Productions animales ultramarines
Le développement des filières de l’élevage dans les départements et collectivités d’outre-mer est contraint par un certain nombre d’handicaps par rapport aux conditions rencontrées en métropole :
- incidences négatives du climat tropical sur les performances d’élevage en raison de températures et de taux d’humidité élevés pendant une grande partie de l’année ;
- existence de pathologies particulières liées au climat tropical : par exemple, présence de la tique sénégalaise aux Antilles – vecteur de transmission d’hémoparasitoses (piroplasmoses, cowdrioses) et de dermatophiloses.
Ces contraintes d’ordre bioclimatique, auxquelles s’ajoutent les handicaps liés à l’insularité sur le prix des intrants, ont pour conséquence des coûts de production élevés et un manque de compétitivité vis-à-vis des produits importés. Pour lever ces contraintes, un certain nombre d’actions sont menées par l’ODEADOM et l’Union européenne à travers des programmes de soutien aux diverses filières animales.
En Guadeloupe
A l’image de celles créées à La Réunion et à la Martinique, une Interprofession Guadeloupéenne de la Viande et de l’Elevage (IGUAVIE) a démarré son activité en 2004.
La campagne de production agricole 2010 en Guadeloupe a été perturbée par des phénomènes naturels et climatiques qui ont eu des conséquences sur les filières animales, et notamment sur la production de fourrage.
Après une année 2009 marquée à la fois par le conflit social et ses conséquences sur l’activité économique du monde agricole, ainsi que par les conditions de sécheresse du dernier trimestre, l’année 2010 a enregistré de nouveaux aléas, avec les retombées des cendres du volcan de la Soufrière de Montserrat, une sécheresse importante au moment du carême, puis une succession de pluies diluviennes pendant la période cyclonique.
En Guyane
Il n’existe pas d’interprofession dans ce département.
En Guyane, la surface agricole utile (SAU) a été estimée par la direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt à 25 000 ha, soit seulement 250 km2 sur les 83 846 km2 du territoire guyanais. Les surfaces toujours en herbe (STH) représentent près du tiers de cette surface, utilisées principalement pour l’élevage bovin.
En 2010, l’accès au foncier reste l’enjeu principal pour les exploitants agricoles car 90% du territoire relèvent du domaine privé de l’Etat. Les procédures d’attribution des terres sont longues et nombreux sont les demandeurs qui ne remplissent pas les conditions nécessaires. Par ailleurs, les surfaces octroyées sont constituées de forêt primaire que les exploitants doivent défricher avant de pouvoir cultiver ou élever un cheptel. Une exploitation agricole ne peut donc pas dégager de revenu pendant 3 à 5 années qui suivent l’octroi de foncier.
En Martinique
Une interprofession a été créée en 1992, à partir de coopératives spécialisées en élevage. Il s’agit de l‘Association Martiniquaise Interprofessionnelle des Viandes (AMIV).
En Martinique, la filière élevage se remet progressivement des effets de la crise sociale de février 2009, mais le volume de production des coopératives et leur chiffre d’affaires présentent des résultats globalement en baisse, excepté pour la filière porcine. Certains acteurs de la filière continuent malgré tout leurs efforts de structuration autour d’une Union de coopératives (5 actuellement), MADIVIAL, créée en octobre 2010. Mise en marché, regroupement des achats et création d’outils financiers constituent ses principaux objectifs.
A La Réunion
Les professionnels se sont organisés au sein de deux interprofessions : l’Association Réunionnaise Interprofessionnelle pour le Bétail et les Viandes (ARIBEV), créée en 1975 pour la viande bovine, le lait et le porc, et l’Association Réunionnaise Interprofessionnelle de la Volaille (ARIV) qui a vu le jour en 1994 pour la volaille et qui a intégré plus tard l’élevage de lapins.
Malgré une relative stabilité de la production locale en 2010, les filières animales de La Réunion ont vu leur part de marché reculer du fait d’une augmentation des importations par rapport à 2009. Cette augmentation des importations s’explique principalement par la crise économique et la diminution du pouvoir d’achat du consommateur qui le pousse à délaisser les produits « pays » plus chers, pour se tourner vers les produits d’importations meilleur marché, et ce malgré les aides communautaires à la mise en marché des produits locaux.
A Mayotte
Les filières animales de Mayotte restent très fortement concurrencées par les importations de viandes congelées (notamment les ailes de poulet) et par les importations de lait en poudre. Seule la filière œufs, protégée par les difficultés et les coûts inhérents à l’importation de ce produit, a pu se structurer et se développer jusqu’à subvenir à la totalité des besoins de la population. Les principales contraintes de l’élevage de ruminants, qui pourrait pourtant se développer, sont liées à la génétique, à l’alimentation durant la saison sèche, ainsi qu’à l’absence de structures et d’infrastructures permettant la commercialisation dans le respect des normes sanitaires européennes.
A Saint-Pierre-et-Miquelon
A Saint-Pierre-et-Miquelon, ce sont 33 espèces animales et végétales différentes qui sont valorisées par l’agriculture locale en 2010. 95% des produits sont issus de l’activité de 9 exploitations agricoles à titre principal, dont 7 sur les filières animales.
En 2010, les agriculteurs de l’Archipel ont créé « l’Union des Professionnels Agricoles » (UPRA) avec pour objectif de fédérer les exploitants entre eux et de promouvoir les produits agricoles sur les deux îles. Cette nouvelle structure reprendra en 2011 une partie des actions du GPA (« Groupement des Producteurs Agricoles ») qui se recentrera sur ses missions de gestion du matériel agricole et de production fourragère. En effet, l’alimentation des troupeaux reste la contrainte principale de l’Archipel et les projets de développement de la filière animale ne seront possibles que sous condition d’augmentation des surfaces agricoles destinées à l’alimentation animale.