Fruits et légumes, cultures vivrières et viticulture
Guadeloupe
Une année 2010 fortement perturbée par des phénomènes naturels
La surface agricole utile (SAU) des exploitations représente 34 577 hectares sur 43 348 hectares de SAU totale. Les légumes frais occupent 6,7 % des terres agricoles et les fruits, 1,3 %. Les principales zones de production sont le sud-est de la Grande-Terre et le sud de Basse-Terre. On dénombre environ 1 700 exploitations d’une surface moyenne de 1,9 hectare. Cependant, la couverture des besoins de la population en produits agricole d’origine locale est considérée comme insuffisante puisqu’elle représente seulement 63 % de la consommation de fruits et légumes.
Une succession de phénomènes naturels a affecté les productions de diversification, notamment les filières fruits et légumes :
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l'effondrement du dôme du volcan de la Soufrière de Montserrat, les retombées de cendres sur l'ensemble de la Guadeloupe ont grandement affecté les productions végétales notamment le melon et l’horticulture ;
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la sécheresse du premier semestre, puis pluies diluviennes durant la période cyclonique. Tempêtes tropicales EARL (août 2010), OTTO (octobre 2010), TOMAS (octobre 2010) ;
- l'éruption du volcan islandais Eyjafjallajokull bloquant momentanément le fret aérien vers la métropole.
Ces différents événements ont entrainé notamment pour les filières fruits et légumes, des pertes de récolte supérieures à 47% d’après les organisations de producteurs (CARAIBES MELONNIERS, SICAPAG) et des groupements de producteurs (SICACFEL, SICA LES ALIZES).
La structuration
La Guadeloupe compte, en 2010, 5 structures regroupant environ 120 producteurs, dont :
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2 GPPR : la SICA des Alizés (Basse-Terre) et la Sica Caribéenne de Fruits et Légumes (SICACFEL à Saint-François, regroupant trois GIE) ;
- 2 OP : Caraïbes melonniers (Antilles) et la SICAPAG.
Il est à noter que la Coopérative de l’Est (Saint-François) a perdu sa pré-reconnaissance suite aux difficultés rencontrées par la filière melon.
L’IGUAFLHOR, interprofession fruits et légumes créée en 2009, a rencontré des difficultés de fonctionnement du fait de la démission de trois organisations de producteurs reconnues, d’un groupement de producteurs pré reconnu et de l’ASSOFHLOR (association représentant la famille de production). Depuis les professionnels ont engagé une médiation pour relancer la démarche interprofessionnelle autour d’un projet fédérateur.
Le melon
La production de melon a été touché successivement par l’effondrement du dôme du volcan de la Soufrière (Montserrat) et par l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajokull entraînant une interruption totale de la commercialisation de melon sur le marché métropolitain pendant toute la période de contre saison (janvier-avril).
Guyane
Un nouveau départ pour la filière fruits et légumes
La surface agricole utilisée (SAU) est estimée à 25 000 ha (soit 250 km² sur les 83 846 km² de la Guyane). Près de la moitié de la SAU est composée de terres arables (cultures de légumes, de céréales). Les surfaces toujours en herbe représentent près du tiers de la SAU.
Une organisation de la filière qui reste embryonnaire
La production végétale couvre la quasi-totalité des besoins locaux, mais son organisation reste limitée. Néanmoins, des structures se créent afin d’organiser la filière :
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la coopérative Saveurs d’Amazonie, créée en 2005, a pour vocation principale la mise sur le marché de fruits et légumes frais. Cette coopérative regroupe 14 adhérents et cherche à accroître le nombre de ses adhérents ;
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l’association PFFLG (Producteurs de fleurs, de fruits et de légumes de Guyane), créée en 2007, répond à un besoin technique et commercial de la filière fruits et légumes de Javouhey. Elle regroupe 47 exploitants de la commune de Mana. L’association PFFLG a la volonté de structurer les exploitations agricoles, avec à moyen terme la structuration de la filière fruits et légumes ;
- le GDA de Mana (Groupement de Développement Agricole) a été créé en 1993. Après une période très active entre 1993 et 2005, avec des actions dans le domaine de la professionnalisation et de l’accompagnement technique, le GDA a vu son activité décroître jusqu’à fin 2006.
Elles ont créé une structure de commercialisation l’Union des producteurs agricoles de Mana(UPAM) qui assure un meilleur regroupement de l'offre et permet notamment l'approvisionnement des collectivités publiques locales.
Martinique
Un bilan mitigé, des conditions de production difficiles
La tendance est à une reprise d’activité dans les productions maraîchères et vivrières. On note un accroissement important des surfaces en tubercules (patate douce, igname, dachine et manioc) ces deux dernières années. Cet accroissement est à mettre en relation avec les effets de la crise sur l’emploi salarié. En effet, les ruraux retrouveraient le chemin des cultures pour pallier la contraction de leurs revenus.
Les productions vendues de légumes, de racines et de fruits (hors banane export) sont respectivement de 16 400 t, de 5 200 t et de 18 600 t en 2010. Les principales productions restent le melon suivi par l’ananas.
Les conditions de production ont été particulièrement instables et marquées par des records de températures au cours du 1er semestre, par le passage d’un cyclone ainsi que par des épisodes pluvieux provoquant de nombreux dégâts (débordements de rivières et de ravines, et de nombreux glissements de terrain).
2010, année de création d'une interprofession (IMAFLHOR)
Les acteurs des filières végétales de diversification ont impulsé la création d’une interprofession IMAFLHOR (Interprofession martiniquaise des fruits, légumes et produits horticoles) le 14 mai 2010.
Elle regroupe 4 grandes familles de professionnels : les organisations interprofessionnelles de la production à la distribution, en passant par l’agro-transformation et les approvisionneurs.
L’interprofession a pour objet de faciliter et de développer l’activité économique de ses membres en ce qui concerne la production et la commercialisation de toutes productions dites de diversification végétale. L’IMAFLHOR propose de favoriser le développement de la production locale de fruits, de légumes et horticoles et d’assurer un approvisionnement correct du département. La production locale devrait ainsi retrouver une large place dans le régime alimentaire des martiniquais.
La Réunion
Une année 2010 morose, la filière végétale marque le pas
Pour les filières végétales, on observe des quantités produites moins importantes en fruits et légumes et des prix sur le marché de gros en léger retrait par rapport à 2009. Ceci conduit à une baisse de la valeur de ces productions de 10 M€ (- 2.8 %).
Les principales productions légumières sont la tomate (20 626 tonnes dont 9 100 tonnes de tomates produites sous serres), les choux (5 251 t) et les salades (4 716 t). Les productions fruitières les plus importantes sont l’ananas (14 040 tonnes), la banane (8 568 tonnes) et les agrumes (6 289 tonnes).
En matière de racines et de tubercules, la production principale est la pomme de terre : 2 548 tonnes.
Une production légumière en baisse qui n'est pas compensée par des importations
On enregistre une nouvelle baisse de 4,2 % en volume en 2010, après une forte contraction (rappel 2009 -10,5 % en raison de fortes précipitations).
Cette situation est liée à une forte réduction de la production de tubercules, et notamment de pommes de terre (-50%).
Les importations de légumes baissent également, de 6,2 % en 2010, ce qui fait diminuer légèrement leur part dans le marché local estimée à -30 % de la consommation locale.
La production fruitière
Après une mauvaise année 2009, les productions de letchis et de mangues progressent respectivement de + 31,3 % et de + 29,7 % en 2010. Cependant, la production totale de fruits est en retrait de 8,2 % en volume en raison des mauvais résultats de la récolte d’ananas, liés à la sécheresse qui a touché l’île en fin d’année.
La baisse des prix accentue cette contraction des volumes produits, et conduit à une diminution de 10,6 % de la production de fruits en valeur.
Parallèlement, les importations de fruits à La Réunion décroissent à un rythme moindre (-1,4% par an). Cependant, la part de marché des importations progresse de 1,4 point pour atteindre des niveaux similaires à ceux des productions légumières.
Mayotte
2010 vers une organisation pour accompagner la départementalisation
Actuellement, l’île comporte 350 points de vente regroupant 650 vendeurs qui englobent les 9 marchés villageois selon une enquête 2010 de la Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt.
Les huit produits les plus vendus sont : l’ananas victoria local, la banane, le coco sec, le manioc, l’oignon rouge, le piment bébérou et la tomate locale.
En conclusion, les circuits de commercialisation évoluent lentement mais surement. Le regroupement en marchés mieux organisés et mieux structurés serait la voie vers une meilleure gestion des flux et des personnes (agriculteurs, revendeurs) et permettrait d’améliorer l’offre de services aux consommateurs.
Des importations fluctuantes en 2010
Le volume des importations reste élevé notamment pour la tomate : 157 tonnes ont été importées, soit plus de 17 % par rapport à 2009. Pour l’ananas, les importations ont été multipliées par 2,5 soit 16 tonnes. Enfin, on observe un net recul des importations de salades : 6 tonnes contre en 11 tonnes en 2009. 2010 a donc été une bonne année pour la salade locale.
Saint-Pierre-et-Miquelon
Les principales productions sont en 2010, la pomme de terre (18,5 tonnes), la laitue (13 800 unités) et la tomate (6,1 tonnes).
La production de pomme de terre est équivalente à celle de l’année précédente, mais la commercialisation semble plus difficile pour l’année 2010. La production de laitues est en forte baisse par rapport à 2009 puisqu’elle est passée de 17 492 unités en 2009 à 13 800 unités, en raison de l’arrêt d’activité de l’entreprise « Bativert» spécialisée en culture de laitue hydroponique.
Les productions végétales secondaires sont très diversifiées mais restent peu importantes sur le marché local. Cependant, cette rareté fait le succès de ces productions qui ne subissent, selon les producteurs, aucune difficulté quant à leur commercialisation.
Les surfaces de plein champ qui étaient de 2,6 ha depuis 2005 ont progressé pour passer à 6 ha en 2010. Cette tendance démontre un redémarrage net de l’activité maraichère de plein champ, principalement représentée par la production de pomme de terre.
Les surfaces de production sous serres, stables depuis 2002 (2 302 m²), sont en forte baisse suite à l’arrêt d’activité d’une exploitation.