an sur la période 2010-2018.

La hausse des importations de 4% vient en réponse à l’augmentation de la consommation locale (+4 %),
avec un taux de couverture du marché local qui se maintient à 3%.

Filière cunicole

Le marché de la viande de lapin, appréciée pour ses qualités gustatives et diététiques, repose aujourd’hui
sur 10 éleveurs adhérents à la coopérative, nombre qui s’est stabilisé depuis 2016.

Le nombre d’animaux abattus recule encore pour atteindre 28 tec en 2018. Les importations sont
également en baisse (-50%), provoquant une hausse du taux de couverture du marché, qui s’établit à
72%.

A La Réunion

Structuration

Les professionnels se sont organisés au sein de deux interprofessions : l’Association Réunionnaise Interprofessionnelle pour le Bétail et les Viandes (ARIBEV), créée en 1975 pour la viande bovine, le lait et le porc, et l’Association Réunionnaise Interprofessionnelle de la Volaille (ARIV) qui a vu le jour en 1994 pour la volaille et qui a intégré plus tard l’élevage de lapins.

Filière bovins viande

Après une année 2017 de relance de la production et des ventes, l’année 2018 marque un frein dans ce
développement malgré de nombreuses nouvelles installations (38 éleveurs DEFI en production). En effet, le marché s’est davantage tendu, malgré
une augmentation de la consommation de viande bovine par les réunionnais qui s’est faite au profit de
l’importation à bas coût. Le taux de couverture du marché local est ainsi passé de 30% à 27%. La filière
a tenté de résoudre cette difficulté en accentuant la commercialisation de produits DEFI, et en continuant
à travailler l’ensemble des carcasses abattues. La crise des gilets jaunes a particulièrement touché cette
filière, en provoquant 3 semaines d’arrêt des abattages.

Filière bovins lait

En 2018, la filière laitière présente un effectif d’éleveurs stable, mais une production laitière en baisse
de 3%. En effet, la crise sociale de fin d’année a engendré une très forte baisse de production, sans
compter le lait jeté pendant cette période, du fait de l’absence de collecte. De plus, la pénurie d’essence
a provoqué des difficultés de livraison de foin par l’URCOOPA générant des baisses de productivité
significatives.

Néanmoins, les importations de poudre de lait ayant significativement diminué (-21,4 %), le taux de
couverture du marché local a augmenté de 4,4 points.

La filière est également concernée par la leucose bovine enzootique, une maladie qui touche uniquement
les élevages de vaches laitières. Les professionnels de la filière indiquent que cela crée une image globale négative auprès des consommateurs, qui associent également cette maladie à la filière bovin viande, pourtant épargnée par la maladie.

Filière ovine et caprine

Ces filières sont en forte progression depuis la création de la coopérative OVICAP en 2012, avec le
développement de la vente de carcasses d’agneaux et de cabris en frais. L’inventaire du nombre de têtes
et des volumes d’abattages pour chacune de ces filières est partiel, du fait, pour la filière ovine, de
l’absence de données sur les éleveurs non adhérents à OVICAP, et pour la filière caprine, de la présence
de rituels religieux impliquant des tueries d’animaux hors abattoirs. Ces productions sont néanmoins en
forte concurrence avec les importations de viande de Nouvelle-Zélande et d’Australie, et le taux de
couverture du marché local demeure très faible.

Filière porcine

La filière porcine, après avoir connu successivement des périodes de sous-production et de
surproduction, termine l’année 2018 avec un volume de 9 609 t, soit une baisse de production de 3,6 %
par rapport à 2017. En effet, la diminution de l’activité du plus gros opérateur de l’île du fait de retards
de mise aux normes de ses installations a provoqué un arrêt de production et donc une diminution du
nombre d’animaux abattus. Par ailleurs, les difficultés d’alimentation des élevages du fait de la crise
sociale ont engendré une sortie d’animaux plus légers. En outre, les retards de mise en œuvre et de
paiement du FEADER compliquent l’installation de nouveaux éleveurs.

Cette baisse des tonnages abattus a permis de commercialiser la totalité de la production en frais, et donc
de faire progresser ce marché.

Le taux de couverture du marché local augmente proportionnellement de 0,6 % du fait d’une baisse des
importations.

Filière volailles de chair

La filière volaille enregistre en 2018 une hausse de production de 3,5% (13 571 t). Le tonnage
commercialisé a également connu en 2018 une forte augmentation avec le déstockage des produits
congelés notamment, mais surtout grâce à la nouvelle souche de poulet mise en production et en marché.

Le taux de couverture de la production locale diminue néanmoins de 2,6 % par rapport à 2017 et s’établit
à 43 % du marché. La filière bénéficie d’une communication efficace sur l’origine et la qualité de la
viande locale, reconnues par les consommateurs. La volaille reste la viande la plus consommée à La
Réunion.

Les deux enjeux que rencontrent la filière restent l’afflux de produits de dégagement ainsi que la
diversification de ses réseaux de distribution, collectivités et restauration.

Filière cunicole

Après une période de surproduction en 2017, l’année 2018 a été marquée par une baisse du niveau de
production (-9,5 %), et une augmentation des importations (+4,4 %).

Filière apicole

La production apicole connait une stagnation de sa production entre 2017 et 2018 due aux deux tempêtes
tropicales survenues aux mois de janvier et d’avril, périodes des principales miellées de baie rose. Le
miel de baie rose représente en effet 70% de la production de miel de l’île. La filière a par ailleurs fait
face à des difficultés du fait de la présence du varroa, et des retards de paiement des MAEC. La crise du
varroa a généré une augmentation des prix du miel.

A Mayotte

Les filières animales mahoraises sont en période de forte structuration autour d’opérateurs industriels.
La filière œuf, qui a fait face à des difficultés avec la fermeture en 2018 de la coopérative COMAVI, a
vu l’entrée en production de l’outil industriel des sociétés AVIMA (élevage de poules) et OVIMA
(conditionnement des œufs).

La filière volailles de chair a vu la mise en place d’une structure sociétaire comptant 11 éleveurs, qui
utilise l’abattoir du lycée agricole de Coconi pour une production de 90 tonnes équivalent carcasse de
volailles par an. Un projet d’abattoir est en cours pour permettre une augmentation de la production,
avec un objectif de 1 500 tec en 2026. Un autre groupement de producteurs est en cours de constitution
sur cette filière. Néanmoins, le poids des volailles locales dans la consommation des habitants reste
encore anecdotique.

A Saint-Pierre-et-Miquelon

L’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon a été fortement affecté par le moratoire canadien de 1992 sur la pêche à la morue. Dans ce contexte, une diversification des activités vers l’agriculture est recherchée notamment l’élevage.

Les productions principales sont l’œuf et le poulet de chair suivi par l’élevage ovin. L’existence d’un atelier de transformation de foie gras et d’une fromagerie a permis d’amplifier le développement agricole sur l’archipel.

L’élevage de ruminants requiert la réhabilitation des prairies (restauration de la fertilité des sols), la mise en place de clôtures ainsi que l’investissement (en cours) dans un abattoir multi-espèces.