Agriculture biologique

L’agriculture biologique est un mode de production spécifique garantissant d’une part les équilibres écologiques et d’autre part la fertilité des sols. L’agriculture biologique réside dans la recherche d’alternatives à l’agriculture conventionnelle notamment par le non-recours aux intrants chimiques. Elle constitue une activité en développement face à une demande croissante des consommateurs pour une alimentation saine et répond également à la volonté de s’orienter vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement s’inscrivant dans un développement durable.


Guadeloupe

La filière biologique guadeloupéenne concerne, en 2012, 28 exploitations agricoles certifiées ou en conversion, soit 166 hectares dont 12 en conversion. 5 transformateurs et 1 distributeur sont par ailleurs notifiés auprès de l’Agence Bio pour 2011.

Les surfaces certifiées ou en conversion en 2011, se répartissent de la manière suivante :

  • STH : 16 ha ;
  • fruits : 12 ha ;
  • légumes frais : 9 ha ;
  • autres : 115 ha.

Les fruits et légumes représentent les principales productions commercialisées sous label AB. Les exploitations concernées sont de deux types : exploitations reposant sur le modèle du « jardin créole » et exploitations de maraîchage plein champ, dont une partie sous serre. Les tonnages sont estimés à 100 à 150 tonnes en 2012.

La transformation de produits biologiques est pour l’instant quasi-inexistante en Guadeloupe. L’intégralité de la production biologique certifiée est commercialisée en frais. Une petite transformation peut être éventuellement réalisée dans certaines exploitations spécialisées (jus de canne ou de fruits, confitures, punchs, séchage ou distillation de plantes aromatiques ou médicinales). Aucun projet de transformation à grande échelle n’est en cours ou en projet.

L’intégralité de la production biologique est commercialisée sur le marché local : 60% en vente directe (31% de vente à la ferme et paniers, 20% sur le marché bio, 9% sur d’autres marchés), 26% en boutiques bio spécialisées et 14% pour les autres circuits (GMS, petite transformation, restauration scolaire) selon une étude de la Chambre d'agriculture, réalisée en 2009.


Guyane

En 2013, selon la coopérative Bio-Savane, 45 opérateurs sont certifiés bio ou en conversion, dont 38 producteurs : 26 en production végétale, 15 en élevage et 1 en apiculture, il y a donc quelques producteurs réalisant à la fois de l’élevage et des productions fruitières. Les 11 transformateurs sont également producteurs (fruits), outre les salles de découpe, l’abattoir et les ateliers bio des GMS.

La progression est relativement lente avec, selon la DIrection de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DAAF), quelques conversions ou installations. Ceci reflète les difficultés générales de l’agriculture guyanaise et une organisation des filières qui reste difficile.

Les deux tiers du marché sont le fait de produits d’épicerie importés et la production locale n’est pas importante si l’on excepte la viande bovine.


Martinique

La filière biologique martiniquaise concerne en 2012 une trentaine d’exploitations agricoles certifiées ou en conversion, soit 298 hectares dont 91 en conversion. L’agriculture biologique occupe 1,2% de la SAU totale et 0,1% des exploitations.

Les surfaces certifiées ou en conversion en 2011, se répartissent de la manière suivante :

  • STH : 118 ha ;
  • fruits : 55 ha ;
  • légumes frais : 19 ha ;
  • autres : 106 ha.

La production de fruits et légumes bio est estimée équivalente à environ 3 tonnes/ha/an par la Chambre d’agriculture, soit une production équivalente à 220 tonnes (pour les 74 hectares de fruits et légumes certifiés ou en conversion).

La transformation de produits biologiques est pour l’instant quasi-inexistante en Martinique. L’intégralité de la production biologique certifiée est commercialisée en frais. Cependant, quatre transformateurs sont notifiés auprès de l’Agence Bio pour 2011.

L’intégralité de la production biologique est commercialisée sur le marché local. D’après la Chambre d’agriculture, 95% de la production est commercialisé en vente directe (60%) ou sur les marchés organisés (35% – avec deux marchés bio organisés par Bio des Antilles). Le restant étant écoulé en GMS ou dans les magasins spécialisés bio.


La Réunion

La SAU bio (certifiée et en conversion) de La Réunion couvre 1,3% de la SAU totale. Les exploitations bio de La Réunion sont caractérisées par leur petite taille et s’implantent souvent dans les hauteurs, sur des zones en friche ou en jachère ce qui facilite leur conversion. La production est destinée au marché local par la vente directe.

La majorité des producteurs bio maraîchers sont situés dans les zones Sud et Ouest de l’île.

Les différentes productions, en 2011, se répartissent de la manière suivante :

  • 397 poules pondeuses ;
  • 383 poules de chair ;
  • 488 ruches ;
  • PAPAM (128 ha) ;
  • Fruits (111 ha) ;
  • Légumes frais (71 ha) ;
  • STH (43 ha). 

Les productions animales restent difficiles à développer en bio dans la mesure où les agriculteurs ne bénéficient d’aucun accompagnement technique spécialisé dans ce domaine. En 2010, aucun programme d’expérimentation ou de suivi de production n’était engagé et il n’y avait aucun technicien en production animale bio à La Réunion.

Il n’y a pas de transformation à grande échelle de produits bio locaux. Les produits transformés sont : vanille séchée, fruits séchés, confitures, jus de fruit, miel, produits de boulangerie.

La distribution des produits bio est répartie entre la vente directe, la distribution spécialisée et la grande distribution.

La restauration collective est un marché en croissance. Début 2012, la Chambre d’agriculture a engagé un travail de fond avec différents partenaires pour développer l’introduction de produits bio dans les restaurants scolaires, les mairies et les cuisines centrales.


Mayotte

En 2013, l’activité bio certifiée se résume à 2 producteurs d’ylang-ylang (8 ha au total). Le chiffre d’affaires total dégagé par la production est passé de 120 000 € en 2011 à 150 000 € en 2013.

Malgré les difficultés réelles de la filière, des producteurs seraient intéressés par la conversion en AB mais ont besoin de connaître quelle est la demande et quels sont les débouchés commerciaux potentiels. La filière ylang bio a également pour projet de développer des activités d’agritourisme. Les premiers éclairages montrent que le facteur prix est rédhibitoire.

La production de fleurs bio est transformée sur place : un volume de 200 litres (huiles essentielles d’ylang principalement mais aussi de coco) est produit et conditionné manuellement.