Filières


La banane est produite dans les cinq départements d’outre-mer. Elle constitue l’une des principales ressources économiques de la Guadeloupe et de la Martinique. La filière banane contribue à une part importante des flux commerciaux vers la partie continentale de l’Union européenne en permettant notamment de générer un flux de marchandises retour.

La structuration

La filière banane a achevé sa structuration en 2012 en fédérant les planteurs au sein d’une seule OP par DOM :

  • en Guadeloupe : la SICA LPG « Les Producteurs de Guadeloupe », créée en 2006 ;
  • en Martinique : la SICA Banamart, créée en 2004.

La commercialisation de la production est assurée par l’Union des Groupements de Producteurs de Bananes de Guadeloupe et de Martinique (UGPBAN), qui fédère depuis 2003 les organisations de producteurs de bananes des Antilles françaises.

La production commercialisée

Le tonnage historique de référence (319 084 tonnes pour les Antilles correspondant aux années 2005 et 2006) n’a jamais été retrouvé. La production commercialisée en 2017 est de 162 239 tonnes, en baisse significative par rapport à 2016 (-38,3%). Après 3 années globalement stables en niveau de production, le volume commercialisé est moins important en 2017, en raison des conséquences de la tempête Matthew de fin 2016 ainsi que de la tempête Maria de Septembre 2017 qui ont fortement impacté la production bananière, en Guadeloupe comme en Martinique. Beaucoup de pieds de banane ont été arrachés, nécessitant un retour progressif de la production par un étalement de la replantation des surfaces endommagées.

Ces 2 évènements climatiques qui ont marqué l’année 2017 ont lourdement impacté le marché de la
banane antillaise : la Guadeloupe n’a pas été en mesure d’exporter une partie de sa production sur les 4 derniers mois de l’année 2017.

Entre Octobre 2016 et Avril 2017, les volumes de bananes ont été trop diminués pour être en mesure de répondre à la demande du marché ; si bien qu’il a été difficile par la suite de reprendre les parts de
marchés perdues.

En Martinique, la production affiche une baisse de près de 40% (-38,6%) entre 2016 et 2017 pour
atteindre 122 303 tonnes commercialisées en 2017. En Guadeloupe, la baisse du volume commercialisé est du même ordre (-37,4%) entre 2016 et 2017. L’évolution tendancielle sur la période 2009-2017 est, quant à elle, légèrement positive en Guadeloupe (+0,9%) et en baisse en Martinique (-1,9%). Cette baisse significative des volumes entre 2016 et 2017, en Martinique comme en Guadeloupe, s’explique par les conséquences importantes de la tempête Matthew sur la production de bananes. En outre, l’ouragan Irma, qui a traversé les Antilles en Septembre 2017, a fortement endommagé la production sur les 3 derniers mois de l’année 2017. Enfin, il faut souligner qu’en Martinique, le volume de 2016 marquait un record sur les 10 dernières années.

Le nombre d’exploitations

Le nombre de planteurs bénéficiaires de l’aide 2017 (ayant donc commercialisé en 2016) est de 541 sur
les deux départements Antillais. Cet effectif est en baisse de -2,3% par rapport à 2016, suivant ainsi
l’évolution tendancielle depuis 2009 (-2,5%), et demeure marqué par une concentration de la production.

Cependant, la taille moyenne des exploitations, qui avait connu une croissance significative entre 2008 et 2013 (+41%) a marqué un ralentissement à partir de 2014 puis une baisse significative entre 2016 et 2017 (-12,1%) avec une moyenne de 11,9 ha / exploitation de surface en banane sur les deux
départements antillais.

Plus des deux tiers des exploitations bananières sont en Martinique où 364 exploitations sont recensées (-1,9% par rapport à 2016). L’évolution depuis 2009 est similaire à celle observées sur l’ensemble des Antilles (-2,7% sur la période 2009-2017). En Guadeloupe, le nombre d’exploitation a baissé de 3,3% entre 2016 et 2017 pour atteindre 177 structures. Si la baisse est plus forte cette année qu’en Martinique, l’évolution tendancielle depuis 2008, quant à elle, affiche une diminution plus légère (-2,1%).

La tendance générale observée aux Antilles est une disparition progressive des petits planteurs au profit des planteurs de taille intermédiaire. Ce phénomène de concentration de la production est davantage observé en Martinique (70% de la production est réalisée par 30% des planteurs) qu’en Guadeloupe où l’on constate une meilleure répartition entre les grosses structures et les exploitations de taille intermédiaire.

Dans l’ensemble, la filière reste caractérisée par un effectif de structures importantes qui reste stable et un nombre croissant d’exploitations de taille intermédiaires (production de 300 à 500 tonnes). Bien que fragilisés par les 2 cyclones Matthew (Septembre 2016) et Maria (Septembre 2017), ce pool de
producteurs petits à moyens ne subit pas d’érosion et dans l’ensemble, ces exploitations tendent à se
consolider. Les arrêts de production des plus petits planteurs ne sont pas liés aux évènements climatiques mais sont souvent la conséquence d’impossibilités techniques ou d’une rentabilité insuffisante.

Les surfaces plantées en banane

La surface plantée en banane diminue globalement aux Antilles de -14,2% entre 2016 et 2017,
poursuivant la baisse entamée en 2013, avec une évolution tendancielle annuelle de -1,7% sur la période 2009-2017.

La baisse des surfaces est plus forte en Martinique qu’en Guadeloupe entre 2016 et 2017 : -16,4% en
Martinique et -8,3% en Guadeloupe.

De manière générale, l’évolution surfacique a peu de lien avec les phénomènes climatiques. Le cycle de production, dans son ensemble, implique un système de jachère qui concerne, en moyenne, 15% des surfaces et qui explique les fluctuations de surfaces d’une année sur l’autre. Cependant, la baisse plus importante observée entre 2016 et 2017 est liée aux conséquences des tempêtes Matthew et Maria et aux fortes pluies qui ont suivi, endommageant les sols et nécessitant une mise en jachère (la superficie globale en jachère calculée en 2017 atteint 2935ha, c’est un record sur la période 2009-2017). Ce phénomène est lié à l’étalement de la production mais n’illustre pas une réduction de celle-ci : le potentiel de production reste globalement intact.

L’évolution tendancielle sur la période 2009-2017 reste positive en Guadeloupe (+0,6%) mais
légèrement négative en Martinique (-2,5%).

Les rendements continuent d’augmenter

Les efforts réalisés par la profession en matière de recherche et de développement ont permis une
augmentation sensible des rendements moyens entre 2009 et 2017. La baisse significative des
rendements observés entre 2016 et 2017 réduit l’évolution tendancielle annuelle à +0,3%.

Entre 2016 et 2017, les rendements (hors jachère) ont fortement baissé dans les 2 départements, de
manière plus marquée en Guadeloupe (-31,7%) qu’en Martinique (-26,6%). Comme évoqué précédemment, les 2 îles ont été impactées par des évènements climatiques difficiles qui expliquent les baisses de production.

Globalement sur les Antilles, le rendement moyen de 26 t/ha retenu dans le programme avait été dépassé ces dernières années mais retrouve ce niveau en 2017 avec 26,8 t/ha en moyenne. Le rendement moyen de 36,5 t/ha en Martinique enregistré en 2016 avait constitué un record historique pour les Antilles.

L’évolution du contexte épidémiologique et climatique de la filière

À la suite de l’arrivée de la cercosporiose noire en Martinique (2010) et en Guadeloupe (2012) puis à
l’arrêt du traitement aérien, la propagation de la cercosporiose noire fût globalement maîtrisée par le
traitement terrestre et les pratiques de lutte alternatives, notamment celle de l’effeuillage, se
développent.

Concernant les conditions climatiques en 2015 4 , les Antilles n’ont pas connu d’évènements majeurs.
Cependant, une sécheresse persistante, touchant essentiellement la production de Guadeloupe, a été
enregistrée.

La lutte contre la cercosporiose reste la principale préoccupation de la filière aujourd’hui : les
professionnels de la filière ne savent pas quelle sera l’évolution définitive de la maladie. Peu de
pesticides ou de biopesticides sont autorisées pour la lutte, d’autant que les traitements phytosanitaires aériens sont interdits depuis septembre 2014. De plus, des techniques alternatives ont été développées pour prévenir la maladie et limiter sa propagation.

La tempête Matthew survenue le 28 Septembre 2016 et les cumuls de pluie fin 2016 ont activé une
montée de la cercosporiose noire qui a fragilisé les bananeraies. La qualité première n’étant pas atteinte, une baisse des exportations vers les pays de l’Union Européenne s’installe dès le mois de Janvier 2017.

En Septembre 2017, les exploitations bananières aux Antilles ont été à nouveau sévèrement impactées par le passage de l’ouragan Maria. Ainsi, 100 % de pertes ont été relevées en Guadeloupe et 70 % en Martinique 5 . Le retour de l’intégralité de la production est prévu au printemps 2018.

Une commercialisation tournée vers la métropole et les autres marchés de l’U.E.

Selon les années, 98 ou 99% de la production de banane de Guadeloupe et de Martinique commercialisée est destinée à l’export. Les principaux marchés de la banane des Antilles demeurent la métropole (75,0% des volumes 9 ) et les autres pays européens, en particulier l’Allemagne, gros consommateur dont le marché est très concurrencé.

En 2017, L’Europe est concernée par un accroissement de la taille de son marché, qui depuis 2015,
connait une augmentation de 25%, soit 1.267.000 tonnes supplémentaires.

En parallèle, la consommation des pays européens continue de progresser de 3 à 5% par an, et cela à
partir de 2012. Néanmoins, cette évolution n’est pas uniforme puisque la consommation des NEM
évolue deux fois et demie plus vite que celle de l’ensemble des Etats membres européens (+40% entre 2013 et 2017). Leurs volumes d’importations ont ainsi quasiment doublé depuis 2012.
La production bananière intra-européenne rencontre toutefois de profondes difficultés en 2017- avec
notamment la baisse de 4% de la production des Canaries, alors leader européen- face à un groupe ACP qui pour la cinquième année consécutive, chiffre ses exportations vers l’Europe en millions de tonnes 1.000.000 tonnes).

2017 révèle aussi une plus grande efficacité des origines dollars qui obtiennent 7 points d’indice de plus que le marché européen. L’amélioration généralisée de la productivité du secteur a permis au groupe dollars de mettre en marché en 2017 en Europe plus d’un million de tonnes supplémentaires par rapport à 2013.

L’année 2017 a également donné lieu à des épisodes climatiques qui ont eu pour effets une diminution respective de 42 % de la production guadeloupéenne et de 33% de la production martiniquaise. Cela n’a toutefois pas impacté les prix européens qui sont restés stables.

 

La filière canne joue un rôle important dans l’économie agricole des départements d’outre-mer (hors Mayotte) en termes de complémentarité entre les productions agricoles. Elle contribue fortement au maintien des emplois dans les bassins agricoles ainsi qu’au maillage du territoire par ses unités industrielles ; elle est un atout majeur quant à la durabilité de la production agricole par :

  • la protection des sols contre l’érosion ;
  • la préservation de l’environnement par un usage restreint des intrants ;
  • l’approvisionnement en énergie renouvelable (bagasse pour les centrales à charbon) et le développement des bioénergies (méthane et à terme production directe d’électricité).

Guadeloupe

En Guadeloupe, la campagne cannière 2017 s’est déroulée dans des conditions climatiques plus
favorable qu’en 2016. La production de canne étant très sensible aux conditions météorologiques
(sécheresses, pluies, …), le rebond de la production est en partie dû au retour à des niveaux de récoltes hauts après une campagne 2016 touchée à la fois par la sécheresse et les excès hydriques ponctuels. La production de canne s’établit en 2017 à 773 979 tonnes, soit son niveau le plus haut depuis 2008.

La production de canne guadeloupéenne a connu une très forte progression en 2017 (+30,7%) pour
atteindre 773 979 tonnes. La richesse saccharimétrique des cannes est passée de 7,86% en 2016 à 8,01% en 2017. La récolte cannière connait de fortes variations d’une campagne à l’autre, en lien direct avec la variabilité des conditions climatiques. Le niveau de production reste stable en évolution tendancielle entre 2009 et 2017 (-0,6%). La progression annuelle des récoltes s’explique en partie par le développement des surfaces, qui progressent en 2017 (+19,5 % sur un an et +1,5% en tendance depuis 2009). La sole cannière prend également de l’ampleur dans l’ensemble des surfaces agricoles : elle représentait 33% de la SAU des exploitations en 2000, contre environ 43,5% en 2017. Toutefois, les perspectives de développement du foncier sont très limitées, avec des exploitations de petite taille (3,4 ha en moyenne) et un foncier très morcelé. En 2017, la richesse saccharimétrique des cannes guadeloupéennes serait en baisse de 1,7% sur un an, pour atteindre 7,87%.

Le rhum agricole est produit par 9 distilleries, dont 3 sont implantées à Marie-Galante. Sur ces 9
distilleries, 5 commercialisent moins de 2000 HAP, deux commercialisent entre 2000 et 5000 HAP. Les autres, de plus grande taille, commercialisent entre 7000 et 10 000 HAP.

Les volumes de production en 2017 font état d’une forte hausse de la production de rhum agricole (+41,7%, à 46 624 HAP). Les rhums dits vieux bénéficient d’un fort engouement de la part des consommateurs et les rhumeries ont développé des chais, augmentant ainsi la production.

La filière travaille au développement du vieillissement pour l’export et augmenter la valeur ajoutée du
produit. Le rhum de Guadeloupe dispose d’une Indication Géographique Protégée.

En Guadeloupe, la production de sucre reste dominante, avec 88,1% de la canne destinée à l’industrie
sucrière en 2017. La production est assurée par deux sucreries : l’usine de Gardel au Moule, qui est
couplée à une centrale électrique thermique bagasse-charbon, et la Sucrerie-Rhumerie de Marie-Galante, située à Grand-Bourg sur l’île de Marie-Galante. Gardel broie plus de la moitié des tonnages de canne produite sur la Guadeloupe continentale. La seconde unité est de plus petite taille et dotée d’équipements plus anciens.

Après une année 2016 difficile, la production de sucre retrouve les niveaux historiques et marque une
progression de 40,6 % sur un an, atteignant 58 417 tonnes équivalent sucre blanc. Le rendement sucrier marque également une reprise à 5,1 tonnes équivalent sucre blanc par hectare (+18,6% sur un an), sans retrouver le niveau historique de 2009 à 6,15 tonnes équivalent sucre blanc par hectare. En dépit de la reprise de la production de sucre, la filière demeure en concurrence avec l’industrie du rhum qui se développe rapidement depuis ces dernières années.

La filière cherche le développement du marché des sucres spéciaux, moins en compétition que le sucre blanc, afin d’augmenter la valeur ajoutée. Cet enjeu est renforcé par la dérégulation du marché du sucre blanc qui a pris vigueur en octobre 2017. La fin des quotas constitue un changement fondamental de modèle économique. Dans ce nouveau marché européen libéralisé, les sucreries des DOM n’ont désormais plus de garantie de débouchés, d’où l’objectif de diversification de la production.

Guyane

La canne à sucre est exclusivement destinée à la production de rhum agricole, aucune unité de
production sucrière n’étant implantée en Guyane.

La récolte de canne à sucre en Guyane n’a pas été marquée par d’événements climatiques particuliers, et s’est globalement déroulée dans de bonnes conditions. La récolte marque cependant une forte progression : +89,3% par rapport à 2016, à 9 844 tonnes, mais de manière plus modérée sur les dix dernières années avec une hausse de 3,2%. La hausse de la production en canne résulte notamment d’un accompagnement des petits planteurs afin de fournir toujours davantage de volume vers l’unique distillerie du département, avec pour objectif de pérenniser les petites plantations. La sole cannière prend représente 0,5% de la SAU des exploitations du département.

La production de rhum agricole est réalisée par une seule distillerie basée à Saint-Laurent-du-Maroni.
La distillerie a terminé fin 2014 d’importants travaux de modernisation débutés en octobre 2012 dans
un objectif de développement quantitatif et qualitatif de sa production. Elle a acquis un nouveau broyeur, construit une station d’épuration et un chai de vieillissement. Les années 2013 et 2014 constituent ainsi deux années atypiques, avec en 2013, un très faible niveau de production 1 424 HAP, puis un rattrapage en 2014 avec 5 390 HAP produits. En 2017, la production de rhum agricole atteint 4174 HAP (+37,2%), exclusivement en rhum agricole. Cette hausse résulte de l’augmentation des approvisionnements en canne à sucre, et des potentialités de ventes de rhum à l’export, avec la hausse des quotas de vente qui ont doublé pour atteindre 1 000 HAP. La croissance de la production devrait se maintenir tendanciellement dans les années à venir, avec de nouveaux marchés et une demande locale dynamique. A terme, la production de rhum agricole local a pour vocation à couvrir 80 % de la demande du département.

La majorité de la production est destinée au marché local, qui est en développement. La mise en place récente d’une taxe à l’importation pour les rhums arrivant notamment de Martinique devrait limiter la concurrence sur le marché local sur les prochaines campagnes. L’obtention d’un quota à 1 000 HAP de rhum à l’export permettra également à l’unique distillerie départementale d’atteindre ses objectifs de développement. Le travail engagé par l’usine (modernisation, augmentation des capacités de production, développement sur la gamme de rhums vieux) permettra à l’activité de se développer dans les campagnes à venir.

Martinique

L’année 2017 a été marquée par la tempête Maria de septembre qui a impacté l’activité agricole. Les
données de production de canne rapportent un repli de 7,8% par rapport à 2016, avec 208 249 tonnes de cannes produites. Les surfaces plantées progressent légèrement en 2017, avec 3 915 ha (+2%). Sur le long terme, le foncier affiche une baisse annuelle moyenne de 1% entre 2009 et 2017. La sole cannière représente 17,7% de la SAU des exploitations de l’île en 2017. La production de canne demeure cependant stable, à la faveur d’une tendance à l’amélioration des rendements, avec des apports globalement préservés pour les distilleries, au détriment de la sucrerie.

La Martinique est caractérisée par sa forte orientation vers la production de rhum agricole. Cette
orientation tend à se renforcer au fil des années, avec une diminution des volumes de canne livrés à la
sucrerie (-9,7% en tendance annuelle moyenne depuis 2009) et une baisse de la production de sucre
(-15,1%).

En 2017, la production de sucre mobilise 18,8% de la canne produite (36,4% en 2008), soit 39 123
tonnes. Ce volume est en fort repli (-20,3% par rapport à 2016). En conséquence directe, la production
de sucre diminue de 15,1% pour s’établir à 1944 tonnes équivalent sucre blanc. La production de sucre
est réalisée par une seule usine, la sucrerie du Galion, qui produit des sucres roux à destination du marché local exclusivement.

La productivité moyenne des surfaces de canne en sucre diminue en 2017, avec 2,64 tonnes de sucre par hectare. Elle est bien inférieure aux niveaux observés en Guadeloupe ou à La Réunion. En effet, la
majeure partie des exploitations cannières de Martinique ont une surface de moins de 3 ha, sur des reliefs accidentés difficilement mécanisables et générant des couts de production élevés.

La production de rhum agricole mobilise 81,2% de la production de canne en 2017. Les volumes de
canne livrés aux distilleries agricoles sont en baisse de 4,4%, avec 169 126 tonnes, En dépit de ce recul
ponctuel, l’évolution annuelle moyenne demeure positive à 3,7% entre 2009 et 2017. La production de
rhum agricole recule de 2,9% à 86 524 HAP mais sur le long terme l’évolution annuelle tendancielle
entre 2009 et 2017 atteint 3,6%, tirée par une consommation locale en progression constante et par le
dynamisme des exportations. Les volumes totaux de rhum suivent la même trajectoire : -5,7% à 96 166
HAP par rapport à 2016, et +2,2% d’évolution annuelle tendancielle. Le développement à moyen terme
repose sur le dynamisme du marché à l’export, et une consommation intérieure qui se maintient.

La production de rhum agricole est assurée par 7 distilleries, dont 4 appartiennent à des groupes et
produisent entre 6 800 HAP et 22 500 HAP et 3 sont indépendantes et produisent entre 2000 et 6 800
HAP. Elles sont toutes bénéficiaires de l’aide. Le rhum agricole de la Martinique dispose d’une AOC
« Rhum de la Martinique ».

La Réunion

La campagne sucrière 2017 sur l’ile de La Réunion a été marquée par des épisodes pluviométriques ayant localement impacté fortement les récoltes et le taux saccharimétrique des cannes à sucre. Ainsi, la partie nord de l’ile a connu de très bonnes conditions climatiques, avec une récolte record depuis une vingtaine d’années, au détriment du taux de sucre (2ème moins bonne année sur la dernière décennie). L’Est, le Sud et le Sud-Est de la Réunion ont connu de fortes pluies ayant limité l’ensoleillement et la croissance des cannes. Cette partie de l’ile a ainsi connu une récolte en repli sur un an. A l’échelle du département, la récolte de canne progresse de 4,8% à 1 868 338 tonnes. Cette progression est la conséquence de conditions favorables dans le nord de l’ile, qui ont parallèlement limité le taux saccharimétrique, et in fine la production de sucre. Celle-ci reste, à 195 159 tonnes équivalent sucre blanc, en dépit de la hausse des productions de canne à sucre.

Sur la période 2009-2017, la plupart des indicateurs se maintient ou décroit légèrement. La production
de canne réunionnaise affiche une baisse tendancielle annuelle de -0,9% entre 2009 et 2017. Le niveau de production a globalement atteint un équilibre, s’établissant entre 1,8 et 1,9 millions de tonnes produites, en fonction des conditions climatiques. La production de sucre est quasi-stable (-0,8% en évolution tendancielle annuelle entre 2009 et 2017), la productivité en sucre des surfaces cannières se maintient, en raison de l’amélioration variétale et des campagnes de replantation, en lien avec l’installation de jeunes planteurs après des départs en retraite.

Parallèlement, les surfaces implantées en canne augmentent de 1,7% en 2017, à 23 089 hectares et
représentent 54,5% de la SAU des exploitations du département. Les surfaces en canne affichent
toutefois une baisse depuis 2008 (-1%), avec notamment une perte de près de 1 500 ha observée en
2015. Cette baisse a été contrecarrée par une hausse des rendements. L’enjeu de limitation des pertes
foncières est particulièrement important pour la filière, dans un contexte où la taille moyenne des
exploitations est proche de 7,8 ha, avec des surfaces morcelées en petites parcelles souvent situées sur des terrains pentus.

La canne réunionnaise trouve comme débouché principal l’industrie sucrière. Deux usines produisent
du sucre : Bois-Rouge au Nord-Est de l’ile, et le Gol au Sud-Ouest, avec un potentiel de production
d’environ 1 million de tonnes traitées chacune. Toutes deux sont couplées à des centrales électriques
thermiques bagasse-charbon. Les deux usines utilisent des technologies différentes et produisent une gamme de sucre variée.

La production de sucre est partagée entre sucre blanc (environ 55% de la production) et sucres spéciaux (45%). Les sucres spéciaux réunionnais comptent pour 30 % du marché total en UE.

Au cours de la campagne, la revalorisation du prix interprofessionnel est entrée en vigueur à 40,07 €/t pour une richesse standard à 9%.

La production de rhum réunionnaise est constituée presque exclusivement de rhum de mélasse ou
rhum de sucrerie. La mélasse issue de la production de sucre est vendue aux trois distilleries industrielles de l’île (Savanna, Rivière du Mat et Isautier). Le rhum de La Réunion dispose d’une Indication Géographique Protégée « Rhum de la Réunion ».

La production de rhum de sucrerie représente 99,7% de la production de rhum réunionnaise. En 2017
La production totale de rhums (y compris rhum agricole) affiche une évolution tendancielle à la hausse depuis 2009 (+0,5%), du fait de l’augmentation de 23,5% en 2017 pour s’établir à 119 958 HAP. La
tendance est à une contraction de la consommation locale de rhum, qui renforce l’enjeu de
développement des marchés à l’exportation. Les professionnels du secteur demandent notamment une augmentation du contingent fiscal pour leur permettre de développer les exportations vers la Métropole.

Une seule distillerie produit du rhum agricole, pour une production marginale (356 HAP en 2017).

Les productions de diversification végétales ultramarines comprennent les filières fruits et légumes, viticole, riz, horticole, plantes aromatiques, à parfum et stimulantes (café).

En Guadeloupe

La structuration

Quatre organisations de producteurs (OP) sont reconnues en Guadeloupe :

  • Caraïbes Melonniers : 24 adhérents (dont 4 en Martinique) ;
  • SICAPAG (SICA des producteurs d’ananas de Guadeloupe) : 63 adhérents ;
  • SICA LES ALIZES : 9 adhérents ;
  • SICACFEL (SICA Caribéenne de fruits et légumes) : 35 adhérents.

Les acteurs de la filière sont fédérés au sein de l’interprofession IGUAFLHOR.

La production de fruits et légumes en 2017

D’après les données AGRESTE (statistiques agricoles annuelle), l’ensemble de la production de fruits
et légumes diminue en Guadeloupe entre 2010 et 2017. Seule la production de melon est épargnée par cette diminution, puisque sa production augmente de 12,3 % par an en moyenne. La production des principaux fruits et légumes hors bananes est évaluée à 23 287 t pour l’année 2017, dont 10 099 t de légumes et 13 188 t de fruits (hors banane). Les principales productions sont le melon (5 839 t), la tomate (4 517 t), le concombre (3 848 t), la pastèque (3 128 t) et l’ananas (2 301 t).

La Guadeloupe est marquée en 2017 par le passage des cyclones Maria et Irma. Ces derniers ont
fortement impacté la production fruitière et légumière du département. Les ventes sont estimées à 1 907 tonnes, soit 6 % de moins que l’an dernier 11 . L’état de calamité agricole a été reconnu par le Préfet de la Guadeloupe. Les prix annuels moyens augmentent de 12 % pour les légumes.

D’autre part, la maladie du citrus greening, présente en Guadeloupe depuis 2012, a entraîné une baisse de production d’agrumes. Les ouragans Maria et Irma ont également provoqué des dégâts sur les parcelles d’agrumes en déracinant et couchant de nombreux arbres des cultures. Les fortes pluies
provoquées par les calamités ont entrainé un développement et une prolifération du champignon qui est responsable de l’anthracnose. 42 % des parcelles d’igname sont concernées par la maladie.

En Guyane

La structuration

La filière n’est pour l’instant pas assez structurée pour organiser collectivement le transport, la collecte et le conditionnement des fruits et légumes à destination de la transformation, de la distribution ou de l’exportation, et de bénéficier des aides correspondantes.

Les productions en 2017

D’après les données AGRESTE, les principales productions de diversification végétales en Guyane en
2017, hors banane en 2017 sont l’ananas (7.200 t), la tomate (4 500 t) et la mangue (200 t).

En Martinique

La structuration

La filière des fruits et légumes est organisée autour de 7 organisations de producteurs :

  • GIE MHM (Maraîchers horticoles de Martinique) : 14 adhérents ;
  • SCA ANANAS MARTINIQUE : 25 adhérents ;
  • SCA VERGERS ET JARDINS TROPICAUX : 22 adhérents ;
  • SICA 2M – SICA DES MARAICHERS DE MARTINIQUE (anciennement association
    Caraïbes Exotiques) : 60 adhérents ;
  • COOPERATIVE HORTICOLE DE MARTINIQUE (CHM) : 43 adhérents ;
  • CHÂTEAU-GAILLARD : 5 adhérents ;
  • Caraïbes Melonniers : 24 adhérents (dont 4 en Martinique).

On dénombre également 2 groupements de producteurs pré-reconnus :

  • SICA FOND SAINT-JACQUES : 48 adhérents ;
  • SICA LA SALADIERE : 5 adhérents.

L’IMAFLHOR (Interprofession martiniquaise des fruits, légumes et produits horticoles) créée en 2010,
regroupe l’ensemble des acteurs de la production locale.

L’année 2017

D’après les données AGRESTE, les principales productions légumières et fruitières de la Martinique en
2017 sont la christophine (1.474), la tomate (1.145 t), la goyave (845 t) et l’ananas (660 t).

Comme en Guadeloupe, le passage de l’ouragan Maria a eu un impact sur les cultures fruitières et
légumières en Martinique. Une augmentation globale des prix a été constatée. Les fortes pluies qui ont suivi le passage de la tempête ont provoqué des dégâts importants sur les productions.

Notons que le chancre citrique (identifié depuis 2014 en Martinique) provoque des dégâts sur la
production d’agrumes et oblige à l’arrachage des arbres. Cela n’a cependant pas encore d’impact sur le volume de production d’agrumes.

A La Réunion

La structuration

La Réunion compte 9 structures organisées reconnues :

  • Anafruit : 71 adhérents ;
  • Association des vergers de l’Ouest : 9 adhérents ;
  • SCA Vivéa : 89 adhérents ;
  • SCA Terre Bourbon : 15 adhérents ;
  • SCA Fruits de La Réunion : 30 adhérents ;
  • SCA Ananas Réunion : 10 adhérents
  • SCA Myresi : 9 adhérents ;
  • SCA fruits et légumes de Bourbon : 29 adhérents ;
  • SICA Terre Réunionnaise : 185 adhérents.

Le nombre d’adhérents reste stable avec 447 producteurs depuis 2014.

L’année 2017

D’après les données AGRESTE, les principales productions de fruits et légumes à La Réunion concernent la tomate (16.412 t), et la pomme de terre (2 088 t) En 2017, les exportations de fruits (2 774
t) ont chuté drastiquement par rapport à l’année 2016 qui enregistrait une hausse de 30,8 % à cause de
conditions météorologiques qui n’ont pas permis une bonne floraison des arbres fruitiers, notamment
les letchis et les mangues.

La filière réunionnaise connait des difficultés du point de vue sanitaire :

  • La maladie du dépérissement de l’ananas (WILT) se développe à La Réunion et peut causer des
    dommages importants aux cultures ;
  • La présence de citrus greening depuis 2015 à La Réunion. Cela a eu un impact sur les
    rendements en 2017.

Le territoire a connu une faible récolte de litchi en 2017, cela explique la baisse de mobilisation de
certaines aides (restauration hors foyer, transformation et commercialisation hors de la région de
production).

A Mayotte

La structuration

La production est en cours de structuration avec l’émergence de coopératives ou d’associations de
producteurs, notamment la Coopérative des agriculteurs du centre (COOPAC) créée en 2009 et qui
regroupe maintenant une quarantaine d’agriculteurs. Cette structure fédère plus de la moitié de la
production formelle de Mayotte. De plus, un programme d’incitation à l’adhésion aux structures
collectives a aussi été mis en œuvre.

L’année 2017

Les productions de diversification végétale relèvent pour l’essentiel de la production vivrière,
maraichère et des arbres fruitiers. Ce secteur est essentiellement destiné à l’autoconsommation 12 .
D’après les données Agreste :

  • La production fruitière en 2017 (hors banane) est majoritairement représentée par l’ananas
    (3 750 t) et la goyave (343 t) ;
  • La production légumière en 2017 concerne principalement la tomate (809 t) et les poivrons et
    piments (46 t).

La filière Ylang-ylang

L’Ylang-ylang a longtemps été l’une des principales cultures de rente à Mayotte. D’après un état des
lieux de la filière Ylang à Mayotte mené par la DAAF, l’ylang-ylang est désormais cultivé par des
petits producteurs qui y consacrent des parcelles souvent supérieures à 1 hectare. La DAAF et le Conseil Départemental de Mayotte allient actuellement leurs efforts afin de faire émerger un pôle économique autour de l’ylang à Mayotte.

A Saint-Pierre-et-Miquelon

La production de fruits et légumes est réalisée essentiellement sous serres. Les principales productions sont la laitue, la tomate, le concombre et le poireau. À Miquelon, une petite production de pommes de terre de plein champ s’est développée.

Le développement des filières de l’élevage dans les départements et collectivités d’outre-mer est contraint par un certain nombre d’handicaps par rapport aux conditions rencontrées en métropole :

  • incidences négatives du climat tropical sur les performances d’élevage en raison de températures et de taux d’humidité élevés pendant une grande partie de l’année ;
  • existence de pathologies particulières liées au climat tropical : par exemple, présence de la tique sénégalaise aux Antilles – vecteur de transmission d’hémoparasitoses (piroplasmoses, cowdrioses) et de dermatophiloses.

Ces contraintes d’ordre bioclimatique, auxquelles s’ajoutent les handicaps liés à l’insularité sur le prix des intrants, ont pour conséquence des coûts de production élevés et un manque de compétitivité vis-à-vis des produits importés. Pour lever ces contraintes, un certain nombre d’actions sont menées par l’ODEADOM et l’Union européenne à travers des programmes de soutien aux diverses filières animales.

En Guadeloupe

Structuration

Une Interprofession Guadeloupéenne de la Viande et de l’Elevage (IGUAVIE) a démarré son activité en 2004.

Deux abattoirs agréés multi-espèces sont fonctionnels en Guadeloupe et couvrent les filières porcines, bovines et petits ruminants : l’abattoir du Moule, géré par la SAS GESTAG, concentre 96 % des abattages, et l’abattoir de Marie-Galante géré par la CCMG en assure 4%. L’abattoir de Sainte-Rose (CPG), spécialisé, dans l’espèce porcine a été détruit par un incendie en septembre 2013. Un abattoir a ouvert sur l’île de Saint-Martin en 2015. Cependant ce dernier a vu son activité ralentir enfin d’année 2017 lors du passage du cyclone Irma qui l’a impacté. L’abattoir a été contraint de fermer tout le mois de septembre, et a doucement redémarré avec des petits effectifs. En novembre, 4 animaux ont été abattus, puis 8 en décembre.

Pour les lapins et la volaille, la Guadeloupe compte quatre abattoirs privés, dont deux sont adhérents de l’IGUAVIE : Ferdu Volaille et Cunigua. Il existe aussi l’abattoir AGC Volailles dont l’actionnaire
principal est le provendier GMA.

La filière viande bovine

La Guadeloupe demeure en 2017 le DOM possédant le cheptel bovin le plus important avec un effectif déclaré de 49 687 têtes en 2017, ce qui représente une légère évolution de 0,9 % entre 2016 et 2017. Le nombre de détenteurs est lui aussi en progression puisqu’il est de 8 226 (+2,3 %). Cela représente donc une moyenne de 6 têtes par détenteur. Les élevages bovins en Guadeloupe sont représentés par de très petits élevages. Le nombre d’adhérents à une OP augmente de 13,8 % en 2017. Tous les groupements de producteurs bovins du département sont membres de l’IGUAVIE. Cependant, les abattages par les adhérents connaissent une diminution de 10,5 %. Cette filière est concernée par une désaffection de ses professionnels. De nombreuses exploitations sont aujourd’hui vieillissantes et non renouvelées par les jeunes générations. Actuellement, les professionnels travaillent sur un plan de relance de la profession.

Concernant les importations, elles sont en hausse de 3,4 % en 2017, face à un taux de couverture du
marché local qui diminue de 5,4 % pour atteindre 28 %.

La filière ovine et caprine

L’élevage de petits ruminants est traditionnellement important en Guadeloupe, avec un nombre élevé
de petits détenteurs. C’est un type d’élevage très familial. Le nombre de têtes pour cette filière relève
surtout de l’estimation informelle, puisque tous les animaux ne sont pas identifiés. Les abattages
contrôlés ne concernent qu’une part très réduite de la production locale à cause des pratiques
coutumières et rituelles de consommation.

Le nombre d’abattages pour l’année 2017 passe à 5,5 tec, ce qui correspond à une diminution de 12,8
%. La part des abattages réalisés par les adhérents est quant à elle en diminution de 33,4 % entre 2016
et 2017. Le seul groupement de producteurs du département est représenté par CABRICOOP. La baisse importante de la production est majoritairement liée au départ du technicien de l’organisation de producteurs. Celui-ci avait des missions essentielles à la vie de la structure telles que l’animation et le suivi administratif du réseau. Aujourd’hui, le conseil d’administration de CABRICOOP gère ces
fonctions avec difficulté, ce qui provoque un ralentissement de l’activité. De plus, les produits ovins-
caprins n’ont pas de problème d’écoulement hors groupement, ce qui ne favorise pas l’organisation des producteurs.

Concernant les importations, elles augmentent de 3,2 % et représentent 1 448 tec importés en 2017, face à un taux de couverture du marché local qui diminue de 15,4 % en s’établissant à 0,4 %.

La filière porcine

La filière porcine de Guadeloupe poursuit sa dynamique de croissance en 2017, avec des abattages de porcs atteignant 1 522 tec, soit une progression de 7,9 % par rapport à 2016. C’est l’une des rares filières en Guadeloupe à s’inscrire dans le cadre d’un progrès constant. L’essentiel de la production porcine au niveau du département provient des groupements de l’IGUAVIE. Les deux groupements sont représentés par Cooporg et Karukera porc. Les animaux abattus dans les abattoirs agréés proviennent à 93 % de ces organisations de producteurs, ce qui illustre un niveau élevé de structuration pour cette filière.

Les importations de porcs connaissent une légère diminution de 1 % en 2017, face à une couverture du marché local qui poursuit son augmentation (+6,7 %). En revanche, l’évolution tendancielle annuelle
sur la période 2009-2017 reste négative à -4 % par an.

La filière avicole

La volaille est la viande la plus consommée en Guadeloupe, pour un volume moyen de 30 kg équivalent carcasse par habitant et par an. Cette filière reste cependant relativement opaque, et il est difficile d’obtenir des données concernant l’abattage des animaux des abattoirs privés. Seule une structure transmet ses données. Les informations concernant les abattages départementaux sont basées sur des estimations. La part de production informelle en volaille est aussi très importante pour le département.

En 2017, les abattages comptabilisent 850 tec, soit une diminution de 14,3 % entre 2016 et 2017. Le
taux d’abattages des animaux pratiqués par les adhérents de l’interprofession baisse quant à lui de 32,7 %.

Le groupement AVICOOP a connu des difficultés internes en 2017. Ainsi, le peu d’éleveurs qui
bénéficiaient de l’aide POSEI en 2016 la perdent en 2017.

La filière œuf de consommation présente une baisse des importations de 25,3 % en 2017. La campagne de promotion des œufs lancée en 2016 à la suite d’une demande des professionnels, a cessé en 2017 puisque l’objectif d’une diminution des importations est atteint.

La filière cunicole

La filière cunicole est en perte de vitesse en Guadeloupe. Un travail de plan de relance est actuellement mené par la profession, avec notamment l’objectif d’une installation d’éleveurs dans le département. Ce manque de dynamisme se reflète dans la diminution continue des abattages depuis 2015, avec une baisse s’affichant à -12,9 % entre 2016 et 2017 et atteignant 14 tec.

La viande de lapin n’est pas populaire en Guadeloupe. Victime d’une mauvaise presse car elle est trop
couramment associée à une viande d’animal domestique. Les importations pour la filière augmentent
toutefois entre 2016 et 2017 avec 34 tec importés (+9 %), mais le taux de couverture du marché local
diminue de 14 % entre 2016 et 2017.

L’organisation de producteurs compte 11 adhérents, effectif stable depuis 2016, mais qui suit une
évolution tendancielle annuelle de -2,5 % sur la période annuelle.

La filière apicole

La mise en place de l’aide à la filière apicole date de 2010. La filière est aujourd’hui structurée autour
de l’OP SICA MIEL PEYI GWADLOUP. Les données sur le nombre de tonnes de miel produites
proviennent de l’association de producteurs APIGUA. En 2017, la production de miel a chuté de 26 %.
Cette baisse est due au passage des ouragans Irma et Maria qui ont fortement impacté la filière à la fin de l’année 2017. En effet, la majorité de la production a été perdue et un grand nombre de ruches ont été détruites. Longtemps après le passage des ouragans on dénote un stress des abeilles et de la
végétation. Ainsi la filière apicole est celle qui a été le plus touchée par les ouragans. Face à cela, on
observe une diminution du taux de couverture du marché local de 34,6 %, contrebalancé par une
augmentation des importations de 30,5 % entre 2016 et 2017.

En Guyane

Structuration

La région dispose en 2017 de 2 abattoirs, l’un localisé à Rémire (Cayenne) et doté d’un potentiel de 1
200 tonnes par an, et l’autre situé à Mana (au nord-ouest du département à 40 km de St Laurent du
Maroni), de bien plus petite capacité, et qui forme avec l’atelier de transformation des produits végétaux amazoniens, le pôle agroalimentaire de l’Ouest, mis en service à la fin de l’année 2014.

Filière bovine

La production de bovins allaitants en Guyane est très extensive, ce qui s’explique notamment par le
faible potentiel fourrager des prairies plantées ou semées. Le chargement standard des élevages guyanais est de 1,5 UGB /ha.

En 2017, le nombre de têtes du cheptel diminue légèrement de 1,9 % en comparaison avec 2016 et
s’élève à 18 582 têtes. Le nombre de détenteurs (330) restant stable, le nombre moyen de têtes par
diminue donc légèrement à 56 têtes.

Le tonnage abattu en 2017 augmente de 10,5 % par rapport à 2016, passant de 544 à 493 tec. Cette
évolution s’explique par un plus grand besoin d’écouler des stocks de bétails vieillissants. En Guyane,
de nombreux élevages de bœufs atteignent l’âge de 4 ans, alors qu’un maximum de 3 ans est
normalement requis pour la production de viande. Une meilleure coordination d’abattage pour la filière participe également à cette augmentation. L’ouverture de l’abattoir de Mana a permis de réduire les coûts d’abattage pour des producteurs situés à l’est de la Guyane et qui passaient jusqu’alors par des abattoirs non déclarés mais qui retournent donc sur le marché officiel.
Les importations de viande bovine s’élèvent en 2017 à 1 805 tec, soit +2,6 % par rapport à 2016.

Filière porcine

Le tonnage abattu diminue légèrement de -1,8 % en 2017. L’évolution tendancielle sur la période 2009-2017 indique toutefois une hausse de 1,9 % par an. La filière rencontre plusieurs difficultés qui
sont caractérisées par un faible capacité d’approvisionnement du marché local (17 % en 2017).
Concernant les importations, elles augmentent de +2,6 % entre 2016 et 2017.

Filière ovine-caprine

La filière des petits ruminants, peu organisée, connaît une augmentation de 38,1 % de ses tonnages
abattus sur l’année 2017. Celle-ci peut, au même titre que la filière bovine, être justifiée par une
meilleure coordination des abattages par les organisations de producteurs, qui amènent des producteurs non déclarés à intégrer le marché officiel. Les importations (248 tec) sont très importantes au regard du volume des abattages contrôlés et sont en hausse depuis 2014.
Cela étant, les soutiens aux ovins et caprins sont en hausse (+ 18,6 %) alors que le cheptel connait une
légère baisse de -1,9 % en 2017 du fait d’une augmentation de la productivité et des performances,
valorisées par les aides.

Filière avicole et cunicole

La filière avicole est atomisée avec un certain nombre d’ateliers d’abattage privés. Cependant, un projet de création d’abattoir d’ici à 3 ans afin d’unifier la filière est actuellement en cours. Ce projet fait partie du plan d’urgence de Guyane mis en place en 2016. Installé à Kourou, il présenterait une capacité d’abattage de 30 000 volailles par an. Pour alimenter correctement cet abattoir, il y aurait une nécessité de contractualisation avec au moins 8 producteurs. Face à cela, les abattoirs privés pourraient décliner progressivement.

La production locale de volaille de chair qui relève pour grande partie de l’économie informelle
bénéficie néanmoins du POSEI via des aliments aidés par le RSA.

Les importations de viande de volaille et de lapin (essentiellement constituées de poulet congelé) sont très importantes, atteignant 11 000 tonnes en 2017, en augmentation de près de 1,7 % par rapport à 2016.

La production d’œufs est en revanche mieux organisée autour de quelques producteurs importants qui peuvent commercialiser auprès des grandes et moyennes surfaces. La Coopération avicole CACG
rassemble entre 8 à 10 adhérents. La production, qui a atteint 12,4 millions d’œufs en 2017, est en légère progression (+1,7 %). Il existe pourtant une part de marché informelle importante avec des œufs produits au Surinam voisin. De même, une estimation établie par la DAAF comptabilise un nombre de 20 000 poules non déclarées. Ces modes de productions illicites représentent aujourd’hui un problème pour la Guyane car ils ne peuvent garantir les critères sanitaires suffisants et nécessaires au consommateur.

En Martinique

Structuration et panorama général

Une interprofession a été créée en 1992, à partir de coopératives spécialisées en élevage. Il s’agit de l’Association Martiniquaise Interprofessionnelle des Viandes (AMIV).

En 2017, le constat d’une évolution contrastée entre le secteur des ruminants (bovin viande, bovin lait
et ovin-caprin) et le secteur du hors sol (porc, volaille, lapin) se confirme pour la Martinique. De
nombreux facteurs sont à l’origine de cette évolution : les contraintes du foncier sur l’île impliquant une rareté et une cherté des terres, les aléas climatiques, mais aussi la durée d’engraissement des ruminants, les habitudes alimentaires. Ils amènent à une baisse tendancielle des productions depuis de nombreuses années.

A l’inverse, l’investissement dans des porcheries et des poulaillers respectant les normes en vigueur,
ainsi que la progression de la technicité et des performances pour ces filières, entraînent un
développement régulier de l’activité hors sol. Cependant, la politique de dégagement de produits
surgelés en provenance de l’Union européenne à bas prix vers les DOM reste un obstacle essentiel dans la poursuite d’une croissance régulière de ces activités.

Filière porcine

En 2017, les abattages effectués par les adhérents des deux coopératives augmentent de +20,3 % par
rapport à 2016 en atteignant 1.047 tec.

La production organisée représente 86 % de la production locale, en hausse de 8 points par rapport à
2016. Le nombre d’adhérents aux coopératives augmente légèrement pour atteindre 55 membres en
2017.

Les importations de porc sont de 3 092 tec en 2017, soit +2,1 % par rapport à 2016. Ainsi, le taux de
couverture du marché local par la production locale est de 28 %. L’évolution d’un point du taux de
couverture du marché local démontre la capacité de la production locale à augmenter plus rapidement que l’importation.

Filière volaille

La production de volailles de chair diminue pour la première fois après une croissance de huit années,
et atteint 1 652 tec en 2017 (-0,4 %).

Les importations sont de nouveau à la hausse (10 997 tec) en raison du dégagement de produits
européens à très bas prix.

Le taux de couverture du marché reste stable à 13%..

Filière viande bovine

En 2017, la filière bovine représente un cheptel de 41.105 têtes. Il est important de noter que la grande
majorité des détenteurs de bovins en Martinique est constituée de particuliers non professionnels.
Toutefois, les 8.905 détenteurs relevés pour l’année 2017 concernent uniquement des détenteurs actifs qui présentent au minimum un mouvement annuel dans la banque nationale d’identification (BDNI).

En 2017, Les abattages de bovins ont atteint 921 tec, affichant une baisse de -6% par rapport à 2016.
Cette diminution concerne essentiellement la coopérative, puisqu’elle connait une perte de 45 tonnes.
L’évolution tendancielle en baisse sur la période 2009-2017 (-2,7%), s’explique notamment par le
vieillissement des éleveurs et le manque de repreneurs. Par ailleurs, la profession pâtit, comme
précédemment évoqué, d’un manque de terres pour les pâtures du fait de la forte pression foncière que connaît l’île. Dans ces conditions, la reprise des exploitations représente le principal défi des filières bovine et ovine ce qui conduit la profession à mener une réflexion sur l’intensification de la production de fourrage afin d’augmenter le chargement moyen (1 UGB/ha en moyenne actuellement).

La part de l’abattage par les adhérents à l’organisation de producteurs membres de l’interprofession
diminue de 2 points par rapport à 2016 et atteint 38 % en 2017. Les importations progressent de +3,5 % en 2017 atteignant 3.867 tec. Enfin, la consommation en Martinique reste globalement stable face à une part de production locale qui ne couvre plus désormais que 19 % du marché local, ce qui correspond à une baisse de 8,6 % par rapport à 2016.

Filière bovin lait

Concernant la production de lait de vache, elle décroit de 14,9 % par rapport à 2016 et se situe à 231.134 litres en 2017. 6 éleveurs sont organisés au sein cette filière, et 5 sont bénéficiaires du POSEI. La filière lait est en difficulté depuis plusieurs années, et cela malgré l’existence d’aides publiques. Le faible revenu de base des éleveurs ne permet pas d’établir de grandes perspectives d’évolution pour cette filière. L’objectif est désormais de sauvegarder les cinq élevages en activité.

Filière petits ruminants (ovins-caprins)

De même que pour la filière bovine, les personnes considérées comme détentrices d’ovins et de caprins sont uniquement celles qui présentent au minimum un mouvement annuel dans la BDNI.

La filière affiche 42 tec de production contrôlée en 2017 (-17,6 %). La production par les adhérents de
la coopérative est quant à elle en baisse de près de 30 % (19 tec en 2017). La part de la filière organisée s’est ainsi repliée de 7 points pour atteindre 46 % des abattages contrôlés. Cela s’explique par des difficultés économiques que rencontrent la coopérative. Le potentiel de production du cheptel est maintenu, mais la diminution des performances des cheptels rustiques a entrainé une baisse des abattages. L’évolution tendancielle des abattages est de -3,9 % / an sur la période 2009-2017.

Face à une consommation locale augmentant de 9 % et un taux de couverture du marché local diminuant de 34,6 %, une hausse des importations de 1.164 tec (+9,7 %) est constatée pour la période 2017.

Filière cunicole

Le marché de la viande de lapin, appréciée pour ses qualités gustatives et diététiques, repose aujourd’hui sur 10 éleveurs adhérents à la coopérative, nombre qui s’est stabilisé depuis 2016.

Le nombre d’animaux abattus dont l’évolution tendancielle est en hausse (+1,5 % sur la période 2009-
2017) a néanmoins reculé de 24 % en 2017 par rapport à 2016 et atteint 34 tec. Cela s’explique par
l’arrêt de la production d’un élevage important. Et même si la productivité par cage mère est en hausse (35 kg en 2017 contre 28 kg en 2016), elle n’a pas permis de rattraper le différentiel de production.

A la suite d’une augmentation des importations, le taux de couverture du marché local a reculé de 21,3%.

A La Réunion

Structuration

Les professionnels se sont organisés au sein de deux interprofessions : l’Association Réunionnaise Interprofessionnelle pour le Bétail et les Viandes (ARIBEV), créée en 1975 pour la viande bovine, le lait et le porc, et l’Association Réunionnaise Interprofessionnelle de la Volaille (ARIV) qui a vu le jour en 1994 pour la volaille et qui a intégré plus tard l’élevage de lapins.

Filière bovins viande

L’effectif des cheptels connait une légère hausse en 2017 par rapport à 2016 (+0,2 %). Cependant, les
aides aux produits d’exigence cœur pays, sont en diminution (-7,78 %).

Entre 2012 et 2015, la filière a connu une baisse de production significative. Cela était notamment dû à
la présence d’une majorité d’animaux relativement âgés qui impactait le renouvellement cheptel. A
partir de 2016, les acteurs de la filière bovine ont mis en place un programme de relance, intitulé Révia+. Celui-ci s’inscrit sur le long terme et vise notamment à consolider la production grâce à une
préservation et un développement de l’élevage bovin viande, à s’adapter aux évolutions de marché et à répondre aux attentes des consommateurs. Une des stratégies majeures de ce programme est la réduction de l’abattage de génisses pour permettre une amélioration du renouvellement du cheptel.

En 2017, une hausse de la production totale, définie par les abattages contrôlés, est déjà constatée. Elle s’élève ainsi à 1 691 tec, ce qui représente une augmentation de 2,4 % par rapport à 2016. La production organisée connait elle aussi une hausse puisqu’elle passe à 1.585 tec (+4,8 %) en 2017.
Les objectifs pour la filière ne sont pas encore remplis, mais une progression est tout de même déjà
observable et quantifiable, et permet de faire remonter le taux de couverture du marché local d’un point.

Les tempêtes tropicales survenues à la suite de l’évènement climatique FAKIR en début d’année 2018, ont fortement impacté la filière, laissant ainsi présager une baisse de la production pour cette année-ci.

Filière bovins lait

En 2017, la filière laitière présente un effectif d’éleveurs à la baisse. Ce phénomène s’explique par des
départs à la retraite qui ne parviennent pas à être renouvelés. La production de lait atteint 18 804 000
litres en 2017 ; l’évolution tendancielle annuelle est légèrement à la baisse sur la période 2009-2017 (-
1,2 %).

Le taux de couverture du marché local diminue de 3,6 % en 2017. Les volumes produits et disponibles
au niveau local ne sont pas assez importants par rapport à la demande. Ainsi, les industries de
transformation de La Réunion n’utilisent que 30 % de lait local. Les importations augmentent ainsi de
16,1 % par rapport à 2016.

La filière est également concernée par la leucose bovine enzootique, une maladie qui touche uniquement les élevages de vaches laitières. Les professionnels de la filière indiquent que cela crée une image globale négative auprès des consommateurs, qui associent également cette maladie à la filière bovin viande, pourtant épargnée par la maladie.

Filière porcine

La production est en baisse pour l’année 2017 avec un total de 11 979 tec (-3,4 %). A l’inverse, les
importations sont en augmentations et passent de 11 164 tec en 2016 à 11 772 tec en 2017 (+5,4 %). La
production des adhérents de l’interprofession est elle aussi en baisse en 2017 affichant à 9 961 tec (-4,6 %).

Bien que le nombre d’éleveurs porcins soit stable depuis 3 ans, les professionnels de la filière prévoient la mise en place de nouveaux éleveurs à compter de 2019 dans le cadre d’un programme de redynamisation de la filière.

Le taux de couverture du marché local diminue à 46 % en 2017, perdant ainsi 2 points par rapport à
2016. L’évolution tendancielle sur la période 2009-2017 se positionne quant à elle à +0,4 %.
Le revenu de l’exploitation de référence diminue de 0,54 % en 2017 et s’établit à 28 510 €.

Filière volailles de chair

Les données chiffrées relatives à la volaille de chair ne concernent que le poulet de chair, l’élevage des autres espèces étant limité.

La part de la production organisée est de 100% de la production totale ; elle est appelée « production
maîtrisée » par l’interprofession.

En 2017, la production chute de 1,5 % avec 15 986 tec contre 16 233 tec en 2016. Cette diminution est
liée à une réorganisation du marché faisant suite à l’arrivée d’un nouvel abattoir au sein de
l’interprofession. La filière reste cependant très dynamique et bien structurée. La concurrence établie
par les produits de dégagement en provenance de l’Union européenne oblige la filière à s’adapter et se renouveler très rapidement.

Le taux de couverture de la production locale augmente de 4,3 % par rapport à 2016 et vient désormais couvrir 36,70 % du marché local. La filière bénéficie d’une communication efficace sur l’origine et la qualité de la viande locale, reconnues par les consommateurs. La volaille reste la viande la plus consommée à La Réunion. Les importations sont en baisse de 1,7 % avec 20 371 tec.

Le revenu de l’exploitation de référence connait une baisse de 4,98 % entre 2016 et 2017 après une
augmentation continue sur trois années.

Les deux enjeux que rencontrent la filière restent l’afflux de produits de dégagement ainsi que la
diversification de ses réseaux de distribution, collectivités et restauration.

Filière cunicole

La production cunicole a connu une période de surproduction en 2017 avec 200 tec, ce qui a engendré des difficultés d’écoulement des stocks disponibles. Cette surproduction a également entrainé une baisse considérable des importations en 2017 (-50,2 %). A l’inverse, la période 2017-2018 souffre désormais d’une sous-production. Cette production reste toutefois intéressante au vu du faible nombre d’éleveurs (23 en 2017). Seuls les éleveurs professionnels sont pris en compte.

Les informations transmises par les Interprofessions ARIBEV et ARIV indiquent que le revenu de
référence pour cette filière diminue de 16,6 % en 2017 et représente 10 276 €.

Filière apicole

La production apicole connait une diminution de sa production entre 2016 et 2017 de 47,8 %, après
avoir atteint un pic de production de miel en 2010 de l’ordre de 49 tonnes. La filière a été placée en état d’urgence avec l’arrivée du Varroa destructor, un acarien parasite des abeilles qui crée des taux de mortalité importants dans les ruches. Ce parasite qui n’impacte pas la qualité du miel, vient affecter de manière importante la production en quantité.

A Mayotte

Les filières animales mahoraises tentent de prendre une place sur le marché local. Toutefois, la filière
œuf échappe à cette situation puisqu’avec un faible nombre d’opérateurs cette filière a su s’organiser et la production couvre en grande partie les besoins locaux. Ainsi, la coopérative avicole de Mayotte
(COMAVI) localisée à Coconi regroupe une dizaine de producteurs d’œufs, où l’un concentre plus de
70 % de la production.

Le dernier recensement agricole de 2010, montrait que la production d’œufs locale à Mayotte était en
auto-suffisance, avec une consommation équivalente à 60 œufs par habitant, contre 250 en métropole. Toutefois, on observe actuellement une évolution des habitudes alimentaires chez les mahorais qui tendent à se rapprocher de celles de la métropole. D’après une note Agreste produite par la DAAF en Janvier 2018, les producteurs ne possèdent pour le moment pas de matériel adéquat pour répondre à cette demande croissante. Ainsi, sur le début de l’année 2017, le taux de couverture du marché local des œufs ne représente plus que 50 %.

A Saint-Pierre-et-Miquelon

L’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon a été fortement affecté par le moratoire canadien de 1992 sur la pêche à la morue. Dans ce contexte, une diversification des activités vers l’agriculture est recherchée notamment l’élevage.

Les productions principales sont l’œuf et le poulet de chair suivi par l’élevage ovin. L’existence d’un atelier de transformation de foie gras et d’une fromagerie a permis d’amplifier le développement agricole sur l’archipel.

L’élevage de ruminants requiert la réhabilitation des prairies (restauration de la fertilité des sols), la mise en place de clôtures ainsi que l’investissement (en cours) dans un abattoir multi-espèces.