Filières


La banane est produite dans les cinq départements d’outre-mer. Elle constitue l’une des principales ressources économiques de la Guadeloupe et de la Martinique. La filière banane contribue à une part importante des flux commerciaux vers la partie continentale de l’Union européenne en permettant notamment de générer un flux de marchandises retour.

La structuration

La filière banane a achevé sa structuration en 2012 en fédérant les planteurs au sein d’une seule OP par DOM :

  • en Guadeloupe : la SICA LPG « Les Producteurs de Guadeloupe », créée en 2006 ;
  • en Martinique : la SICA Banamart, créée en 2004, qui a intégré en son sein, à compter du 1er janvier 2012, la SICA Banalliance, créée en 1997.

La commercialisation de la production est assurée par l’Union des Groupements de Producteurs de Bananes de Guadeloupe et de Martinique (UGPBAN), qui fédère depuis 2003 les organisations de producteurs de bananes des Antilles françaises.

La production commercialisée

Le tonnage historique de référence (319 084 tonnes pour les Antilles correspondant aux années 2005 et 2006) n’a jamais été retrouvé. La production commercialisée en 2015 de 266 017 tonnes, en très légère baisse par rapport à 2014 (266 792 tonnes), est néanmoins à son maximum, sur la période 2007-2015, du fait de l’amélioration des rendements à défaut d’une augmentation des surfaces plantées.

La Guadeloupe est à son maximum historique à 73 582 tonnes en 2015, tonnage quasi identique à celui de 2014. Par contre, la Martinique avec 192 435 tonnes n’a pas encore retrouvé son tonnage historique de 2010 (199 411 tonnes).

Les incidents climatiques successifs (tempêtes tropicales, pluies de cendre, période de forte sécheresse) peuvent être une des causes de ces contreperformances mais c’est sans aucun doute la propagation de la cercosporiose qui pèse actuellement le plus sur les rendements et empêche les Antilles d’augmenter sa production, d’une part en augmentant les rendements, mais surtout, d’autre part en incitant à augmenter les surfaces plantées.

C’est d’ailleurs en Guadeloupe où le potentiel de production est le plus élevé dans la mesure où il y aurait plus de disponibilité foncière. Les professionnels de la Guadeloupe ont d’ailleurs défini en 2015 un programme « Cap 100 000 tonnes » qui vise à atteindre cet objectif à l’horizon 2020.

Le nombre d’exploitations

Le nombre de planteurs bénéficiaires de l’aide en 2015 (ayant donc commercialisé en 2014), 570 sur les deux départements Antillais producteurs, a diminué dans une proportion proche de l’évolution tendancielle annuelle depuis 2007, qui est de -2,9%.

En Guadeloupe, le nombre de planteurs bénéficiaires (190) poursuit la tendance à la baisse (-3,1% par rapport à 2014), après avoir connu une courte période de maintien en 2011 et 2012. L’évolution tendancielle sur la période 2007-2015 est de -1,1% en moyenne.

En Martinique, le nombre de planteurs bénéficiaires (380) a également baissé (-2,1%) alors que l’évolution tendancielle annuelle depuis 2007 est de -2,9%.

Toutefois, la réduction du nombre d’exploitation (-2,9%) est à mettre en lien avec l’augmentation de la taille moyenne des exploitations qui se poursuit pour atteindre 14 ha en 2015 (surface totale plantée en banane / nb de bénéficiaires), avec une évolution tendancielle de +3,7% par an depuis 2007.

Les surfaces plantées en banane

La surface plantée en banane diminue globalement aux Antilles de -1,4% entre 2014 et 2015, poursuivant la baisse entamée en 2013, alors que l’évolution tendancielle annuelle depuis 2007 est de +0,9%.

En Martinique, la baisse a été forte en 2014 par rapport à 2013, du fait des difficultés rencontrées par les planteurs avec la propagation de la cercosporiose noire et les contraintes réglementaires dans la lutte phytosanitaire, auxquelles se sont ajoutés les dégâts occasionnés par la tempête tropicale Chantal de 2013. La baisse de 2015 par rapport à 2014 est plus modérée (-1,0%). En revanche, la surface plantée en Guadeloupe baisse fortement en 2015 par rapport à 2014 (-2,4%) amplifiant la diminution de 2014. La Martinique a subi des pertes de production due à la propagation de la cercosporiose noire qui semblait être sous contrôle. Enfin, la Guadeloupe a également souffert d’une sévère période de sécheresse de mi-avril à mi-août 2015.

Les rendements continuent d’augmenter

Les efforts réalisés par la profession en matière de recherche et de développement ont permis une augmentation sensible des rendements moyens entre 2007 et 2015. La moindre augmentation du rendement des dernières années réduit l’évolution tendancielle annuelle à +4,4%. L’évolution de la Guadeloupe (+4,9%) et de la Martinique (+4,2%) sont proches, malgré le décrochage de la Martinique de 2013 dû au développement de la cercospiose et aux effets de la tempête tropicale Chantal.

Globalement sur les Antilles, le rendement moyen de 26 t/ha retenu dans le programme est ainsi dépassé depuis 2009, et atteint 33,4 t/ha planté (hors jachère) en 2015. Le rendement moyen de 35,9 t/ha en Guadeloupe constitue un record historique pour les Antilles.

La situation de la cercosporiose noire

La cercosporiose noire (ou Maladie des Raies Noires, MRN) a été détectée en septembre 2010 en Martinique puis en janvier 2012 en Guadeloupe.

En Martinique, la maladie s’est très rapidement installée et semblait être plus sous contrôle en 2015, grâce à la mise en œuvre de nouvelles techniques de lutte phytosanitaire.

En Guadeloupe, le dispositif de surveillance mis en place a permis une détection très précoce de la maladie. Des mesures de contrôle ont rapidement été mises en œuvre et ont permis d’en ralentir la progression. Même si la maladie a maintenant été détectée sur une grande partie du territoire et ses effets commencent à se faire sentir de façon plus significative en 2015.

La lutte contre la MRN est contrainte par le faible nombre de matières actives homologuées au niveau européen (en comparaison avec les autres zones de production de bananes) et par l’interdiction du traitement aérien.

L’arrêté ministériel du 15 septembre 2014 marque l’interdiction des épandages aériens sur la banane. Les producteurs ont depuis généralisé la pratique de l’effeuillage et développé différents dispositifs de traitement par voie terrestre.

Plusieurs travaux de recherche sont actuellement menés, notamment en partenariat avec les organisations de producteurs, pour trouver des alternatives au traitement aérien ainsi qu’à la lutte chimique : traitements à l’aisselle des feuilles, traitement mécanisé par voie terrestre Optiban, évaluation en Martinique d’un prototype de lutte non chimique étudié en République dominicaine dans le cadre du projet Interreg BDC, d’un système de plantation mixte papayer-bananier et des effets d’éliciteurs (activateurs) de défense naturelle.

Une banane durable

Le Plan « Banane durable 1 » a été mis en œuvre sur la période 2008-2013 sur les deux territoires des Antilles. Il s’inscrivait dans la poursuite d’actions menées sur la période 2000-2006 de façon dispersée en Guadeloupe et Martinique.

Le Plan « Banane durable 1 » était décliné en cinq axes opérationnels : mobilisation de la recherche, validation des résultats de la recherche et mise à disposition des producteurs, transfert des compétences à tous les planteurs, mesures d’accompagnement des planteurs, amélioration de l’image et de la mise en marché. Un sixième axe s’est ajouté en 2011 : la diversification et la valorisation de la filière banane.

Ce plan a permis d’aboutir aux principaux résultats suivants :

  • création de l’ITBAN en 2008, devenu l’institut technique tropical (IT²) en 2010, pour les activités de recherche & développement ;
  • sélection d’une variété de bananier résistante à la cercosporiose noire (CIRAD 925) ;
  • mise en place et déploiement de plateformes de diffusion d’innovations techniques ;
  • mise au point et diffusion de nouvelles pratiques culturales utilisant peu d’intrants et incluant des plantes de services ;
  • homologation de nouveaux produits dont 3 bio-pesticides, prototype de traitements terrestres ;
  • amélioration de la qualité en exploitation (formation avec 480 000 heures stagiaires réalisées, certification BANAGAP couvrant 80% de la production martiniquaise et 65-70% de la production guadeloupéenne en 2012, contrôles qualité, organisation de la collecte des déchets,…) ;
  • accompagnement de la modernisation des exploitations (développement de la plantation en vitro plants, rénovation des stations d’emballages et amélioration des conditions de travail, travaux d’irrigation et de voirie) ;
  • développement d’outils de communication et d’animations, notamment à destination des consommateurs métropolitains (utilisation du logo RUP) ;
  • initialisation des démarches de diversification : produits de beauté et moelleux de banane.

Dans la continuité du plan « Banane durable 1 », déployé pour la période 2008-2014 par le Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, les producteurs s’apprêtent à lancer, avec le soutien des autorités régionales et nationales, le plan « Banane durable 2 ». Son objectif global est de renforcer la compétitivité et la durabilité de la filière, tout en inscrivant son évolution dans les perspectives de l’agro écologie déclinée dans sa triple dimension, économique, environnementale et sociale.

L’élaboration du plan « Banane durable 2 » s’est trouvée freinée en 2015 en raison de l’approbation tardive des plans de développement ruraux par la Commission européenne (17 novembre 2015) et du renouvellement des exécutifs régionaux en décembre 2015.

Une commercialisation tournée vers la métropole et les autres marchés de l’U.E.

Selon les années, 98 ou 99% de la production de banane de Guadeloupe et de Martinique commercialisée est destinée à l’export. Les principaux marchés de la banane des Antilles demeurent la métropole (75,0% des volumes) et les autres pays européens, en particulier l’Allemagne, gros consommateur dont le marché est très concurrencé.

Selon l’observatoire des fruits du CIRAD, le marché en 2015 est caractérisé par une contractualisation accrue avec les opérateurs de la distribution, une consommation en hausse au niveau européen (en France la consommation stagne à 8,6 kg par habitant contre 11,5 kg dans l’Union européenne) mais également par une augmentation de l’offre. Aussi le prix moyen au détail de la banane produite par la France est modérément à la hausse (1,65 €/kg) en prix courant, mais quasi constant en prix par rapport à 2014.

Le prix à l’importation de la banane française a en revanche subi une augmentation constante atteignant 0,72 €/kg. La volatilité des prix sur le marché français comme sur le marché allemand, connait une chute importante depuis 2012.

Le prix moyen global toute provenance a augmenté sensiblement en 2015, passant de 0,62 à 0,65 €/kg mais est resté stable pour les RUP, principalement du fait de la baisse du prix des bananes en provenance des Canaries, pour l’essentiel vendues en Espagne, lequel prix est néanmoins toujours au niveau le plus élevé. Le prix moyen des importations en provenance des Antilles a progressé pour atteindre 0,59 €/kg, niveau historiquement le plus haut. Contrairement à la banane des Canaries qui bénéficie d’un marché relativement peu ouvert, la banane des Antilles est fortement concurrencée par les bananes en provenance des pays ACP ou de la zone dollar, sur le marché français mais aussi sur les marchés belges et allemands qui absorbent environ 25% de la production française.

L’augmentation globale du marché (+2,9%) a surtout bénéficié aux importations en provenance de la zone dollar (+4,2%) alors que les approvisionnements en provenance des pays ACP ont légèrement baissé (-0,4%), en particulier des pays de la zone Caraïbes.

 

La filière canne joue un rôle important dans l’économie agricole des départements d’outre-mer (hors Mayotte) en termes de complémentarité entre les productions agricoles. Elle contribue fortement au maintien des emplois dans les bassins agricoles ainsi qu’au maillage du territoire par ses unités industrielles ; elle est un atout majeur quant à la durabilité de la production agricole par :

– la protection des sols contre l’érosion ;

– la préservation de l’environnement par un usage restreint des intrants ;

– l’approvisionnement en énergie renouvelable (bagasse pour les centrales à charbon) et le développement des bioénergies (méthane et à terme production directe d’électricité).

Guadeloupe

En Guadeloupe, la campagne cannière 2015 s’est déroulée dans de bonnes conditions climatiques et bénéficie des replantations effectuées depuis 2013. La production de canne, 661 080 tonnes, reste à un niveau élevé, légèrement inférieur à 2014 (-0,9%).

La production de sucre est assurée par l’usine de Gardel au Moule, qui est couplée à une centrale électrique thermique bagasse-charbon, et par l’usine sucrière basée à Grand-Bourg sur l’île de Marie-Galante. Depuis 2012, l’approvisionnement de l’usine de Marie-Galante a été compromis par des difficultés mécaniques.

Les tonnages de cannes broyées sont équivalents à ceux de 2014 (-0,2%). La sucrerie de Gardel a broyé 85% des cannes et la Sucrerie-Rhumerie de Marie-Galante 15%.

La production de sucre (61 084 tonnes équivalent sucre blanc) est en augmentation de +3,1% par rapport à 2014, permise par une richesse saccharine (9,36%) exceptionnelle. La production est ainsi à son plus haut niveau depuis 2008.

Le rendement sucrier atteint son plus haut niveau en 2015 à 5,99 tonnes équivalent sucre blanc par hectare, en hausse de 23,7% par rapport à 2014. L’évolution tendancielle demeure à la baisse (-0,1%).

Les exportations de sucre fléchissent en valeur en 2015, en dépit d’une augmentation des volumes exportés, notamment vers l’Europe. Le tonnage de canne transportée aidée est en baisse de -2,3%, au-delà de la baisse de production de canne (-0,9%), et la part du volume de canne aidée connait une diminution de -1,5%, à 95,2%.

Le nombre de 2 800 bénéficiaires est en baisse (-1,6%) mais en deçà de l’évolution tendancielle depuis 2007 qui est plus marquée (-2,4% par an).

Le rhum agricole est produit, dans ce département, par 9 distilleries, dont 3 sont implantées à Marie-Galante.

Après une année record en 2014, la production totale de rhum continue de progresser en 2015 (+0,9%), pour atteindre 78 161 hl d’alcool pur (HAP). La production de rhum agricole est quant à elle en diminution de -2,6% à 40 797 HAP, et représente 52,2% de la production totale, soit un recul de 2 points. Sur la période 2007-2015, l’évolution tendancielle de la production de rhum se confirme nettement à la hausse pour le rhum agricole (+3,9% par an en moyenne) et positive pour l’ensemble des rhums (+0,8%).

Les exportations de rhum progressent plus modérément en 2015 par rapport à l’année précédente, +3,1% pour le rhum industriel et +7,5% pour le rhum agricole.

Guyane

La production de la campagne de 2015 constitue une année de référence en termes de production de canne. Le volume produit est de 4 989 tonnes de cannes manipulées.

Aucune unité de production sucrière n’est implantée en Guyane, la canne à sucre est exclusivement destinée à la production de rhum agricole.

Le nombre de bénéficiaires a doublé par rapport à 2014 avec 14 producteurs aidés. Cette progression est due à l’organisation et à la structuration des planteurs autour de l’unique usine du département.

La production de rhum agricole se limite à une seule distillerie basée à Saint-Laurent du Maroni. La distillerie a terminé fin 2014 d’importants travaux de modernisation débutés en octobre 2012 dans un objectif de développement quantitatif et qualitatif de sa production. Elle a ainsi acquis un nouveau broyeur, construit une station d’épuration et un chai de vieillissement.

L’année 2015 constitue ainsi une année de référence tant pour les livraisons de canne (4 989 tonnes) que pour la production de rhum agricole (2 689 HAP).

La remise en culture d’une production de canne en site propre par la distillerie et les investissements réalisés, visent à développer la production de rhum agricole. La majorité de la production est destinée à un marché local fortement concurrencé, par le rhum martiniquais notamment. Les exportations devraient quant à elle augmenter, grâce à l’amélioration qualitative du rhum produit et à la valorisation dorénavant possible en rhum vieux.

Martinique

La campagne cannière martiniquaise de 2015 a bénéficié de conditions climatiques favorables qui ont permis une amélioration des rendements. Ainsi malgré une surface plantée en canne quasi-stable (+0,1%), la production de cannes (207 507 tonnes) a augmenté (+24,3%) en 2015 par rapport à 2014.

Sur le long terme, la surface cannière et la production de cannes sont tendanciellement en baisse, et les apports sont plutôt préservés pour les distilleries au détriment de la sucrerie.

En Martinique, une seule usine sucrière est en activité, l’usine du Galion à la Trinité.

La production de sucre poursuit son rebond initié en 2014 après quatre années consécutives de baisse. La production s’élève ainsi en 2015 à 2 868 tonnes, soit une progression de +18,1% par rapport à l’année précédente.

L’augmentation de la production s’explique en partie par le tonnage de cannes livrées à la sucrerie en hausse de +17,5% à 46 605 t, ainsi que par l’amélioration de la richesse saccharine des cannes. Elle tient également de l’amélioration du processus industriel (automatisation et entretien approfondi) qui a permis d’améliorer le rendement de la sucrerie du Galion.

La productivité moyenne en sucre des surfaces de canne en forte progression en 2015 à 3,19 tonnes de sucre par hectare (+24,9%), reste à un niveau faible en comparaison de la Guadeloupe (5,99 tonnes) et de La Réunion (8,45 tonnes).

La production de rhum agricole est assurée par 7 distilleries réparties de manière homogène sur l’ensemble du territoire. Elles sont toutes bénéficiaires de l’aide.

L’augmentation des volumes de canne destinées aux distilleries (+26,5% par rapport à 2014) ainsi que l’amélioration de la richesse en sucre des cannes, conduisent à une hausse de la production de rhum agricole à 89 203 HAP (+24,7%). La production de rhum industriel (à partir de la mélasse des sucreries) est en augmentation de 41,7% en 2015 après deux années de forte diminution. La proportion de rhum agricole dans la production totale de rhum est de ce fait en baisse en 2015, mais demeure à un niveau très élevé (90,3%).

 La consommation locale progresse de +1,9% en 2015. Cette augmentation concerne essentiellement les ventes de rhum industriel. Les exportations de rhum agricole progressent également (+3,0%) à 65 053 HAP. Le rhum agricole représente 82,5% de ces exportations. La demande à l’export est aujourd’hui satisfaite grâce à une mobilisation des stocks, mais des difficultés d’approvisionnement pourraient apparaitre dans les années à venir si les volumes de cannes broyées ne parvenaient pas à se maintenir.

La Réunion

En 2015 la campagne cannière s’inscrit en hausse par rapport à 2014, avec une production de canne en progression de 7,5%, à 1 896 104 tonnes. Toutefois, ce bon résultat est tempéré par une baisse de la richesse saccharine des cannes. En effet, le climat très pluvieux a entrainé une hausse des tonnages mais des richesses faibles (en moyenne 13,28, en dessous de la moyenne décennale) qui n’a permis qu’une hausse de 2,7% de la production de sucre. La campagne 2015 renforce l’évolution tendancielle à la hausse sur la période 2007-2015 de la plupart des indicateurs (+0,1% pour la production de canne, +1,1% pour la production de sucre) à l’exception de la surface cannière qui connait une baisse tendancielle annuelle moyenne de -0,5%.

Les 2 usines de Bois rouge et du Gol, couplées à des centrales électriques thermiques bagasse-charbon, assurent la production sucrière qui représente l’essentiel du débouché de la production de canne à sucre.

La production de sucre s’établie à 201 181 tonnes équivalent sucre blanc, en progression de +2,7%. Les livraisons de cannes aux sucreries qui atteignent 1 896 104 tonnes ont augmenté dans une plus large mesure (+7,5%).

Les exportations de sucre s’inscrivent en baisse en 2015 (-16,5%).

La production de rhum de 86 753 HAP est en forte baisse (-15,4%) par rapport à 2014, à son niveau le plus bas sur la période 2007-2015. Sur cette période, l’évolution tendancielle moyenne est à la baisse (-2,3% par an). La quantité de rhum agricole est marginale (370 HAP), elle ne représente que 0,4% de la production de rhum totale.

Les exportations se contractent de moitié en volume et d’un tiers en valeur en 2015. La consommation locale est également orientée à la baisse, avec une diminution de 18,4% de volume de rhum consommé. Parallèlement, les stocks augmentent de 12,0%.

 

Les productions de diversification végétales ultramarines comprennent les filières fruits et légumes, viticole, riz, horticole, plantes aromatiques, à parfum et stimulantes (café).

En Guadeloupe

La structuration

L’interprofession IGUAFLHOR a renouvelé sa gouvernance (président et Conseil d’administration) venant ainsi conforter la structuration de la filière.

La Guadeloupe compte 4 organisations de producteurs reconnues bénéficiaires du POSEI en 2015 : la SICA Caribéenne de Fruits et Légumes (SICACFEL à Saint-François), reconnue organisation de producteurs au 1er janvier 2014, Caraïbes Melonniers (Le Moule), la SICAPAG (Petit-Bourg) et la SICA des Alizés (Basse-Terre). Ces organisations professionnelles regroupent 127 producteurs, nombre stable depuis 2014. L’évolution tendancielle du nombre des producteurs sur la période 2007-2015 est positive à +5,1% par an en moyenne.

La production de fruits et légumes en 2015

La Guadeloupe a connu entre mi-avril et mi-août 2015 un épisode de sécheresse qui a impacté tous les secteurs agricoles et particulièrement le secteur maraicher. L’effet de la sécheresse a conduit à une baisse de production, qui a été compensée seulement partiellement par les importations.

La production de fruits et légumes est estimée en 2015 (DAAF Guadeloupe) à 29 497 tonnes hors banane (-18,8% par rapport à 2014), dont 24 849 tonnes de légumes (-22,7%) et 4 648 tonnes de fruits (+11.3%).

Les importations et exportations

Les importations de fruits et légumes locaux (hors banane) sont chiffrées par les services des Douanes à hauteur de 13 982 tonnes, et les exportations à 2 190 tonnes. Le marché local est estimé à 41 289 tonnes. Le taux de couverture du marché local en fruits et légumes locaux est en forte diminution de 71%, dont diminution respectivement de 60% pour les légumes (84% en 2014) et 11% pour les fruits locaux (46% en 2014).

En Guyane

La structuration

La filière n’est pour l’instant pas assez structurée pour organiser collectivement le transport, la collecte et le conditionnement des fruits et légumes à destination de la transformation, de la distribution ou de l’exportation, et de bénéficier des aides correspondantes.

Focus sur la filière rizicole

Depuis 2010, la filière rizicole est en grande difficulté, avec notamment le phénomène d’érosion marine et un nombre limité de matières actives phytosanitaires homologuées. En 2011, la tentative de reprise de la production a été freinée par des difficultés administratives. L’année suivante, l’activité a été quasi inexistante. Concernant 2013, une nouvelle société a été créée et a mis près de 1000 ha en culture. En 2014, la production a atteint 646 t pour une surface cultivée de 870 hectares. En 2015, la production a atteint 884 tonnes (+36,8%).

En Martinique

La structuration

Une structure interprofessionnelle, l’IMALFLHOR (Interprofession martiniquaise des fruits, légumes et produits horticoles) a été créée en 2010 afin de soutenir la production locale et d’en assurer le développement.

La filière des fruits et légumes est organisée autour de 9 organisations de producteurs et compte un nombre d’adhérent en forte diminution :

  • 3 groupements de producteurs pré-reconnus (la SICA Château Gaillard crée fin 2011, et les SICA Fonds Saint-Jacques et SICA La Saladière) qui regroupent 58 adhérents.

–          6 organisations de producteurs reconnues (Caraïbes Melonniers (Antilles)), la SCA Ananas Martinique, le GIE MHM, la SCA des Vergers et Jardins Tropicaux, l’Association Caraïbes Exotiques et la Coopératives Horticole de Martinique (CHM, nouvelle organisation de producteurs reconnue fin 2015) regroupent 168 adhérents.

L’année 2015

L’année 2015 est la deuxième année consécutive de conditions climatiques favorables après l’année 2013 impactée par les effets de la tempête Chantal.

A La Réunion

La structuration

La Réunion compte, en 2015, 9 structures organisées reconnues : Association les Verges de l’Ouest, SCA Vivéa, SICA Terre Réunionnaise, Anafruit, SCA Terre Bourdon, SCA Fruits de La Réunion, SCA Ananas Réunion, et reconnues depuis le 1er janvier 2014 SCA Myresi et SCA fruits et légumes de Bourbon.

Le nombre d’adhérent est stable à 447 producteurs depuis 2014.

Panorama général

Selon les données de l’IEDOM de La Réunion, la production globale en fruits, légumes et tubercules représente 128,8 millions d’euros en 2015, en légère baisse (-0,5%) par rapport à 2014.

La culture légumière, concentrée sur les légumes frais, tient une place stratégique pour l’autosuffisance alimentaire de l’île. La surface agricole dédiée à cette culture est plutôt stable depuis 2010, avec 2 400 ha en 2014 (SAA).

L’année 2015

En 2015, la production permet de couvrir 73% des besoins du marché local, tandis que les importations de légumes frais sont en progression de 12,8% à 25 318 tonnes.

Les cultures fruitières occupent près de 7% de la SAU, soit 2 900 ha. La production locale de fruits qui se compose de plus de 40 variétés différentes, couvre 69% du marché local. En 2015 les importations de fruits frais s’élèvent à 19 097 tonnes, soit une diminution de -4,8% par rapport à 2014. Les exportations sont en hausse (+4,4%) avec 2 762 tonnes, grâce à l’ananas.

La filière vanille

La filière vanille regroupe plus d’une centaine de producteurs et s’organise au travers de plusieurs coopératives, préparateurs ou transformateurs (SCA Provanille, la Vanilleraie, Royal Bourbon Industries) qui assurent la transformation de la vanille et sa commercialisation. La production est répartie sur les communes de Sainte-Rose et de Saint Philippe.

La filière plantes à parfum, aromatiques et médicinales

La production de géranium et autres huiles (vétiver, baie rose, …) est regroupée dans la Coopérative Agricole des Huiles Essentielles de Bourbon (CAHEB), créée afin d’organiser les conditions de production. Elle regroupe la quasi-totalité des producteurs et assure l’encadrement technique, la collecte des produits et leur commercialisation sur les marchés extérieurs.

A Mayotte

Les productions de diversification végétale constituent les seules cultures de Mayotte, et relèvent pour l’essentiel de la production vivrière et familiale. Plus de 2 770 agriculteurs sont recensés au centre de formalités des entreprises relevant de la Chambre d’agriculture. La DAAF fait état de 900 exploitations agricoles en 2010 qui occupent une superficie totale de 4 700 hectares. Dans son mémento agricole de 2015, Agreste Mayotte identifie une SAU de 7 092 hectares dont 3 664 ha dédiés aux légumes, 2 167 aux tubercules et 1 026 aux cultures fruitières, la répartition des surfaces par culture étant rendue délicate par les pratiques traditionnelles de cultures associées.

La production commercialisée est pour l’essentiel les surplus de la production domestique.

La structuration de la production est néanmoins à l’œuvre avec l’émergence de coopératives ou associations de producteurs. La Coopérative des agriculteurs du centre (COOPAC) qui regroupe une trentaine d’agriculteurs peut être citée en exemple (source IEDOM).

 Les Cultures de plantes aromatiques et à parfum occupent une surface relativement faible (173 ha) mais génèrent une activité de transformation autour de la vanille et surtout de l’ylang-ylang.

A Saint-Pierre-et-Miquelon

La production de fruits et légumes est réalisée essentiellement sous serres. Les principales productions sont la laitue, la tomate, le concombre et le poireau. À Miquelon, une petite production de pommes de terre de plein champ s’est développée.

Le développement des filières de l’élevage dans les départements et collectivités d’outre-mer est contraint par un certain nombre d’handicaps par rapport aux conditions rencontrées en métropole :

– incidences négatives du climat tropical sur les performances d’élevage en raison de températures et de taux d’humidité élevés pendant une grande partie de l’année ;

– existence de pathologies particulières liées au climat tropical : par exemple, présence de la tique sénégalaise aux Antilles – vecteur de transmission d’hémoparasitoses (piroplasmoses, cowdrioses) et de dermatophiloses.

Ces contraintes d’ordre bioclimatique, auxquelles s’ajoutent les handicaps liés à l’insularité sur le prix des intrants, ont pour conséquence des coûts de production élevés et un manque de compétitivité vis-à-vis des produits importés. Pour lever ces contraintes, un certain nombre d’actions sont menées par l’ODEADOM et l’Union européenne à travers des programmes de soutien aux diverses filières animales.

En Guadeloupe

Structuration

Une Interprofession Guadeloupéenne de la Viande et de l’Elevage (IGUAVIE) a démarré son activité en 2004.

Deux abattoirs agréés multi-espèces sont fonctionnels en Guadeloupe et couvrent les filières porcines, bovines et petits ruminants. L’abattoir de Sainte-Rose (CPG) spécialisé dans l’espèce porcine qui avait été détruit par un incendie en septembre 2013 n’est plus opérationnel. L’abattoir du Moule, géré par la SAS GESTAG, concerne 96% des abattages, et l’abattoir de Marie-Galante géré par la CCMG en assure 4%.

Pour les lapins et la volaille, la Guadeloupe compte quatre abattoirs privés, dont deux sont membres de l’IGUAVIE : Ferdu Volaille et Cunigua.

L’abattoir de Galéan situé à Gourbeyre (Basse-Terre) et créé par le Conseil régional, n’était pas opérationnel à fin 2015.

La production de viande des abattoirs agréés est de 3 476 tonnes, en baisse par rapport à 2014, et ne couvre que 13% du marché total de la viande (y compris la viande congelée (93,4% des importations)) et 72% du marché de la viande fraiche (hors abattages non contrôlés qui concerne surtout la volaille et les lapins produits dans les cercles familiaux).

La filière viande bovine

La Guadeloupe demeure le DOM ayant le cheptel bovin la plus important, avec 58% du cheptel cumulé de Guadeloupe, Martinique et La Réunion.

Le cheptel déclaré est de 49 687 têtes en 2015 en légère progression (+0,7%) par rapport à 2014 et le nombre de détenteurs est en progression (+7,5%) à 7 786 soit une moyenne de 6 têtes par détenteurs.

Le nombre d’adhérents à l’interprofession reste limité (572) mais néanmoins en augmentation. Les adhérents relèvent de trois groupements d’éleveurs : la SICA Cap viande, la SICA PEBA et la COOPEMAG (nouvelle coopérative) ainsi qu’une coopérative de sélection génétique pour la race créole (Sélection Créole).

Les abattoirs de Guadeloupe ont traité 1 642 tonnes de viandes bovines en 2015, en diminution par rapport en 2014 (-5,8%), s’inscrivant dans l’évolution tendancielle à la baisse de -2,0% par an depuis 2007.

La part de la production issue des OP dans les abattages contrôlés est de 26% (489 tonnes), une proportion dans la moyenne des dernières années, mais qui montre que les détenteurs de bovins n’entrent pas dans une logique de structuration de filière.

Les importations sont en forte hausse et s’élèvent à 3 466 tonnes dont 855 t de viande fraiche (25%).

La part de la production locale, 32% du marché de la viande bovine (fraiche et congelée), poursuit son recul depuis 2013. Le taux de couverture de la consommation de viande fraiche est de 68% également en recul, malgré le recul de la consommation dont l’évolution tendancielle est à la baisse depuis 2007.

La filière ovine et caprine

L’élevage de petits ruminants est traditionnellement important en Guadeloupe mais mal connu, avec un nombre très important de petits détenteurs. Les abattoirs contrôlés ne concernent qu’une part très réduite de la production locale à cause des pratiques coutumières et rituelles de consommation.

Aussi, le tonnage des abattoirs qui correspond au volume commercialisé par les organisations de producteurs est limité et reste quasi constant, autour de la dizaine de tonnes en équivalent carcasse, pour 92 adhérents. En 2015, 22 adhérents ont fait abattre pour un total de 8 tec (1,8 tec ovin et 6,2 tec caprin.)

Les importations de viande sont très importantes, 1 131 tonnes de viande ovine et 242 tonnes de viande caprine, soit un total de 1 373 tonnes en 2015, en diminution de -11% par rapport à 2014. Les importations de viande fraiche se sont élevées à 111 tonnes.

Le taux de couverture du marché ovin/caprin par la production locale est très faible, et s’élève à moins de 1%. Le marché de viande fraiche est un peu mieux couvert avec un taux de 6%. Toutefois ces chiffres ne tiennent pas compte du marché informel, et sont certainement plus élevés en réalité.

La filière porcine

Le nombre de truies détenues par les adhérents d’OP s’élève à 1 265 en 2015, en progression par rapport à 2014 (+9,6%).

En 2015, 16 572 porcs ont été abattus, correspondants à 1 199 tec, en légère baisse de -3,8% par rapport à 2014. Le poids moyen de carcasse par animal abattu, de 72 kg en 2015, est en baisse depuis 2013.

Le tonnage abattu dans les abattoirs agrées provient à 92% des organisations de producteurs.

Les importations de porc ont fortement augmenté (+12,2%) en 2015, pour atteindre 3 069 tonnes dont seulement 58 tonnes en frais.

Aussi la production locale couvre 95% du marché local en produit mais seulement 28% du marché total de la viande porcine.

La consommation annuelle de viande porcine (congelée, fraiche, salée, séchée ou fumée) est en augmentation (+7,2%) et avoisine les 13 kg/habitant par an depuis 2011.

La filière avicole

La filière de volailles de chair n’est plus organisée depuis l’arrêt de l’abattoir d’AVICOOP qui avait une activité quasiment nulle depuis 2010. Le nouvel abattoir de Gourbeyre n’a pas encore démarré son activité en 2015.

Les importations sont de fait très importantes. Elles s’élèvent à environ 12 878 tonnes en 2015, en progression continue, à plus de 98% en produits congelés.

La volaille est la viande la plus consommée avec 33 kg/habitant et par an.

La filière œufs n’est pas organisée, même si la production locale est estimée à un niveau relativement élevé, compte tenu du niveau des importations qui bien qu’en augmentation depuis 2012 restent au niveau des années 2008-2011. La production locale peut être estimée entre 45 et 50 millions d’œufs, en considérant les volumes produits entre 2007 et 2012.

La filière cunicole

En 2015, la production de lapin s’élève à 21 tec. Ces volumes correspondent à la production de l’OP, qui assure l’ensemble de la production locale. L’organisation de producteurs compte 16 adhérents.

Les importations s’élèvent à 32 tonnes. Le taux de couverture du marché par la production locale s’élève à 40% en recul par rapport à 2014 (44%).

La consommation de viande de lapin est marginale avec une évolution tendancielle à la baisse de -5% par an depuis 2007.

La filière apicole

 Le nombre de ruches a augmenté régulièrement pour atteindre environ 5 800 ruches en 2015, de même que le nombre d’apiculteurs déclarés.

Le nombre des apiculteurs adhérents à l’organisation de producteurs SICA MIEL PEYI GWADLOUP est également en augmentation pour atteindre 24 adhérents en 2015.

La production atteint 92 tonnes, dont 56 tonnes via l’OP. La progression est constante comme l’est celle du nombre de ruches mais aussi celle de la production moyenne par ruche (15,9kg en 2015).

Les volumes de miel importé s’élèvent à 186 tonnes, en progression également. Mais comme la production augmente plus vite, le taux de couverture du marché local progresse pour atteindre 33% en 2015 alors qu’il n’était que de 20% en 2010. La consommation de miel a augmenté quant à elle de +61% entre 2010 et 2015.

En Guyane

Structuration

Parmi les départements d’outre-mer hors Mayotte, la Guyane est le département le moins avancé en termes de structuration des filières. Toutefois, depuis 2013, INTERVIG (Interprofession des Viandes de Guyane), née de l’Association de Préfiguration des Filières Elevage en Guyane (APIFEG), œuvre pour l’organisation et la promotion des filières. L’interprofession a fait une demande de reconnaissance auprès du MAA, qui devrait asseoir sa légitimité et donner de l’ampleur à ses actions sur le territoire guyanais.

La région dispose en 2015 de 2 abattoirs, l’un est localisé à Rémire et doté d’un potentiel maximum de 1 200 tonnes par an. Le second abattoir se situe à Mana, et forme avec l’atelier de transformation des productions végétales, le pôle agroalimentaire de l’Ouest mis en service à la fin d’année 2014.

Filière bovine

Le nombre de têtes du cheptel augmente de 1,3% en 2015 par rapport à 2014 et s’élève à 18 549 têtes.

Le nombre de détenteurs (330) augmente dans la même proportion (+1,2%) et le nombre moyen de têtes par détenteur reste donc quasi constant à 56,2 têtes.

Le tonnage abattu marque une légère baisse en 2015 par rapport à 2014 de -1,4%, passant de 397 tonnes à 392 tonnes. La production (abattages) rapportée au cheptel de 21 kg par tête indique un élevage particulièrement extensif. Par comparaison, la filière bovine de La Réunion atteint une production de 70 kg par tête, et celle de la Guadeloupe, 38 kg.

Les importations de viande bovine s’élèvent en 2015 à 1 802 tec, soit +9,6% par rapport à 2014. Aussi le taux de couverture du marché local en viande bovine atteint 17,9%, soit 1,5 point de moins qu’en 2014. Sur la période 2007-2015, le taux de couverture du marché local est en baisse de -0.6% par an en moyenne.

Filière porcine

La production porcine est la première filière aidée, et la première en tonnage abattu.

Après avoir fortement progressé en 2014, le tonnage abattu est resté stable en 2015, le niveau atteint étant au plus haut de la période. L’évolution tendancielle sur la période 2007-2015 indique dorénavant une très légère baisse de -0,1% par an.

La filière peine à approvisionner le marché local même si la production progresse. Les importations ont une évolution très importante de +7,4% en évolution tendancielle sur la période 2007-2015. Toutefois, la baisse des importations en 2015 (-6,1% par rapport à 2014) et une production locale maintenue à un niveau relativement élevé permet de faire progresser un peu le taux de couverture qui passe de 16% à 17%, qui demeure encore en dessous du niveau moyen de la période (18%).

Filière ovine-caprine

La filière des petits ruminants, faiblement organisée, connait des abattages contrôlés limité à 4,95 tonnes en 2015, tonnage identique à 2014.

Les importations sont relativement importantes, en hausse en 2015 par rapport à 2014, au regard du tonnage en abattage contrôlé. Aussi le taux de couverture du marché local de 2% ne correspond de fait qu’au marché déclaré.

Filière avicole

La filière avicole est désorganisée car atomisée avec un certain nombre d’ateliers d’abattage privés.

La production locale de volaille de chair relève pour grande partie de l’économie informelle.

Les importations de viande de volaille (pour l’essentiel du poulet congelé) sont très importantes, atteignant 10 028 tonnes en 2015, en augmentant de +5,4% par rapport à 2014, représentant plus de 70% des importations de viande (fraiche et congelée).

La production d’œufs est en revanche mieux organisée autour de quelques gros producteurs qui peuvent commercialiser auprès des grandes et moyennes surfaces. La production qui a atteint 12,6 millions d’œufs, est en progression de +5,9%.

En Martinique

Structuration et panorama général

Une interprofession a été créée en 1992, à partir de coopératives spécialisées en élevage. Il s’agit de l’Association Martiniquaise Interprofessionnelle des Viandes (AMIV).

De façon globale, la production totale de viande s’est maintenue, alors que les importations de viande fraiche et congelée ont légèrement augmenté. Aussi le taux de couverture total de viande fraiche est passé de 71% à 69%. Le taux de couverture du marché en viande fraiche et congelée par la production locale s’est maintenu à 17%.

Filière porcine

En 2015, les abattages totaux de la filière porcine diminuent de -11,0% à 1 080 tec, et les abattages des adhérents des coopératives perdent -18,2% à 872 tec.

La production organisée représente encore 81% de la production locale, mais a perdu 7 points par rapport à 2014. Le nombre de 54 éleveurs adhérents à la coopérative reste constant.

Les importations sont en légère augmentation, aussi le taux de couverture du marché local par la production locale qui régresse, diminue de 2 points pour atteindre 26%. Les importations en produits frais ne représentent que 5% des importations, mais est en augmentation. Le marché de la viande fraiche de porc a néanmoins diminué de -5% et la part de la production locale est passée de 94% à 88% de ce marché entre 2014 et 2015.

La consommation de viande de porc diminue progressivement depuis plusieurs années pour ne plus représenter que 22% du marché de viande fraiche.

Filière volaille

La production de viande de volaille (poulet de chair) continue sa progression régulière pour atteindre 1 602 tec en 2015.

Les importations sont quasiment stables (11 210 tec), avec cependant une augmentation de l’importation de produits frais qui demeure néanmoins marginale (140 tonnes). Aussi le taux de couverture de marché en viande fraiche et congelée progresse en passant de 12% à 13%. Le taux de couverture du marché de produits frais diminue à 92%, ce qui indique néanmoins une maitrise du marché du frais par la production locale.

La volaille demeure la viande la plus consommée (environ 12 800 tonnes) et représente 55% des achats de viande (fraiche et congelée) et ce depuis 2012. Elle représente 31% du marché de la viande fraiche.

Filière viande bovine

L’abattage des bovins est stable en 2015 par rapport à 2014 dans une évolution tendancielle à la baisse, avec 1 034 tec. La part de l’abattage par les adhérents à une organisation de producteurs en progression de 1,4 point par rapport à 2014, atteint 37% en 2015.

Le nombre des adhérents à une OP a diminué, ce qui traduit l’augmentation constante de la production moyenne par adhérents.

Les importations progressent modérément de 0,7% en 2015 atteignant 3 466 tonnes (dont 35% de viande fraiche). La production locale couvre 22% du marché local (frais et congelé) et 45% des seuls produits frais.

La consommation de viande fraiche de bœuf représente 42% de la consommation totale de viande fraiche. Elle ne représente que 20% du total de la consommation de viande (fraiche et congelée), taux qui se maintient depuis plusieurs années.

Filière bovin lait

Au niveau de la filière bovin lait, la production de lait a progressé de +5,6% par rapport à 2014 pour atteindre 282 390 litres avec 7 éleveurs. Le nombre de producteurs, le cheptel et la production poursuivent leur évolution tendancielle à la baisse. Aussi le taux de couverture se maintient à un niveau faible (2%) mais ne se réduit pas encore du fait d’une diminution tendancielle des importations.

Filière petits ruminants (ovins-caprins)

La filière des petits ruminants (ovins-caprins) affiche des tonnages abattus par les adhérents de la coopérative en progression (34 tec en 2015). Aussi la part de la filière organisée se redresse pour représenter 56% de l’abattage contrôlé (61 tec en 2015). Ces tonnages abattus correspondent à la moyenne des dernières années.

Les importations ont progressé de 5,5% mais celles des seules viandes fraiches ont diminué pour atteindre 123 tonnes (10% des importations). Le taux de couverture du marché local en frais et congelé reste stable mais faible à 5%. Le taux de couverture du marché en produits frais progresse pour passer de 29% en 2014 à 33% en 2015.

Filière cunicole

La production de lapins repose sur 13 éleveurs adhérents à la coopérative, (nombre en diminution constante).

L’abattage qui est en évolution tendancielle à la hausse a néanmoins reculé en 2015 par rapport à 2014 pour atteindre 62 tec.

Comme les importations ont également diminué, le taux de couverture du marché local se maintient à 76% (frais et congelé) et à 98% en produits frais. Cela correspond de fait à une diminution de la consommation qui semble marquer un pallier après plusieurs années de progression.

La consommation de la viande de lapin demeure marginale à 1,1% de la consommation globale de viande fraiche.

A La Réunion

Structuration

Les professionnels se sont organisés au sein de deux interprofessions : l’Association Réunionnaise Interprofessionnelle pour le Bétail et les Viandes (ARIBEV), créée en 1975 pour la viande bovine, le lait et le porc, et l’Association Réunionnaise Interprofessionnelle de la Volaille (ARIV) qui a vu le jour en 1994 pour la volaille et qui a intégré plus tard l’élevage de lapins.

Filière bovins viande

La production a baissé en 2015 par rapport à 2014.

La production totale s’élève à 1 556 tec (-2,3% par rapport à 2014). La production organisée perd également du tonnage (-2,6%), aussi la part de la production organisée reste à 90% du tonnage abattu global.

En termes de qualité, le tonnage commercialisé sous la norme « cœur pays » reste à un niveau relativement élevé soit 65% de la production.

Comme les importations de viande bovine sont en hausse (+5,9%) en viande fraîche comme en viande congelée, le taux de couverture du marché diminue, passant de 28,3% à 27,0%. Si l’on ne considère que le marché de la viande fraiche, le taux de couverture est beaucoup plus important mais est également en diminution, passant de 45,2% à 43,4%.

En avril 2013, la SICAREVIA avait formalisé un plan de relance de la production bovine (plan REVIA+), visant à répondre au taux de renouvellement du troupeau insuffisant engendrant une baisse de productivité. Le nombre de vaches allaitantes croit, passant de +1,1% en 2014 par rapport à 2013, à +2,8% en 2015 par rapport à 2014.

En 2015, le revenu de l’exploitation de référence (50 vaches allaitantes et 40 broutards produits annuellement) régresse et s’établit à 25 676 € contre 27 154 € en 2014. Cette contreperformance est imputable en partie à la concurrence accrue des viandes importées de métropole (viande fraîche et congelée) dont les prix sont à la baisse, mais aussi imputable à la baisse du poids moyen des animaux vendus.

Filière bovins lait

La production de lait diminue en 2015 de -1,8% et s’élève à environ 18,78 millions de litres, après une hausse de +6% en 2014. L’année 2015 a été marquée par un printemps pluvieux défavorable à une production fourragère de qualité qui a pénalisé la production laitière.

Un total de 77 élevages a livré du lait, un chiffre stable par rapport à 2014. Deux arrêts de production sans reprise ont été compensés par 2 créations d’élevages.

98% du lait est produit dans les « Hauts », et cette proportion est inchangée depuis 2010.

Du fait des conditions climatiques du début d’année, la production moyenne par vache diminue par rapport à 2014 et s’élève à 6 300 litres par vache laitière. La taille moyenne des troupeaux est pratiquement constante par rapport à 2010.

La qualité du lait est inchangée par rapport à 2014, elle est de très bonne qualité avec 63% répondant à l’exigence « cœur pays ».

Dans le cadre du projet DEFI, les yaourts aux fruits commercialisés par les deux industriels poursuivent leur progression, +2% entre 2014 et 2015, alors que les produits laitiers frais régressent légèrement (-1%).

Le revenu de référence se maintient et s’élève à 27 440 €. La baisse des charges d’aliment compense la légère diminution de production.

Filière porcine

Après un recul (2,2%) en 2014, la production (abattage) progresse de +4,9% pour atteindre 9 683 tec en 2015. Les arrêts d’exploitation semblent diminuer, 2 nouvelles installations ont même vu le jour.

La proportion de la production organisée par rapport à l’ensemble de la production locale s’élève à 83%.

Les importations ont fortement diminué (-7,4%) à 11 766 tonnes de viande (à 94% de la viande congelée). Le taux de couverture de la production locale atteint 49,9%, en forte progression de +18,8%, alors que l’évolution tendancielle sur la période 2007-2015 demeure à la baisse à -1,8% par an.

La consommation de viande fraiche en nette baisse en 2013 et 2014, est à la hausse en 2015, sans doute confortée par les actions de communication mises en place ainsi que les efforts de découpe et préparations engagés pour répondre aux demandes des consommateurs des grandes surfaces.

La technicité des élevages continue à progresser, tel qu’illustré par les indices de productivité (26,3 porcelets/truie/an) et de qualité (69% de la production conforme au label « cœur pays »).

L’exploitation de référence repose sur un élevage de 30 truies naisseur – engraisseur. Le revenu de référence s’élève à 28 171 € en 2015, en légère régression par rapport à 2014. La baisse du prix des aliments compense la légère perte de valeur de la production.

Filière volailles de chair

Les chiffres de la volaille de chair ne concernent que le poulet de chair.

Depuis le 1er janvier 2015, la Coopérative des Fermiers du Sud (CFS) a intégré l’interprofession volaille (ARIV). Avipôle Réunion et CFS se sont regroupés au sein de l’Association des Eleveurs de Volailles de la Réunion (AEVR), qui depuis représente le maillon production au sein de l’interprofession.

Parallèlement, l’abattoir Duchemann et Grondin, qui abat les volailles de la coopérative des Fermiers du Sud, a pour sa part rejoint l’AAVR (Association des Abattoirs de Volailles de La Réunion), afin de pouvoir intégrer l’interprofession.

Ainsi la part de la production organisée passe à 100% de la production, appelée « production maîtrisée » par l’interprofession.

Du fait de cette intégration de tous les éleveurs professionnels au sein de l’interprofession, la production locale a pu augmenter en 2015 de +10,4% par rapport à 2014, pour atteindre 13 884 tec.

Les importations ont peu régressé en 2015 après avoir fortement progressé en 2014. Elles s’élèvent à 19 983 tec de poulet (dont 73% de poulets congelés).

La baisse des importations, et surtout la forte augmentation de la production, conduisent à porter le taux de couverture du marché local à 41,0% gagnant ainsi 3 points entre 2014 et 2015.

Après une chute en 2014, le revenu de l’exploitation de référence remonte à 18 600 €, restant toutefois en retrait par rapport au revenu de 2009 (19 254 €). L’amélioration du revenu provient en partie de la baisse du coût de l’aliment, mais surtout de l’augmentation du nombre de bandes mises en production, grâce à la meilleure organisation interprofessionnelle, qui se traduit donc par une augmentation de la production mais aussi de la rentabilité des élevages.

Filière cunicole

La production de viande de lapin (abattage) continue de diminuer en 2015 pour atteindre 223 tec (-6,7%).

La production commercialisée par l’organisation de producteurs atteint 198 tonnes, en diminution par rapport à 2014 (239 tonnes). Mais il y avait encore en 2014, un stock de production congelé de 52 tonnes datant de 2013. Aussi, en ne considérant que la viande fraiche, la filière a augmenté ses ventes de 6%, passant de 187 tonnes à 198 tonnes.

Le nombre de cages mères s’élève à 3 320, en progression par rapport à 2014 (+7,8%).

Les importations ont atteint 203 t (augmentation de +26,8% par rapport à 2014). Le taux de couverture du marché diminue, passant de 60% à 52% entre 2014 et 2015.

En 2013, l’OP a décidé de modifier sa stratégie de commercialisation. Désormais tout est commercialisé en frais, alors que précédemment environ 25% de la production était congelée.

La filière lapin a intégré le projet DEFI en janvier 2013. Via DEFI, elle a dynamisé la promotion pour écouler l’ensemble de la production en frais.

Le revenu de référence atteint 12 330 € en 2015 poursuivant ainsi sa progression.

A Mayotte

Le développement de l’élevage mahorais s’appuie sur un secteur traditionnel, qui exige des moyens de formation et d’encadrement. Les bovins et petits ruminants sont présents dans presque toutes les exploitations. Le cheptel est rustique, mais peu productif.

L’absence d’abattoir, ainsi que des problèmes sanitaires et la faible production fourragère constituent des handicaps importants au développement des filières. Un couvoir et un centre de conditionnement permettent la production d’œufs et de volailles de chair.

L’unité de fabrication d’aliments est un atout important pour l’ensemble des filières.

A Saint-Pierre-et-Miquelon

L’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon a été fortement affecté par le moratoire canadien de 1992 sur la pêche à la morue. Dans ce contexte, une diversification des activités vers l’agriculture est recherchée notamment l’élevage.

Les productions principales sont l’œuf et le poulet de chair suivi par l’élevage ovin. L’existence d’un atelier de transformation de foie gras et d’une fromagerie a permis d’amplifier le développement agricole sur l’archipel.

L’élevage de ruminants requiert la réhabilitation des prairies (restauration de la fertilité des sols), la mise en place de clôtures ainsi que l’investissement (en cours) dans un abattoir multi-espèces.