Filières


La banane est produite dans les cinq départements d’outre-mer. Elle constitue l’une des principales ressources économiques de la Guadeloupe et de la Martinique. La filière banane contribue à une part importante des flux commerciaux vers la partie continentale de l’Union européenne en permettant notamment de générer un flux de marchandises retour.


La structuration

La filière banane a achevé sa structuration en 2012 en fédérant les planteurs au sein d’une organisation de producteurs (OP) par DOM :

  • en Guadeloupe : la SICA LPG « Les producteurs de Guadeloupe », créée en 2006 ;
  • en Martinique : la SICA Banamart, créée en 2004, qui a intégré en son sein, à compter du 1er janvier 2012, la SICA Banalliance, créée en 1997.

La commercialisation de la production est assurée par l’Union des Groupements de Producteurs de Bananes de Guadeloupe et de Martinique (UGPBAN), qui fédère depuis 2003 l’ensemble des organisations de producteurs de bananes des Antilles françaises.


La production commercialisée

Le tonnage historique de référence (319 084 t pour les Antilles) n’a jamais pu être retrouvé. La production a peu augmenté en 2012 du fait des attaques de la cercosporiose qui ont touché principalement la Martinique, et dans une moindre mesure, des effets de la tempête tropicale Rafael en Guadeloupe (13 et 14 octobre 2012).

En 2013, la production affiche de bons résultats en Guadeloupe (+6,9%) mais elle a fortement baissé en Martinique (-14%), du fait de la cercosporiose mais surtout de la tempête tropicale Chantal de mi-juillet 2013. La production antillaise commercialisée en 2013, fait générateur de l’aide payée en 2014, chute donc à un niveau le plus bas observé depuis 2008-2009.

En 2014, les effets de la tempête tropicale Chantal sont estompés et la production commercialisée atteint par contre un record avec 266 792 tonnes (+15,7% par rapport à 2013) ; elle est en augmentation en Guadeloupe (+2,9% par rapport à 2013) et en très forte augmentation en Martinique (+21,5%).

L’évolution tendancielle 2007-2014 de la production commercialisée fortement à la hausse (+6,4% par an), en dépit des aléas de ces dernières années, est imputable à l’augmentation des surfaces plantées (+1,4% par an) mais surtout à celle du rendement (+5,0% par an). A noter, le projet « Cap 100 000 tonnes » de la Guadeloupe, en cours de discussion, qui vise à atteindre cet objectif à l’horizon 2020.


Le nombre d’exploitations

Le nombre de planteurs bénéficiaires de l’aide en 2014 (ayant donc commercialisé en 2013) poursuit sa baisse tendancielle depuis 2007 en Martinique. En Guadeloupe, le nombre de planteurs baisse également sensiblement en 2013, après avoir connu une période de maintien entre 2009 et 2012. Sur les deux départements, l’évolution tendancielle de diminution du nombre de planteurs bénéficiaires est de -3,0% par an.

Toutefois, la réduction du nombre des exploitations est à mettre en lien avec l’augmentation de la taille moyenne des exploitations qui se poursuit pour atteindre 17,5 ha en 2013 (surface totale de la bananeraie en production et en jachère / nb de bénéficiaires), avec une évolution tendancielle de +3,0% par an depuis 2007.


La S.A.U. dédiée à la banane

Globalement, la SAU des Antilles consacrée à culture de la banane est revenue dès 2011 au niveau de 2007, puis a poursuivi sa progression en 2012 mais a légèrement diminué en 2013, puis plus fortement encore en 2014, avec 9 446 ha dont 8 081 ha plantés et 1 365 ha en jachère. L’évolution tendancielle 2007-2014, de la surface dédiée à la banane (la surface plantée + la surface en jachère) apparait désormais en légère baisse (-0,7% par an), la surface en jachère diminuant fortement (-9,7% par an) et la surface plantée en banane augmentant assez sensiblement (+1,4% par an).

En Guadeloupe, après deux années de hausse, la superficie plantée en banane a un peu régressé en 2014 (-1,3% par rapport à 2013), l’évolution tendancielle depuis 2007 étant positive (+3,2% par an). La surface en jachère a diminué de -3,0% par rapport à l’année précédente. Néanmoins l’évolution tendancielle de la surface en jachère est à la hausse (+0,4% par an). Aussi, la surface dédiée à la banane montre une évolution tendancielle de +2,5% par an depuis 2007.

En Martinique, après une relative stabilité entre 2012 et 2013 (+0,4%), la sole plantée en banane diminue très sensiblement en 2014 (-5,1% par rapport à 2013), s’éloignant un peu plus du maximum atteint en 2011. Les difficultés rencontrées par les planteurs avec la propagation de la cercosporiose noire et les contraintes réglementaires dans la lutte phytosanitaire, auxquelles se sont ajoutés les dégâts occasionnés par la tempête tropicale Chantal sont sans doute à l’oeuvre. L’évolution tendancielle des surfaces plantées en banane depuis 2007 est néanmoins encore orientée à la hausse (+0,8% par an). Néanmoins en prenant en compte la diminution de la surface en jachère qui est très forte -13,9% par an) ; l’évolution tendancielle des surfaces dédiées à la banane est alors en diminution de -1,8% par an.


Les rendements continuent d’augmenter

Les efforts réalisés par la profession en matière de recherche et de développement ont permis une augmentation sensible des rendements moyens entre 2007 et 2014. L’évolution tendancielle annuelle sur la période atteint 5% ; elle est équivalente en Guadeloupe et en Martinique, malgré un décrochage de la Martinique de 2011 à 2013 du au développement de la cercosporiose puis aux effets de la tempête tropicale Chantal en 2013.

Globalement sur les Antilles, le rendement moyen de 26 t/ha retenu dans le programme est ainsi dépassé depuis 2009, et atteint 33 t/ha planté (hors jachère) en 2014.Le rendement moyen de 35,1 t/ha en Guadeloupe constitue un record historique pour les Antilles.

En Martinique, du fait de la tempête tropicale Chantal, le rendement de la production a chuté à un niveau très bas de 25,2 t/ha en 2013 pour remonter à 32,3 t/ha en 2014.


La situation de la cercosporiose noire

La cercosporiose noire (ou Maladie des Raies Noires, MRN) a été détectée en septembre 2010 en Martinique puis en janvier 2012 en Guadeloupe.

En Martinique, la maladie s’est très rapidement installée. Les visites de terrain effectuées dans le cadre de l’enquête menée par le CIRAD en mai 2013 sur les circonstances exceptionnelles ont permis de cartographier l’avancée de la maladie chez 172 planteurs (soit 43% des planteurs).

En Guadeloupe, le dispositif de surveillance mis en place a permis une détection très précoce de la maladie. Des mesures de contrôle ont rapidement été mises en œuvre et ont permis d’en ralentir la progression. Même si la maladie a maintenant été détectée sur une grande partie du territoire, les densités de symptômes sont faibles du fait de l’absence de foyers très contaminants.

La lutte contre la MRN est contrainte par le faible nombre de matières actives homologuées au niveau européen (en comparaison avec les autres zones de production de bananes) et par l’interdiction du traitement aérien.

L’arrêté ministériel du 15 septembre 2014 marque l’interdiction des épandages aériens sur la banane. Les producteurs ont depuis généralisé la pratique de l’effeuillage et développé différents dispositifs de traitement par voie terrestre.

Plusieurs travaux de recherche sont actuellement menés, notamment en partenariat avec les organisations de producteurs, pour trouver des alternatives au traitement aérien ainsi qu’à la lutte chimique : traitements à l’aisselle des feuilles, traitement mécanisé par voie terrestre Optiban, évaluation en Martinique d’un prototype de lutte non chimique étudié en République dominicaine dans le cadre du projet Interreg BDC, d’un système de plantation mixte papayer-bananier et des effets d’éliciteurs (activateurs) de défense naturelle.


Une banane durable

Le Plan « Banane durable 1 » a été mis en oeuvre sur la période 2008-2013 sur les deux territoires des Antilles. Il s’inscrivait dans la poursuite d’actions menées sur la période 2000-2006 de façon dispersée en Guadeloupe et Martinique.

Le Plan « Banane durable 1 » était décliné en cinq axes opérationnels : mobilisation de la recherche, validation des résultats de la recherche et mise à disposition des producteurs, transfert des compétences à tous les planteurs, mesures d’accompagnement des planteurs, amélioration de l’image et de la mise en marché. Un sixième axe s’est ajouté en 2011 : la diversification et la valorisation de la filière banane.

Ce plan a permis d’aboutir aux principaux résultats suivants :

  • création de l’ITBAN en 2008, devenu l’institut technique tropical (IT2) en 2010, pour les activités de recherche & développement ;
  • sélection d’une variété de bananier résistante à la cercosporiose noire (CIRAD 925) ;
  • mise en place et déploiement de plateformes de diffusion d’innovations techniques ;
  • mise au point et diffusion de nouvelles pratiques culturales utilisant peu d’intrants et incluant des plantes de services ;
  • homologation de nouveaux produits dont 3 bio-pesticides, prototype de traitements terrestres ;
  • amélioration de la qualité en exploitation (formation avec 480 000 heures stagiaires réalisées, certification BANAGAP couvrant 80% de la production martiniquaise et 65-70% de la production guadeloupéenne en 2012, contrôles qualité, organisation de la collecte des déchets,…) ;
  • accompagnement de la modernisation des exploitations (développement de la plantation en vitroplants, rénovation des stations d’emballages et amélioration des conditions de travail, travaux d’irrigation et de voirie) ;
  • développement d’outils de communication et d’animations, notamment à destination des consommateurs métropolitains (utilisation du logo RUP) ;
  • initialisation des démarches de diversification : produits de beauté et moelleux de banane.

Dans la continuité du plan « Banane durable 1 », déployé pour la période 2008-2014 par le Ministère de l’agriculture, de l’alimentation et de la pêche, les producteurs s’apprêtent à lancer, avec le soutien des autorités régionales et nationales, le plan « Banane durable 2 ». Son objectif global est de renforcer la compétitivité et la durabilité de la filière, tout en inscrivant son évolution dans les perspectives de l’agroécologie déclinée dans sa triple dimension, économique, environnementale et sociale.


Une commercialisation tournée vers la métropole et les autres marchés de l’U.E.

Selon les années, 98 ou 99% de la production de banane de Guadeloupe et de Martinique commercialisée est destinée à l’export. Les principaux marchés de la banane des Antilles demeurent la métropole (75,0% des volumes) et les autres pays européens, en particulier l’Allemagne, gros consommateur dont le marché est très concurrencé.

Le marché français (approvisionnement net) était de 561 000 t en 2014, en très légère baisse (-0,2%) par rapport à 2013, après une forte progression en 2013. Le marché européen (approvisionnement net) était de 5,64 millions de tonnes (+6% par rapport à 2013 et +10,5% par rapport à 2012) est en forte progression. La remise à niveau de la production européenne (des RUP), en en particulier le retour de la production de Martinique, accompagne la montée de la consommation européenne, mais pas en proportion.

Ainsi en 2014, la production communautaire a représenté 10,8% du marché européen, et la production française 4,6%, contre respectivement 12,6% et 4,8% en 2012.

Ce sont encore les importations en provenance de la zone dollar, comme en 2013, qui ont bénéficié de l’augmentation de la consommation, en passant à 3,95 millions de tonnes en 2014 (+6% par rapport à 2013), soit 70% du marché. Les importations en provenance des pays ACP ne progressent que de +2%.

La filière canne joue un rôle important dans l’économie agricole des départements d’outre-mer (hors Mayotte) en termes de complémentarité entre les productions agricoles. Elle contribue fortement au maintien des emplois dans les bassins agricoles ainsi qu’au maillage du territoire par ses unités industrielles ; elle est un atout majeur quant à la durabilité de la production agricole par :

– la protection des sols contre l’érosion ;

– la préservation de l’environnement par un usage restreint des intrants ;

– l’approvisionnement en énergie renouvelable (bagasse pour les centrales à charbon) et le développement des bioénergies (méthane et à terme production directe d’électricité).


Dans les départements d’outre-mer (hors Mayotte)

Globalement sur les 4 DOM, après une baisse régulière depuis 2010, la production de canne est repartie à la hausse en 2014 (+8,5% par rapport à 2013) pour atteindre 2 607 451 tonnes. L’évolution tendancielle de la production sur la période 2016-2014 demeure en baisse (-1,1% par an) La conjoncture climatique en Martinique et à La Réunion explique en partie la baisse de la production depuis 2011, l’explication complémentaire se trouvant dans l’évolution tendancielle à la diminution de la surface plantée en canne (-0,6% par an).

La production globale de sucre de 257 654 tonnes (équivalent sucre blanc), principalement basée à La Réunion (80% de la production totale), augmente en 2014 (+6,0%) mais après avoir atteint en 2013 son niveau le plus bas depuis 2006.

La production totale de rhum est à la hausse mais c’est surtout la production de rhum agricole qui est en forte augmentation (+12,1% par rapport à 2013) pour atteindre le niveau historique de 114 785 HAP depuis 2006.

Les évolutions tendancielles annuelles indiquent nettement l’évolution de la filière canne-sucre-rhum :

  • une production de canne globalement en légère baisse (-1,1% par an) ;
  • une surface en canne en léger recul (-0,6% par an) ;
  • une diminution tendancielle des rendements bruts (-0,8% par an) mais une évolution en légère augmentation (+0,2% par an) de la productivité en sucre ;
  • une transformation en sucre légèrement à la baisse (-0,5% par an), en grande partie imputable à la contreperformance de 2013 ;
  • une production de rhum en légère hausse (+0,3% par an), celle de rhum agricole augmentant assez fortement (+0,6% par an) alors que celle du rhum industriel diminue (-0,8% par an).

Guadeloupe

En Guadeloupe, la production de sucre est assurée par l’usine de Gardel au Moule, qui est couplée à une centrale électrique thermique bagasse-charbon, et par l’usine sucrière basée à Grand-Bourg sur l’île de Marie-Galante. Depuis 2012, l’approvisionnement de l’usine de Marie-Galante a été compromis par des difficultés mécaniques.

En 2014, la campagne cannière s’est déroulée dans de bonnes conditions climatiques et grâce aux replantations effectuées en 2013, les tonnages de cannes broyées progressent fortement (+31,2%), le tonnage de 2013 ayant été le plus faible de la décennie. La sucrerie de Gardel a broyé 509 437 tonnes (86,7% du tonnage de Guadeloupe) et la Sucrerie-Rhumerie de Marie-Galante, 78 239 tonnes (13,3% du tonnage de Guadeloupe).

Le rhum agricole est produit, dans ce département, par 9 distilleries, dont 3 sont implantées à Marie-Galante.

Après 2013 qui a été une année de contreperformance pour la production de rhum, la production totale de rhum a progressé en 2014 (+4,7% par rapport à 2013), pour atteindre 77 431 hl d’alcool pur (HAP). La production de rhum industriel à 36 522 HAP est en recul (-19,9%) mais la production de rhum agricole qui représente 53% de la production totale, est en forte hausse (+44,4%). L’évolution tendancielle de la production de rhum s’affiche dorénavant nettement à la hausse (rhum agricole +2,1% en moyenne annuelle depuis 2006 et ensemble des rhums +2,1%).

Après une forte diminution des ventes à l’exportation en 2013, l’exportation de rhum industriel a progressé de +15,1% et celle de rhum agricole de +25,2%.


Guyane

En Guyane, aucune unité de production sucrière n’est implantée ; la canne à sucre est exclusivement destinée à la production de rhum agricole.

Dans ce département, la production de rhum agricole se limite à une seule distillerie basée à Saint-Laurent-du-Maroni. La distillerie a terminé en 2013 d’importants travaux de modernisation débutés en octobre 2012 dans un objectif de développement quantitatif et qualitatif de sa production. Les livraisons de cannées ont pu reprendre en 2014, pour atteindre le record historique de 10 075 tonnes. La production de canne devrait encore augmentée dans les années à venir avec la remise en culture d’une production de canne en site propre par la distillerie. L’augmentation du tonnage de cannes mais aussi l’amélioration de l’appareil de production, a permis une production de rhum de 5 390 HAP. Cette production en forte hausse doit trouver ses débouchés sur le marché local où il est fortement concurrencé par le rhum martiniquais, mais aussi sur le marché export grâce à l’amélioration qualitative du rhum produit et à la valorisation dorénavant possible en rhum vieux.


Martinique

En Martinique, une seule usine sucrière est en activité, l’usine du Galion à La Trinité. La surface cannière diminue ainsi que la production de cannes et les apports sont plutôt préservés pour les distilleries au détriment de la sucrerie. Comme la production de canne a diminué, les livraisons de canne à la sucrerie poursuivent leur forte baisse (-7,5%) en 2014 par rapport à 2013, atteignant 39 665 tonnes, niveau historique le plus bas. Malgré la baisse du tonnage de cannes broyées et de sa teneur en sucre, l’amélioration du processus industriel a permis une hausse de la production de sucre, à 2 428 tonnes équivalent sucre blanc, +11,0% par rapport à 2013. Cela ne permet pas toutefois d’enrayer la baisse tendancielle annuelle depuis 2006 qui est dorénavant de -9,5%. La Martinique peut déplorer une diminution des apports en cannes mais aussi une productivité moyenne particulièrement faible (2,48 tonnes de sucre par hectare) comparée à celle de la Guadeloupe (4,84 tonnes) ou celle de la Réunion (8,5 tonnes).

Dans ce département, la production de rhum agricole est assurée par 7 distilleries réparties de manière homogène sur l’ensemble du territoire.

La production de rhum agricole représente 86,7% de la production totale de rhum.

La baisse des volumes de cannes destinées à la distillerie (-5,8% par rapport à 2013) ainsi qu’une moindre richesse en sucre des cannes, conduisent à une baisse de la production de rhum agricole à 71 528 HAP (-6,5%). La production de rhum industriel à partir de la mélasse (sucrerie) augmente fortement (+22,6%) pour atteindre 10 415 HAP. La proportion de rhum agricole dans la production totale de rhum, en baisse, demeure à un niveau très élevé (86,7%).

La consommation locale est en diminution (-6,3%) et l’exportation de rhum agricole progresse très légèrement (+0,3%). La baisse de la production en 2014, a conduit à satisfaire la demande à l’export en mobilisant les stocks, ce qui peut conduire à une difficulté si la production de 2015 n’est pas satisfaisante.


La Réunion

À La Réunion, les 2 usines de Bois Rouge et du Gol, couplées à des centrales électriques thermiques bagasse-charbon, assurent la production sucrière qui représente l’essentiel du débouché de la production de canne à sucre.

En 2014, la production de 195 977 tonnes équivalent sucre blanc, est quasiment au même niveau qu’en 2013 (+0,2%) alors que les livraisons de cannes aux sucreries qui atteignent 1 763 656 tonnes ont augmenté plus sensiblement (+2,7%). Cette augmentation de production est principalement due à l’augmentation de la sole cannière (récoltée) par rapport à 2013 où elle avait fortement diminué. Mais la sècheresse qui sévit depuis plus de quatre ans maintenant, en particulier au Sud, induit une diminution de rendement ainsi qu’une diminution de la richesse en sucre de la canne. Les évolutions tendancielles demeurent néanmoins à la hausse pour l’ensemble des indicateurs depuis 2006 : +0,1% pour la production de canne, et +0,9% pour la production de sucre, la richesse saccharimétrique ayant également augmenté +1,5%, à l’exception de la surface cannière qui diminue de -0,8%. Les adaptations agronomiques adoptées pour mieux résister à la sècheresse devraient permettre de poursuivre cette évolution positive d’augmentation de la production induite par les gains de productivité.

Après une mauvaise année 2013, les prix du sucre ont remonté en 2014 notamment pour les sucres transformés (mélasse et sucres spéciaux), ce qui a permis d’avoir une progression des exportations en valeur (+7,2%) beaucoup plus forte que la hausse du volume des exportations (+1,1%).

Dans ce département, la production de rhum de 102 582 HAP est en légère baisse (-2,8%) par rapport à 2013, s’inscrivant dans la moyenne de la production sur la période 2006-2014, période durant laquelle l’évolution tendancielle est quasi stable (-0,1% par an).

Les exportations sont en diminution de 4,3%, aussi malgré la forte augmentation de la consommation locale (+9,9%), les stocks augmentent très fortement (+15,6%).

Les productions de diversification végétales ultramarines comprennent les filières fruits et légumes, viticole, riz, horticole, plantes aromatiques, à parfum et stimulantes (café).


En Guadeloupe

La structuration

La structuration de la filière s’est confortée avec l’entrée en fonction d’une nouvelle direction et une nouvelle présidence de l’interprofession IGUAFLHOR.

La Guadeloupe compte 4 organisations de producteurs bénéficiaires du POSEI en 2014 : la SICA Caribéenne de Fruits et Légumes SICACFEL (Saint-François), reconnue organisation de producteurs au 1er janvier 2014, Caraïbes Melonniers (Le Moule), la SICAPAG (Petit-Bourg), et la SICA des Alizés (Basse-Terre). Ces O.P. regroupent 127 producteurs, nombre en hausse de +9,5% par rapport à 2013, mais pas au niveau enregistré en 2011. L’évolution tendancielle annuelle du nombre des producteurs sur la période 2006-2014 reste très positive à +7,3%.

La production de fruits et légumes en 2014

La production de fruits et légumes est estimée (AGRESTE DAAF Guadeloupe) à 36 306 tonnes hors la banane, dont 32 131 tonnes de légumes et 4 175 tonnes de fruits. Les importations de fruits et légumes locaux (hors banane) sont chiffrées par les services des Douanes à hauteur de 13 551 tonnes, et les exportations étant de 2 506 tonnes, le marché local est estimé à 47 351 tonnes, soit un taux de couverture du marché local en fruits et légumes locaux de 77%, 84% pour les légumes, 46% pour les fruits locaux. Si l’on ajoute les fruits et légumes non locaux dont le volume des importations est chiffré à 21 173 tonnes, le taux de couverture se réduit à 53%.

2014 a été une année sans calamité climatique, aussi la production globale a augmenté. Le tonnage commercialisé par les organisations de producteurs a ainsi augmenté de 14,3% par rapport à 2013. Le tonnage atteint de 9 821 tonnes est le niveau le plus élevé de toute la période 2006-2014, volume en régulière augmentation depuis 2011, indiquant une augmentation tendancielle annuelle de +2,8% sur la période 2006-2014.

La commercialisation hors région de production

La production végétale (hors banane) destinée à l’exportation (le melon pour l’essentiel) est également en augmentation de +10,2%. La filière de production du melon a obtenu en mars 2012 le label Indication géographique protégée (IGP) « melon de Guadeloupe » lui permettant de conforter son positionnement sur le marché local et le marché export. En 2014, les exportations de melon s’établissent à 2 357 tonnes et enregistrent une hausse de +10,2 % (après une baisse de -9,9 % en 2013). La commercialisation hors région de production n’a pas encore retrouvé son niveau d’avant 2008.


En Guyane

La structuration

La filière n’est pour l’instant pas assez structurée, pour organiser collectivement le transport, la collecte et le conditionnement des fruits et légumes à destination de la transformation, de la distribution ou de l’exportation.

Focus sur la filière rizicole

La filière rizicole était depuis la fin des années 80 l’une des principales productions végétales de la région. Depuis 2010, la filière est en grande difficulté, avec notamment le phénomène d’érosion marine et un nombre limité de matières actives phytosanitaires homologuées. En 2011, la tentative de reprise de la production a été freinée par des difficultés administratives. L’année suivante, l’activité a été quasi inexistante. Concernant 2013, une nouvelle société a été créée et a mis près de 1 000 ha en culture. En 2014, la production a atteint 646 tonnes de riz irrigué pour une surface cultivée de 870 ha.


En Martinique

La structuration

Du fait de la dissolution de la SOCOPMA, coopérative historique de la filière des fruits et légumes, en 2014, la filière des fruits et légumes est désormais organisée autour de 8 organisations de producteurs :

  • 3 groupements de producteurs pré-reconnus (la SICA Château Gaillard crée fin 2011, et les SICA Fond Saint-Jacques et SICA La Saladière) ;
  • 5 organisations de producteurs reconnues (Caraïbes Melonniers, la SCA Ananas Martinique, le GIE MHM, la SCA des Vergers et Jardins Tropicaux (l’association est devenue SCA en 2014), et l’Association Caraïbes Exotiques, qui a obtenu sa reconnaissance le 1er janvier 2014).

En dépit de la disparition de la SOCOPMA, le nombre élevé des structures permet de regrouper 419 producteurs adhérents des organisations de producteurs.

Une interprofession, IMAFLHOR, a été créée en 2010.

L’année 2014

Après une année 2013 impactée par les effets de la tempête Chantal, le secteur primaire récupère son dynamisme en 2014 principalement en raison de meilleures conditions climatiques.


A La Réunion

La structuration

La Réunion compte en 2014, 9 structures organisées regroupant 447 producteurs :

  • 1 groupement de producteur pré-reconnu : Association les Vergers de l’Ouest ;
  • 8 organisations de producteurs reconnus : SCA Vivéa, SICA Terre Réunionnaise, Anafruit, SCA Terre Bourbon, SCA Fruits de La Réunion, SCA Ananas Réunion, et reconnues depuis le 1er janvier 2014 SCA Myresi et SCA fruits et légumes de Bourbon.

Le nombre d’adhérents est quasi stable (-1,1%).

Panorama général

Les surfaces dédiées à la production des légumes (2 957 ha en 2013) et des fruits et autres cultures permanentes (2 912 ha en 2013) sont en légère augmentation depuis 2010.

La production des légumes était de 53 566 tonnes en 2013, dont plus de la moitié en légumes cultivés pour le fruit (essentiellement la tomate) qui représentait 51,9% de la production totale.

La production des fruits avait atteint 43 059 tonnes en 2013, dont 40% en ananas, 22% en bananes, 20% en agrumes, 8% en letchis et 6% en mangues.

La production locale assure plus de 70% du marché local des fruits et légumes qui est estimé à environ 140 000 tonnes. Les exportations principalement d’ananas et de litchis qui représentent un peu plus de 2 600 tonnes, sont marginales en regard du volume global de production qui approche les 100 000 tonnes (96 625 en 2013) et des importations qui dépassent 42 500 tonnes en 2014.

L’année 2014

Selon les données provisoires de la DAAF de La Réunion (Agreste septembre 2015), la production globale en fruits, légumes et tubercules a atteint 129,5 millions d’euros en 2014, en croissance de +2,5% par rapport à 2013, croissance identique à celle observée entre 2012 et 2013.

En début d’année, le cyclone Béjisa est passé à proximité du département, ce qui a déstabilisé le marché des fruits et légumes en affectant la production et les cours. Mais dès le début mars 2014, les cours des légumes frais sont revenus à la normale, à l’exception de la tomate, principal légume produit dans l’île, dont l’offre a mis plus de temps à se rétablir. En ce qui concerne les fruits, c’est surtout la banane qui a manqué jusqu’en novembre.

En dépit de cet aléa climatique, la valeur de la production de diversification végétale a atteint un niveau quasi équivalent à la valeur de production de la canne à sucre, qui n’a quasiment pas été affecté par le cyclone.

La pénurie en début d’année, suite au cyclone Béjisa, a sans doute conduit à l’augmentation des importations de légumes de +3,3% en 2014 contre -1,4% en 2013 (données des douanes produites dans le rapport annuel de l’IEDOM), l’augmentation concerne principalement les importations de carottes et oignons. Les importations de légumes ont été de 22 448 tonnes.

Les importations de fruits frais ont atteint 20 059 tonnes, en hausse de +9,0% par rapport à 2013.

La filière vanille

La filière vanille regroupe plus d’une centaine de producteurs et s’organise au travers de plusieurs coopératives, préparateurs ou transformateurs (SCA Provanille, La Vanilleraie, Royal Bourbon Industries) qui assurent la transformation de la vanille et sa commercialisation. La production est répartie sur les communes de Sainte-Rose et de Saint-Philippe.

La filière plantes à parfum, aromatiques et médicinales

La production de géranium et des autres huiles (vétiver, baie rose, …) est regroupée dans la Coopérative Agricole des Huiles Essentielles de Bourbon (CAHEB), créée afin d’organiser les conditions de production. Elle regroupe la quasi-totalité des producteurs et assure l’encadrement technique, la collecte des produits et leur commercialisation sur les marchés extérieurs.


A Mayotte

Panorama général

Les productions de diversification végétale constituent les seules cultures de Mayotte, et relèvent pour l’essentiel de la production vivrière et familiale. Plus de 2 770 agriculteurs sont recensés au centre de formalités des entreprises relevant de la Chambre d’agriculture. La DAAF fait état de 900 exploitations agricoles en 2010 qui occupent une superficie totale de 4 700 hectares. Dans son memento agricole de 2013, Agreste Mayotte identifie une SAU de 7 092 hectares dont 3 553 ha dédiés aux légumes, 2 167 aux tubercules et 1 026 aux cultures fruitières, la répartition des surfaces par
culture étant rendue délicate par les pratiques traditionnelles de cultures associées.

La production commercialisée est pour l’essentiel, les surplus de la production domestique.

La structuration de la production est néanmoins à l’oeuvre avec l’émergence de coopératives ou associations de producteurs. La Coopérative des agriculteurs du centre (COOPAC) qui regroupe une trentaine d’agriculteurs est citée en exemple (source IEDOM).

Les cultures des plantes aromatiques et à parfum occupent une surface relativement faible (173 ha) mais génèrent une activité de transformation autour de la vanille et surtout de l’ylang-ylang.


A Saint-Pierre-et-Miquelon

La production de fruits et légumes est réalisée essentiellement sous serres. Les principales productions sont la laitue, la tomate, le concombre et le poireau. À Miquelon, une petite production de pommes de terre de plein champ s’est développée.

Le développement des filières de l’élevage dans les départements et collectivités d’outre-mer est contraint par un certain nombre d’handicaps par rapport aux conditions rencontrées en métropole :

– incidences négatives du climat tropical sur les performances d’élevage en raison de températures et de taux d’humidité élevés pendant une grande partie de l’année ;

– existence de pathologies particulières liées au climat tropical : par exemple, présence de la tique sénégalaise aux Antilles – vecteur de transmission d’hémoparasitoses (piroplasmoses, cowdrioses) et de dermatophiloses.

Ces contraintes d’ordre bioclimatique, auxquelles s’ajoutent les handicaps liés à l’insularité sur le prix des intrants, ont pour conséquence des coûts de production élevés et un manque de compétitivité vis-à-vis des produits importés. Pour lever ces contraintes, un certain nombre d’actions sont menées par l’ODEADOM et l’Union européenne à travers des programmes de soutien aux diverses filières animales.


En Guadeloupe

Une Interprofession Guadeloupéenne de la Viande et de l’Elevage (IGUAVIE) a démarré son activité en 2004.

De janvier à septembre, trois abattoirs agréés ont été fonctionnels en Guadeloupe. En effet, suite à un incendie déclaré le 20 septembre 2013, l’abattoir de Sainte-Rose (CPG) spécialisé dans l’espèce porcine est détruit. Il reste donc deux abattoirs multi-espèces : l’abattoir du Moule, géré par la SAS GESTAG, qui concentre 92 % de la production locale, et l’abattoir de Marie-Galante, géré par la CCMG. En 2013, les conditions d’une mise en service du nouvel abattoir situé dans la commune de Gourbeyre ne sont toujours pas remplies.

Les éleveurs adhérents à une organisation de producteurs sont au nombre de 523, en augmentation constante depuis 2009 (année de régularisation du système d’adhésion aux O.P.). Ils relèvent de trois groupement d’éleveurs, la SICA Cap viande, la SICA PEBA et la COOPEMAG (nouvelle coopérative) ainsi qu’une coopérative de sélection génétique pour la race créole (Sélection Créole).

La filière viande bovine

La Guadeloupe est le DOM ayant le cheptel le plus important, avec 58% du cheptel cumulé de Guadeloupe, Martinique et La Réunion.

Les éleveurs adhérents à une organisation de production sont 427, en augmentation constante depuis 2009, année où il avait été fait également une régularisation du système d’adhésion aux O.P. qui avaient conduit à une réduction massive du nombre des adhérents. Il y a deux coopératives de commercialisation : Sica Cap viande +6% (dynamique régulière), Sica Péba +30% (liée au changement de l’équipe dirigeante), et une coopérative d’autres services : Sélection Créole (ex UPRA créole) -19%.

Les abattoirs de Guadeloupe ont traité 1 848 tonnes de viande bovines en 2013, en légère progression par rapport en 2013 (+3,4%). Il convient de noter que le poids moyen de carcasse par tête est en légère progression.

Le nombre de producteurs ayant abattu est en forte progression et la part de la production issue des OP dans l’abattage contrôlé est en bonne progression, passant de 26% à 28%. La consommation de viande bovine a ainsi sensiblement diminué en 2013, avec 12,5 kg de consommation annuelle par habitant contre 15,4 kg en 2012.

La filière ovine et caprine

L’élevage de petits ruminants est traditionnellement important en Guadeloupe mais mal connu, avec un nombre très important de petits détenteurs. L’abattage contrôlé ne concerne certainement qu’une part très réduite de la production locale, d’autant qu’il y a des pratiques coutumières et rituelles d’abattage et de consommation des moutons ou des chèvres.

Aussi le tonnage des abattoirs qui correspond au volume commercialisé par les organisations de producteurs est très réduit et reste quasi constant autour de la dizaine de tonnes en équivalent carcasse, pour 88 adhérents. Ces adhérents qui ont un cheptel moyen de 20 chèvres ou brebis, bien que petits éleveurs ils sont certainement les éleveurs les plus gros.

La filière porcine

Le nombre de truies détenues par les adhérents d’OP s’élève à 1 154 en 2014, en très légère baisse par rapport à 2013 (1 186 truies).

Le tonnage abattu dans les abattoirs agréés provient à 93% des organisations de producteurs, soit un gain de 3 points par rapport à 2013.

La production locale couvre plus de 95% du marché local en produit frais mais seulement 23% du marché total de la viande porcine. La consommation annuelle de viande porcine est stable et avoisine les 13 kg/habitant par an depuis 2011.

La filière avicole (la volaille de chair)

La filière de volaille de chair n’est plus organisée depuis l’arrêt de l’abattoir d’AVICOOP qui a une activité quasiment nulle depuis 2010. Le nouvel abattoir a pris du retard, et n’a pas encore démarré son activité en 2014 comme initialement prévu.

Les importations sont très importantes. Elles s’élèvent à environ 12 700 tonnes en 2014, à plus de 97% en produits congelés. La volaille est la viande la plus consommée avec 33 kg/habitant et par an.

La filière cunicole

En 2014, la production de lapin s’élève à 27 t.e.c. Ces volumes correspondent à la production de l’OP, qui assure l’ensemble de la production locale. L’organisation de producteurs compte 14 adhérents.

Le taux de couverture du marché par la production locale s’élève à 44%, en léger recul par rapport à 2013 (49%).

La filière apicole

Le nombre de ruches a augmenté régulièrement jusqu’en 2013 pour atteindre environ 5 400 ruches. En 2014 ce nombre est en léger recul et s’élève à 5 245 ruches. En revanche, la production atteint 80 tonnes, soit une moyenne de15,3 kg par ruche (+14%).

Les volumes de miel importés s’élèvent à 168 tonnes. Le taux de couverture du marché local est à 29%. L’organisation de producteurs, la SICA MIEL PEYI GWADLOUP compte 20 adhérents.


En Guyane

Parmi les départements d’outre-mer (hors Mayotte), la Guyane est de loin le département le moins avancé en termes de structuration des filières, même si depuis 2012 plusieurs étapes ont été franchies. Après sa création au printemps 2012, l’Association de Préfiguration des Filières Elevage en Guyane (APIFEG) est devenue opérationnelle à l’automne (1 animateur et des locaux). Pour mémoire, l’APIFEG s’est transformé courant 2013 en futur interprofession et prend le nom d’INTERVIG (Interprofession des Viandes de Guyane).

Filière bovine

Le nombre de têtes du cheptel et le tonnage abattu augmentent aussi de façon substantielle, respectivement de +3,6% et +3,3% par an en évolution tendancielle sur la période 2006-2014.

La progression de la production locale (en abattage contrôlé) est toutefois moindre que celle des importations de viande bovine qui est de +4,6% par an sur la période. Aussi le taux de couverture en viande bovine baisse tendanciellement, avec un sursaut en 2014, à 19%, due à l’augmentation du tonnage abattu mais surtout à une forte baisse des importations en 2014 par rapport à 2013.

Filière porcine

La production porcine est la première filière en tonnage abattu. Celui-ci a fortement progressé en 2014, +11,5% par rapport à 2013, alors que son évolution tendancielle sur la période indique une baisse de -1,4% par an.

La filière peine à approvisionner le marché local, les importations ayant une progression très importante de +9,2% en évolution tendancielle sur la période 2006-2014. L’abattage progresse néanmoins depuis 2011 où il avait atteint le niveau le plus bas de la période, et comme les importations ont progressé plus modérément, le taux de couverture qui avait été seulement de 14% en 2012 augmente pour atteindre +16,5% en 2014.

Filière ovine-caprine

La filière des petits ruminants est faiblement organisée (l’abattage contrôlé ne représente que 4,9 tonnes en 2014).

Les importations sont relativement importantes, bien qu’en baisse en 2014, en regard du tonnage en abattage contrôlé. Ainsi, le taux de couverture du marché local de 1% ne correspond de fait qu’au marché réglementé.

Filière avicole

La filière avicole est désorganisée. La production locale de volaille de chair relève pour grande partie de l’économie informelle.

La production de volaille a été estimée dans une étude récente de l’interprofession INTERVIG à environ 770 tec tonnes équivalent carcasse.

La production d’oeufs, estimée dans cette même étude d’INTERVIG à plus de 20 millions d’oeufs, est en revanche mieux organisée autour de quelques gros producteurs qui peuvent commercialiser auprès des grandes et moyennes surfaces.


En Martinique

Une interprofession a été créée en 1992, à partir de coopératives spécialisées en élevage. Il s’agit de l‘Association Martiniquaise Interprofessionnelle des Viandes (AMIV).

L’évolution tendancielle 2006-2014 est positive pour toutes les filières, à l’exception de la filière lait qui affiche une tendance négative (-7,9%).

Filière porcine

La production est en hausse de 11,4% pour atteindre 1 078 tec. L’interprofession gagne un point et représente 87% de la production locale. Les importations sont stables, le taux de couverture du marché local gagne également un point et s’élève à 27%. Malgré ces évolutions positives, le nombre d’éleveurs adhérents à la coopérative diminue de 34% avec une sortie de 28 éleveurs qui ont créé des groupements séparés.

Filière volaille

La situation de la filière volaille (poulet de chair) est stable. La production locale entièrement interprofessionnelle (depuis 2006) progresse de 3,9% pour atteindre 1 519 tec.Les importations sont quasiment stables (11 158 tec), avec cependant une baisse de l’importation des produits frais (moins de 1%). Le taux de couverture du marché est de 12%. Le taux de couverture du marché de produits frais est de 98%. La volaille reste la viande la plus consommée (environ 12 700t), elle représente 55% des achats de viande et ce depuis 2012.

Filière viande bovine

La filière affiche des tonnages abattus par les structures adhérentes de l’interprofession en légère baisse (- 5,7%). Néanmoins, la production locale non organisée régresse davantage (-7,6%) et la part de la production organisée reste stable à 35%. Les importations progressent de 3,9% en 2014, dont les importations de produits frais. Le taux de couverture du marché local régresse de 2 points et s’élève à 22%. Le taux de couverture du marché en produits frais s’élève à 44%.

Filière bovin lait

La production de lait a diminué de 771 000 litres en 2006 à environ 267 500 litres en 2014. La production recule de 13% par rapport à 2013 (environ 361 000 litres). Deux élevages ont cessé leur activité en 2014.

La situation reste très fragile avec 8 adhérents et 121 vaches laitières. Plusieurs orientations ont été décidées par les acteurs de la filière pour sauvegarder la production, dont la réduction des charges d’exploitation de la coopérative, le renforcement de l’autonomie fourragère des élevages et la réhabilitation du cheptel laitier.

Filière petits ruminants (ovins-caprins)

La filière des petits ruminants (ovins-caprins) affiche des tonnages abattus par les adhérents de la coopérative en légère baisse (-2 tec soit -5,9% pour les viandes ovine et caprine). La part de la filière organisée perd 5 points et s’élève à 53%. Les importations baissent de 5,5%. Le taux de couverture du marché local reste stable mais faible (5%). Le taux de couverture du marché en produits frais est de 29%.

Pour cette filière ovins/caprin, trois initiatives sous forme associative ont vu le jour à côté de la SCACOM. Le nombre des adhérents n’est pas stable (119 enregistrés en 2014) et bien que le nombre d’animaux par éleveurs est faible (24 animaux par éleveur en moyenne), il ne représente qu’une faible part de l’ensemble des détenteurs de petits ruminants en Martinique.

Filière cunicole

La production de lapins repose sur quinze éleveurs et 1109 cages mères relevant entièrement de l’interprofession. Les producteurs et MADIVIAL ont poursuivi le dynamisme important entamé en 2013 avec une production qui progresse encore de 30% en 2014 et s’élève à 68 tec. Une gamme étendue de produits est proposée. L’importation est assez stable à 23 tec. Le taux de couverture du marché local est de 76% (total) et de 98% en produits frais.


A La Réunion

Les professionnels se sont organisés au sein de deux interprofessions : l’Association Réunionnaise Interprofessionnelle pour le Bétail et les Viandes (ARIBEV), créée en 1975 pour la viande bovine, le lait et le porc, et l’Association Réunionnaise Interprofessionnelle de la Volaille (ARIV) qui a vu le jour en 1994 pour la volaille et qui a intégré plus tard l’élevage de lapins.

Filière bovins viande

Le nombre d’éleveurs actifs adhérents à l’OP est stable depuis 2012 et s’élève à 321 éleveurs. La production organisée s’élève à 1 435 tec, pratiquement identique à 2013 (1 485 tec). La production totale est en recul et s’élève à 1 593 tec. Dans ce contexte, la production organisée gagne 2 points et se situe à 90%.

En revanche, les importations de viande bovine sont en hausse, en particulier la viande fraîche, phénomène qui se développe depuis quelques années. Les importations de viande congelée sont en baisse de 14%. En revanche, la viande fraîche qui concurrence directement le « boeuf pays » a connu une hausse de 24% pour se situer à 393 tec selon le rapport de l’interprofession. Le taux de couverture du marché passe de 25% à 22%. Le taux de couverture en viandes fraîches est estimé à 36% alors qu’il s’élevait encore à 43% en 2013. Le volume de viande répondant aux exigences « Coeur Pays » poursuit sa progression et atteint 67% du volume total.

En avril 2013, la SICAREVIA avait formalisé un plan de relance de la production bovine, visant à répondre au taux de renouvellement du troupeau insuffisant engendrant une baisse de productivité et de production. En 2014 on note une augmentation de 1,1% du nombre de vaches allaitantes.

Filière bovins lait

La production de lait progresse en 2014 de 6% et s’élève à environ 19,12 millions de litres. La production a progressé, et ce malgré le passage du cyclone Bejisa en janvier et une nouvelle grève partielle du personnel d’un industriel laitier avec un arrêt de la collecte fin juin – début juillet. Un total de 77 élevages a livré du lait, soit trois élevages en moins qu’en 2013. Le nombre de familles d’éleveurs laitiers est de 97. En outre, 98% du lait est produit dans les « Hauts », et cette proportion est inchangée depuis 2010.

La production moyenne par vache progresse sensiblement de près de 9% en 2014 et s’élève à 6 500 litres par vache laitière. La taille moyenne des troupeaux est pratiquement constante par rapport à 2013. En 2014, deux éleveurs ont cessé leur production sans reprise et un nouvel élevage a été créé.

La qualité du lait est inchangée par rapport à 2013, elle est de très bonne qualité avec 63% répondant à l’exigence coeur pays.

Filière porcine

En 2014, les effets de la mise aux normes des bâtiments et stabulations (normes bien-être des truies) se sont poursuivis mais de manière plus faible qu’en 2013. Cette année-là a été marquée par une forte réduction du cheptel, qui s’est poursuivie sur la première moitié de 2014.

La production est en léger recul (2,2%) et s’établit à 9 228 tec. Certains producteurs ont arrêté leur activité face aux investissements à consentir. Ces arrêts n’ont pas été entièrement remplacés par les nouvelles installations.

La viande de porc est la viande la plus consommée à La Réunion (16 411 t), avec la volaille. La proportion de la production organisée par rapport à l’ensemble de la production locale s’élève à 82%. La production organisée couvre 42% de la consommation locale, la production locale totale 47%.

Une baisse tendancielle de consommation de viande de porc fraîche semble se confirmer. Des actions de communication ont été mises en place pour favoriser ces consommations.

La technicité des élevages continue à progresser, tel qu’illustré par les indices de productivité (26,3 porcelets/truie/an) et de qualité (71% de la production conforme au « Coeur Pays »).

Filière volailles de chair

Les chiffres de la volaille de chair ne concernent que le poulet de chair. La production est quasiment constante depuis 2012 s’élevant à 9 820 tec en 2014. La production totale est de 11 045 tec, dont celle de 18 éleveurs de la Coopérative des Fermiers du Sud qui vont rejoindre l’interprofession en janvier 2015. Les importations ont encore progressé de 10% en 2014. Elles s’élèvent à 20 489 tec de poulets congelés. Le taux de couverture du marché local perd 4 points et passe de 33% à 27%. La tendance d’une augmentation de consommation du poulet congelé au détriment du poulet frais s’est encore poursuivie en 2014.

Filière cunicole

La production a poursuivi sa diminution en 2014 de 11% par rapport à 2013, pour atteindre 205,7 t. Le nombre de cages mères s’élève à 3079, avec une baisse limité à 2% par rapport à 2013. Les importations ont atteint 160 tec (augmentation de 16%, mais après un chute de près de 50% en 2013). Le taux de couverture du marché est de 60%.

En 2013, l’OP a décidé de modifier sa stratégie de commercialisation. Désormais tout est commercialisé en frais, alors que précédemment environ 25% de la production était congelé.


A Mayotte

Le développement de l’élevage mahorais s’appuie sur un secteur traditionnel, qui exige des moyens de formation et d’encadrement. Les bovins et petits ruminants sont présents dans presque toutes les exploitations. Le cheptel est rustique, mais peu productif.

L’absence d’abattoir, ainsi que des problèmes sanitaires et la faible production fourragère constituent des handicaps importants au développement des filières. Un couvoir et un centre de conditionnement permettent la production d’oeufs et de volailles de chair.

L’unité de fabrication d’aliments est un atout important pour l’ensemble des filières.


A Saint-Pierre-et-Miquelon

L’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon a été fortement affecté par le moratoire canadien de 1992 sur la pêche à la morue. Dans ce contexte, une diversification des activités vers l’agriculture, notamment l’élevage, a été recherchée.

Les productions principales sont l’oeuf et le poulet de chair suivi par l’élevage ovin. L’existence d’un atelier de transformation de foie gras et d’une fromagerie a permis d’amplifier le développement agricole sur l’archipel.

L’élevage de ruminants requiert la réhabilitation des prairies (restauration de la fertilité des sols), la mise en place de clôtures ainsi que l’investissement (en cours) dans un abattoir multi-espèces.